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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 09:50

avril / mai 2013 .

Voyage au long cours par voie terrestre de Bretagne à Paris, puis de Paris à Kiev en Ukraine et enfin de Kiev à Simferopol en Crimée, pour aller chanter le Canto general à Yalta et Sebastopol.

Train, bus , train bus ... en tout pas loin de 80 heures à rester pliée dans des conditions plus ou mons confortables, mais en jouissant de ce nulle part vers quoi l'on tarde à arriver.

Le meilleur du voyage ( à recommander) le train ukrainien en 2è ou 3è classe, entre Kiev et Simferopol (et retour): vieillot mais confortable et dépaysant.

 

suivent quelques mots jetés au cours des passages

 

DSC01956

 

"L'action se passe en Pologne, c'est à dire nulle part" Alfred Jarry.

Plate plaine, et grise, où se déploient les souvenirs de centaines de père UBU, de guerriers massacrés à travers les âges. Accompagnés de la musique sirupeuse d'un film Z en russe sous titré ukrainien, ou l'inverse, comme dans tous les transports internationaux, comme dans le monde entier.

Souplesse du corps qui cherche à se caler sans trop de peine, et indigence de l'esprit fatigué, du no man's land épais, qui est aussi le vrai plaisir de la traversée.

l'Allemagne passée de nuit, tout juste empruntée, et ce matin, des lacs sans mouvement piqués de roseaux, un bref moment entrevus, puis dépassés, et déjà oubliés.

Hier le car a fléché sa route de Paris à Strasbourg. Arrêt bucolique sur un canal (de la Marne au Rhin ? ). Arc en ciel déchirant les nuages de Metz au dessus des maisons bourgeoises tournicotées de tourelles et de corniches. Soleil jaune, puis plus rien. Arrêts pipi. Thé - thermos. Stations service. Flashes de nuit. Sommeil coincé. Et déjà la moitié du trajet, du non temps, du non espace..

Apprendre en vitesse l'alphabet cyrillique. Fredonner le concert tout proche. Avancer la montre d'une heure. Tuer le temps. Un peu, mais pas autant que la dizaine de voitures encastrées et la déferlante de pompiers sur un autoroute... hier... déjà très loin, dans une ville dont on ne connaitra jamais le nom.

 

Dans le train, enfin, on allonge ses jambes.

Compartiment couchette, nervosité sourde des aiguillages, balancement.

Ne pas tout de suite abandonner la douceur interieure du moment rassemblé vers la fin du trajet, et la mémoire qui déjà s'efface et se mélange. Quelques images brouillées l'attestent encore malgré la lenteur d'un pays deux fois strié de nuit dont on ne saura rien. Autre lenteur de la jambe qui ne sait se poser simplement et cherche toujours le pli de l'espace minimal. Qui se souvient des escaliers gravis sous les coupoles d'or pur, indécent, façonné d'étranges et répétés vacillements de piété, d'encens et de rumeurs. Kiev à peine effleurée dont l'image sombre dans le rêve sans fin. 

 

album "train-bus/traversée"

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publié par dominique dieterlé - dans voyages
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