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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 20:49

Son nom est éclat de rire, où chante la lumière des verbes enfantins
je n'en dirai rien qu'on ne sache déjà
sauf ce qui ne concerne que moi. Cet accompagnement des hommes qu'une femme apprécie: qu'on me parle dans la rue ou qu'on s'assoit auprès de moi, le soir, il n'y a nulle lourdeur, aucun poids superflu. La seule densité de la présence, même muette, fait que le moment existe, alors qu'il pourrait peser, ou ne pas être
tant pis si c'est ma blancheur qui le provoque, je le prends
avec le même rouge de la terre sous les pieds, comme un constance visible du cœur habité
ce qui me fâche c'est mon visage où je ne trouve aucun attrait, même dans ce rire du mot prononcé. Mes yeux ne brillent pas assez, je ne peux que recevoir, être interpellée, regardée, alors que je voudrais me fondre
mais la chaleur n'est pas encore assez forte

Le centre où j'avais ma chambre fut construit par le grand Sotigui Kouyaté, comédien et ami de Peter brook, lequel est forcément passé ici, en âme, en regard, en rêves écrits ou racontés
Entre chien et loup, je bois une grande Flag et m'accorde deux cigarettes... un peu partie, un peu revenue, de tout, un peu là, un peu ailleurs, légère ivresse qui appartient à la douceur comme tout le reste
heureuse de n'être venue que pour ne rien faire

"Nathanaël, je t'apprendrai la ferveur "… J'aimais bien le vieux Gide, rare en sa bien pensante époque à vomir le colonialisme, mais avec la ferveur de celui qui connaît le désert. Les « Nourritures Terrestres » m'accompagnaient jadis dans ces voyages immobiles que je rêvais de mettre en mouvement


à Bobo, j'ouvre la neuvième porte
celle de la douche au dehors
espace de fraîcheur entre 4 murs brûlants de latérite.
espace de liberté à ciel ouvert à l'aplomb de la ville saccadée
chaque goutte se décline sur la peau en une bulle soyeuse qui signifie l'ivresse d'être nu et protégé
seule au cœur vibrant du tout
seule et avec...
nudité liquide revêtue de terre d'air et de feu
capacité si particulière d'être ici
cette capacité d'être moi, encore là, en plénitude et en dilatation de ma conscience
et de voyager jusqu'au silence du sourire de Bobo l'oubliée
disant et redisant son nom de fête

 

DL28-burkina [1600x1200]

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publié par dominique dieterlé - dans villes d'Afrique
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  • : Après la publication de mes livres "lettres d'anisara aux enfants du Togo" et "Villes d'Afrique", ce blog rend compte en chroniques, poèmes, photos, dessins, des rencontres avec les humains et la solidarité, avec la poésie, l'art, les cultures, l'Afrique et les voyages.
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