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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 16:26

Passé Odense, la lumière est aussi brumeuse que mon cerveau fatigué par une nuit de bus. Le détroit est un plan de mousse pâle pointillé ça et là de rayons blafards. Se peut-il que les yeux réinventent le paysage à l'aune de leur état mental ?

Copenhague se déploie en un fouillis de cyclistes et de tranquilles piétons. Un village de familles recomposées et multicolores qui brassent leurs différences, sans ostentation, mais avec persévérance. Je le constaterai plus tard dans le parc urbain du quartier de SuperKilen, où les quelques 50 nationalités qui vivent à proximité ont déposé objets, constructions, motifs ou image-souvenirs, du pays natal. 

Ce qu'on imagine des pays scandinaves, c'est cette résolution paisible à réaliser des choses originales, nouvelles, collectives, à poser des actes sans donner de leçons, sans s'enfermer dans des discours pompeux sur leur supposée grandeur (pourtant les vikings furent des guerriers conquérants et rudes!). A vivre au présent peut être ? et à préparer l'avenir par une grande attention aux petits enfants.

On rencontre partout ces groupes de gamins aux cheveux pâles accompagnés de nounous, de parents, de grands parents, embarqués dans des poussettes collectives à 4 ou 6 places. Partout. Calmes et attentifs, libres et doux. Un galop d'enfants descend en riant la rampe de la tour ronde ( Rundetaarn). Qui s'en plaindrait ?  Apparence ?

Dans le bus, un sac à dos a été oublié. Le chauffeur ne déclenche pas le plan ORSEC, il ramasse le sac et le range tranquillement sous ses pieds !  Aux fenêtres des immeubles, il n'y a pas de volets, à peine une vague transparence de rideaux.

Je ne sais si ce sentiment est ou non imaginaire, s'il s'emboite à la réalité de ce que je vois. Je fais confiance à ce que le langage ne dit pas. Ne pas comprendre la langue impose un mode de relation différent, un échange qui n'existe que parce que l'on se tait, que parce que l'on écoute avec acuité et que l'on regarde sans a-priori. On décode, on sourit. On exprime et on reçoit ce que parlent tous les humains : corps, expression, attention, esquisse de contact, gestuelle, éclat de rire parfois.

Les maisons de couleurs, les lumières de Tivoli, les châteaux royaux à dimension humaine, les architectures audacieuses parfois, mais sans gigantisme tapageur, la réalité de l’État providence, tout cela donne l'impression d'une vie possiblement heureuse qui fait partie du sentiment national et qui attire aussi, sans aucun doute, de nombreux étrangers rêvant de gouter au miracle danois.

Pourtant cette apparence de générosité tranquille se trouve en butte à une opposition politique virulente et resserrée sur elle-même qui ne veut plus s'européaniser, ni s'ouvrir à la multiculturalité... Paradoxe ? 

En face de l'immeuble où je réside, un beau cimetière verdoyant accueille les familles, les poussettes, les amoureux au milieu de tombes posées en désordre dans l'herbe mouillée.

Copenhague : même la mort y parait sans histoires ...

 

Copenhague - Kobenhavn
Copenhague - Kobenhavn
Copenhague - Kobenhavn
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  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
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