Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 17:23

"au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau" ... j'ai toujours aimé ce vers de baudelaire, toujours eu envie de remercier par avance l'inconnu auquel je venais me frotter. Je ne parle pas ici d'un homme, ni même de quelqu'un en particulier, mais de tout ce qu'on ne sait pas, qu'on n'a jamais vu, qu'on ne reverra jamais... de tout ce qui peut arriver !

je parle du fragile, du précaire, de l'instable et du déséquilibré, qui balayent nos vies encombrées, enserrées  dans leurs armures trop prévisibles

je parle du voyage "à ma façon" qui n'est pas seulement la découverte d'un autre, des autres, de l'Autre, mais l'espace de vertige où l'on précipite ses certitudes, ses buts avoués, ses perspectives d'un seul tenant pour mourir s'il le faut dans l'euphorie du "jamais encore", et peut être, du "jamais plus".

je ne dis pas que les hommes et la terre ne se ressemblent pas, plus souvent qu'on le croie d'un bout à l'autre de ce monde, qui justement n'en n'a pas, de bouts à lier au port d'attache.

je ne dis pas que je sais m'oublier, que je sais disparaitre et me fondre.

dieu ! comme je l'ai voulu pourtant !

je dis qu'on devient vieux, qu'on devient mort lorsque l'avenir est dessiné d'un seul trait où le chemin se coupe d'un tranchant coup de gomme que l'on savait de toute éternité se trouver là. Où le dieu imaginaire nous prédestine ou nous récompense d'un parcours bien fléché.

je veux que tout cela n'ait aucun sens et qu'on puisse y marcher, et s'y perdre à sa guise ! perdre les flèches et les cartes et les repères.

ensuite, passer vraiment à autre chose !

une nouvelle visée, une nouvelle route où l'on ne se saura pas glacé, figé de peur, d'avoir oublié le chancelant bonheur d'être en errance

et le désir, et le désir, de l'inconnu

contemplé face à face

Partager cet article

commentaires

H

Dans ces paroles il y a quelque chose comme un passage à l'acte, qui suscite attirance et angoisse tout à la fois, comme une sorte d'état indéfini qui ressemble à un moment de création pure, comme
plonger dans l'eau d'une rivière sans retour, et sans jamais avoir appris à nager, sans garder de repères non plus, mais avec une confiance inébranlable dans... dans quoi au fait?..
Merci de parler de ces voyages là, qui réservent beaucoup de surprises, même si l'eau est parfois un peu glacée...


Répondre
D


merci Lazlo.Vous semblez être un de mes fidèles lecteurs et je vous en remercie, il n'y en a pas tant :-)


vous êtes un artiste, je suis allée voir votre site. Vous comprenez beaucoup des choses que j'écris. Mon angoisse, légère cependant à certains égards ( c'est à dire rien de dramatique, si ce
n'est la vie elle même!), vient peut être du sentiment , parfois, que ma route aurait pu savoir où elle allait, et que j'ai raté un embranchement ? lequel ? au fond je n'en suis pas si sure non
plus. En tout cas, j'aurais aimé être une artiste "accomplie" ( ce qui ne veut pas dire aboutie ou dénuée de contradiction) ... alors, mieux vaut aimer son errance que la peur de s'être égarée,
n'est ce pas ?


ce que je ne saurai jamais dire en musique ou en peinture, je le dis en mots, avec la conscience que les mots manquent toujours quelque chose. L'universel ? l'accès direct au noyau de la création
? le sens des sens et du corps en action ? je ne sais pas. et vous ?



Repères

  • : ANISARA
  • ANISARA
  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
  • Contact

Rechercher