Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 14:25

Plus de vingt ans après avoir écrit une courte pièce de théâtre appelée "7 jours d'Icare", je retrouve le mythe à l'occasion de 3 linogravures qui m'ont conduit là où je ne pensais plus aller.

Sur une base d'aquarelle, ces trois linos ont été tirées à 6 exemplaires chacune...  et sans trop l'avoir cherché c'est le thème qui s'est imposé à moi ..

Quelqu'un d'intéressé peut, s'il le désire, trouver le texte de cette pièce sur une page de ce blog

le vol d'Icare

le vol d'Icare

L'arbre-labyrinthe

L'arbre-labyrinthe

La femme sans mémoire

La femme sans mémoire

Partager cet article

10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 16:29

on ne sait si ce sont les mots répétés dans le tourbillon des pluies, tout en même temps que le dehors impraticable, le confiné, disent-ils, l'attente de l'implosion ou le refus de la patience

on ne sait ce qui rend le monde si étroit

on cherche en vain le vaste, où ne se trouve que le dévasté

on veut, on voudrait, on s'en excuse, les mots ne suffisent plus, il faut de l'air

ou bien alors chanter ce qui se dérobe en ricanant

on cherche le voleur, on ne le trouve pas

partir, dit-on, encore plus faiblement

mais où? demande la raison

car la raison s'en fout. Elle veut, elle exige

un regain de lumière, un espace au bout de la voix

 

bientôt

Partager cet article

28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 15:48

hiver Paris, sans pitié pour les genoux des filles

peau nue sous les jupes à plis marine

espérant en vain le rouge radieux

d'un collant qui fut toujours bleu

de froid lui aussi, comme aux enfants de Marie

comme toujours aux enfants derrière les fenêtres

aux enfants qui imploraient le monde de venir

jusqu'à eux

 

hiver Paris

fenêtres glacées qui demeurent

quand les enfants cachés ont dit leur dernier mot

d'enfant

et sont devenus grands

23 rue de Coulmiers. Jeudis et dimanches chez l'arrière grand mère

23 rue de Coulmiers. Jeudis et dimanches chez l'arrière grand mère

6 rue Etienne Dolet. L'école existe à peine encore. Restent les arbres ?

6 rue Etienne Dolet. L'école existe à peine encore. Restent les arbres ?

87 avenue de Verdun - HLM de circonstance derrière les trains qui partent

87 avenue de Verdun - HLM de circonstance derrière les trains qui partent

33 rue d'Assas. Lycée ste Geneviève. La rue tout en bas qui va, qui va ...

33 rue d'Assas. Lycée ste Geneviève. La rue tout en bas qui va, qui va ...

64 rue d'Assas. Terminale. Et tout peut commencer ?

64 rue d'Assas. Terminale. Et tout peut commencer ?

5 rue de l'Odéon. Etudiante travailleuse. Librairie autrefois "pensée sauvage". Si seulement c'était vrai ?

5 rue de l'Odéon. Etudiante travailleuse. Librairie autrefois "pensée sauvage". Si seulement c'était vrai ?

Partager cet article

6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 13:53

Question sèche. A-t-on encore le droit à des voyages lointains dans ce monde qui se défait devant nos yeux, et brûle et s'asphyxie de nos excès.

Politiquement je serais tentée de dire que ceux qui font des efforts constants depuis toujours,  et s'écartent parfois de la pensée règlementaire, sont pas les plus grands pollueurs de la planètes, ni les vrais responsables de sa déshérence. Mais ... On ressent ce fond aigu de mauvaise conscience à lancer des images volées à l'autre bout du monde, à user exagérément de la toile, à embarquer connectée dans des périples sans raisons.

Pourtant il faut vivre en s'émerveillant, et parfois réaliser ses rêves. Il faut connaitre le monde et témoigner de celui qui vit ailleurs, autrement. Le jeu innocent de la découverte est ancrée dans notre ADN de voyageurs traversant les continents pour donner corps à notre "sapience".

On ne sait plus trop, on flotte dans un espace-temps incontrôlable qui échappe à la souplesse de l'avenir.

