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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 23:22

En ce moment même, comme toujours - mais s'en apercevait-on de façon si incisive avec la belle insolence d'être jeune - des amis disparaissent.

Je veux dire qu'ils meurent.

Comme nous tous. Comme moi. Avec plus ou moins d'évidence

Etre au seuil d'une disparition, pourtant, ne veut rien dire de particulier, puisque la mort seule est juste. Et pourtant fausse. N'est rien. Qu'une fin de vivre. Plus ou consentie, plus ou moins atroce, plus ou moins clémente.

L'existence, seule, est vérité, quoiqu'on ne la perçoive qu'à travers un brouillard.

C'est d'exister qui n'est pas juste au fond. Bien que nous ne sachions nous empêcher - instinct? espérance ? défi ? - de continuer à transmettre... puis à regretter... puis à re-créer... puis à souffrir... puis à mourir.

Fin de l'histoire. Faim d'éternité. Des questions en suspens. Mais ... la vie me tient la main et je le lui rends bien.

Et lache moi quand tu voudras !

 

J'avais 7 ou 8 ans, peut être, j'ai fait ce rêve secret, révélateur, impossible à raconter. Une image furtive et somptueuse qui m'amenait au bord du vide, qui disait "je vais savoir aujourd'hui ce que c'est que la mort".

Et qui m'a réveillé... peut être même à regret.

J'aime dormir. Pourquoi aurai-je peur de mourir ?

Il m'arrive rarement en m'endormant de ne pas penser que peut être je ne me réveillerai pas. C'est un peu trop facile. Je sais.

Il m'arrive souvent de chercher en silence, la déchirure du voile qui me dirait : comme cela tu mourras. Cela n'arrive pas à l'avance. Tant pis.

Je m'inquiète beaucoup plus de la Vie. Des humains.

Une fois lancés sur ce terrain, ne devraient pas devoir s'y courber sous l'horreur de la douleur, de l'humiliation, de la folie et de la haine. Cela m'a fait cracher à la face du ciel. Enfant, j'y ai tenu aussi longtemps que possible. Et puis, Assez ! Scandale, injustice suprême, d'avoir conçu, pour seule consolation, que cette atrocité forgeait la récompense d'un au-delà. 

La fin des choses, des vies, des corps n'est que le chagrin d'abandon, depuis longtemps éprouvé, dont la vie nous pétrit : espérance de paix, désir ardent, noyés dans le mensonge et la désertion de l'amour.

Est-ce la leçon d'amertume où nous buvions la mort dès le premier matin ? repos éternel disons-nous, de nos vies fatiguées de non-sens. 


Oh chers humains, mes frères, soyons heureux, d'abord. C'est là l'éternité !


 

panthere

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publié par dominique dieterlé - dans chroniques
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