J'ai parcouru cette année trois rêves de ma vie. J'ai du mal à m'en culpabiliser ? J'ai aimé partager sans regrets la beauté et la diversité. Essayant de voyager sans trop faire de dégâts, d'emprunter les transports locaux (trains, bus , ferry), de marcher chaque fois que possible, notamment dans les villes ...  et  craquant néanmoins pour une grande traversée où l'avion m'a emportée. On ne sait plus s'il n'est pas trop tard, si l'on n'est pas trop perso, trop égoïste, et l'on s'accroche, quoiqu'il en soit, à la beauté rencontrée, à "l'usage du monde", comme disait Nicolas Bouvier...

La minéralité hiératique des Andes, le parcours sur le fleuve Amazone, les lumières du grand Nord. Voici mes richesses de l'année qui se ferme. Avec le désir de retrouver encore des espaces mythiques de notre Terre.

Et la peur que personne ne puisse plus les retrouver, jamais ... C'est encore loin, la fin du voyage ?

Ecuador - Janvier 2019 - Riobamba / Mont Chimborazo / Caldera de Cuicocha
Ecuador - Janvier 2019 - Riobamba / Mont Chimborazo / Caldera de Cuicocha
Ecuador - Janvier 2019 - Riobamba / Mont Chimborazo / Caldera de Cuicocha

Ecuador - Janvier 2019 - Riobamba / Mont Chimborazo / Caldera de Cuicocha

Pérou - février 2019 : l'Amazone jusqu'à Iquitos
Pérou - février 2019 : l'Amazone jusqu'à Iquitos
Pérou - février 2019 : l'Amazone jusqu'à Iquitos

Pérou - février 2019 : l'Amazone jusqu'à Iquitos

Norvège Octobre 2019 -Finnmark (Laponie)  - Tromso / route du Nord
Norvège Octobre 2019 -Finnmark (Laponie)  - Tromso / route du Nord
Norvège Octobre 2019 -Finnmark (Laponie)  - Tromso / route du Nord

Norvège Octobre 2019 -Finnmark (Laponie) - Tromso / route du Nord

Partager cet article

18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 10:54

Manif à Quimper. Milliers de gens qui défilent sur le bitume... et chantent ! Mais oui, les manifestants ne sont pas que ces casseurs exhibés chaque soir sur les écrans de télé poubelles

Ils espèrent aussi, ils aiment. Ils aiment se retrouver, nombreux et déterminés. Ils luttent. Pour eux ; pas seulement. Pour leurs enfants ; pas seulement. Contre les privilèges ; pas seulement. Ils luttent parce qu'ils ont raison. Parce que, dit leur chanson : "... pour l'honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur, on est là, on est là..."

Ils luttent, et avancent, et chantent ensemble : slogans inventifs, drapeaux multicolores. Poésie de la rue qui déborde, d'où la France est issue, non ?

Un moment, le grand serpent de manif devient bicéphale. Quelques centaines se retrouvent la gare de Quimper, entrent pacifiquement, bloquent le quai à hauteur d'un TGV tout bête qui a perdu son conducteur et sa boussole. Et là, ils chantent, de plus en plus fort le même refrain "On est là, on est là..." repris inlassablement, joyeusement. Les minutes passent, on ne sait pas combien. On est là, on chante à l'unisson, on a chaud et on est heureux.

Ont-ils oublié, ceux qui lancent la police sur des mères de famille, ceux qui vilipendent l'unité des faibles, ceux qui crachent sur l'action syndicale, ont ils oublié que cette humanité, parfois désespérante et passive, peut aussi bien souvent, à la faveur d'un moment de grâce, à la faveur d'un lieu commun, à la faveur d'une injustice, d'une répression, partout dans le monde, devenir "le Peuple" et chanter d'une seule voix son amour de la liberté, de la justice ?

On n'a pas envie que cela s'arrête, et cela s'arrête pourtant. Peu à peu, les jeunes, les vieux, les drapeaux, les gilets, les couleurs, les convictions diverses et tout juste réunies, se reforment en cortège et rejoignent tranquillement la rue, la vie, le chez-soi.

Le soir, je regarde une émission hallucinante sur la privatisation de l'eau et la spéculation financière des millions de mètres cubes que l'on peut acheter en bourse à Londres et revendre à Sydney ou à Los Angeles lorsque la sécheresse assoiffe les paysans.

Nos combats si dérisoires peuvent-ils changer la logique de ce monde là? ce monde est il encore le nôtre,  vendu cent fois aux profiteurs ?

On ne sait pas. On ne sait plus. On était là, on reviendra. On survivra dans la fraternité. pour donner tort à la folie de l'argent, au mépris des puissants, à l'arrogance mortifère des possédants.

On est là ! On lâche rien

 

On est là... !

Partager cet article

21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:11


... écrit dans le train de nuit

 


Escales. Rencontre brèves dont le temps gratifie nos passages. Ici. On n’est jamais venu, on ne reviendra pas. Sans doute.


Repérer. Hésiter. L’arrivée dans la nuit, ou bien au petit jour, le sourire d'un passant, le langage qui s’effrite au long des rues que l’on ne sait pas nommer. Avec le frisson du pied sur le bitume, le grognement d’un train qui nous verse et ne nous reprend pas.

Ne pas se retourner. Redouter l'ankylose. Marcher, marcher. Oublier de dormir. Oublier de manger. Faire du corps un brouillard ou un nuage qui déchire la rêverie. On ne rêve plus, puisqu'on y est, puisqu’on glisse sur le pavé, sur la terre lourde, ou dans l'ombre des rues. Ici. Maintenant.


Et puis demain, dire adieu à la ville indifférente qui ne se souvient plus qu’on l’a serrée de près.

Et puis demain un autre port, un autre lit, un autre enfant qui nous dira bonsoir, un autre bus qu’on a peur de manquer.

Où rien ne manque lorsqu’il faut repartir, avec son sac, lourd de chemins entrelacés. Et le pari des heures prochaines. De l'arrivée.

Du nouveau jour. 
 

Arriver. Partir
Arriver. Partir
Arriver. Partir
Arriver. Partir
Arriver. Partir
Arriver. Partir
Arriver. Partir

Partager cet article

15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 16:24

Tu vois, lui dis-je, c'est maintenant que l'on se quitte. Dans ce matin blanc à la frontière de nulle part. Avec douceur et sans regrets : c'est une histoire qui n'a pas eu lieu.


Sur mes talons depuis sept jours elle a marqué son territoire, sa profondeur sans limites, en tenant mes chevilles au dessus des abysses. Elle m'ignorait le plus souvent, me laissant respirer malgré cette agacerie d'aiguille fine plantée dans la chair tiède. 


Parfois je lâche prise et j'oublie qu’elle me tient à sa portée, alors elle gronde un peu plus fort : mon cœur s'emballe et la nuit me surprend, secouée de spasmes à venir. Elle dit qu’elle épargne comme elle veut, selon son bon plaisir, mais je ne suis pas dupe. 


C'est maintenant que j'abandonne. Saluant le navire qui tourne dans le fjord alourdi de nuages bleutés. Grimpée sur la montagne au-dessus de Kirkenes, dans la tourbe et la glace, je la regarde au loin sans savoir quoi lui dire :  peut être un merci, peut-être une rancœur secrète. Je connais la puissance qu’elle n'a pas déployée et me félicite d'être partie à temps, je n’avais rien à offrir en échange. 


La Terre est rousse sous mes pas. Il reste, à peine, ce léger balancement du corps qui ne veut pas lâcher.

J'ai retrouvé la route libre et dure qui ne se dérobe pas, où l'on n'explore pas le fond secret des cales. 
J'ai retrouvé mes pieds. J'ai retrouvé mes mots.

Faire suite à mon post du 22 septembre ?
Faire suite à mon post du 22 septembre ?
Faire suite à mon post du 22 septembre ?
Faire suite à mon post du 22 septembre ?
Faire suite à mon post du 22 septembre ?

Faire suite à mon post du 22 septembre ?

Partager cet article

3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 09:21

Jeudi 3 octobre. Un très grand vieux monsieur (est-il plus vieux que moi après tout) fait une fois, puis deux le tour de l'expo, puis reprend les places une à une en lisant avec une attention soutenue tous les textes qui accompagnent les œuvres présentées. Il a fini. Il s'approche avec une sorte d'hésitation.

J'ai été très intéressé, surtout par les textes, me dit-il. Je réponds : merci, attendant la suite qui vient après mûre réflexion. C'est très fort, reprend-il, j'ai rencontré une émotion puissante à chaque nouveau poème. Dès le début on est happé par le sujet et la façon de l'aborder... Vous terminez souvent par une mise à distance un peu étrange, une sorte de pirouette, une forme de légèreté qui désamorce la bombe prête à exploser... Je laisse passer quelques points de suspension qui tombent soyeusement dans le silence. Puis : vous avez vu tout ça ???

Je suis stupéfaite, personne ne m'a jamais dit cela avec une telle justesse, une telle acuité. Je m'arrête de parler. En quelques minutes le timide visiteur a lu en moi sans façon, révélant avec clarté ce que j'ai peine à m'avouer. Vous écrivez vous aussi ? Je tente une approche pour détourner la conversation de ma grande confusion. Il répond : il n'est pas nécessaire d'écrire pour ressentir les mots. Il a raison, c'est sûr. Encore un temps de silence. Je réfléchis. Puisque vous êtes si clairvoyant, permettez moi  de vous proposer une amorce de réponse. Cette mise à distance des grandes colères, des indignations, des douleurs est la seule chose qui permette d'agir, enfin. Être submergé par la violence des ressentis paralyse. Je m'en défends de façon constante. Et raisonnée.

Ou alors, ajoute-t-il doucement, les émotions fortes bouchent la sortie et ne permettent pas d'exprimer ce qui est à l'intérieur. Il semble qu'il y ait dans cet homme beaucoup de mots qui n'ont pas trouvé la sortie de secours. Je me trompe peut être, et me contente d'un  banal oui, certainement. Puis je reprends. En tout cas, la distanciation est certainement la condition sine qua non de la création à propos de tout ce qui suscite tristesse, révolte et désespoir. L'insupportable devient art parce qu'il refuse de devenir haine, parce qu'il garde la force, et la vie, intactes. Nous sommes d'accord. Je n'ose plus rien dire, juste encore, merci beaucoup.

Au fait. La conversation ne s'est pas sans doute pas déroulée avec ces mots exacts, mais la vérité de l'échange fut aussi claire pour moi que ma colère est souvent noire !

 

Et donc ... quelques mots pour présenter ma démarche sur des chemins tortueux ... et "protéiformes" comme disait avec humour  un autre visiteur de l'expo !

vie d'artiste etc...
vie d'artiste etc...

Partager cet article

3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 15:32
Sur la carte satellite on voit le trajet de la voie ferrée entre  Laroquebrou et Laval s/Cère, qui suit la rivière (Cère) tandis qu'aucune route ne passe par cette vallée encaissée qui détermine les limites du Cantal, du Lot et de la Corrèze

Sur la carte satellite on voit le trajet de la voie ferrée entre Laroquebrou et Laval s/Cère, qui suit la rivière (Cère) tandis qu'aucune route ne passe par cette vallée encaissée qui détermine les limites du Cantal, du Lot et de la Corrèze

Il fallut moins d'un siècle pour donner à tous les pays du monde le transport ferroviaire, au prix d'efforts humains, industriels, logistiques sans précédent : ouvrages d'arts, tunnels creusés à la main, ou presque, viaducs, ponts de fer, milliers de kilomètres de voies destinées à relier les hommes, à amener les marchandises là où les routes n'allaient pas, là où le seul moyen de transport était la charrette ou la barge fluviale.

 

Chaque voie ferrée abandonnée au profit de la route, est un déni de tout ce qui a été donné, espéré et promis par un mode de liaison qui reste parmi les plus économiques, écologiques, en dépit de l'entretien nécessaire de toutes ses infrastructures.

 

Le petit train qui longe cette vallée de la Cère, où aucune route ne peut s'immiscer, rappelle constamment au voyageur le travail titanesque accompli pour construire la voie, et la fragilité d'une ligne autrefois nécessaire ( construite en alternative au transport par les gabarres), désormais en sursis (dont on ne sait combien il pourra tenir).

 

J'avais emprunté cette voie dans les années 70 lorsque la liaison ferroviaire menait de Périgueux à Aurillac. Aujourd'hui c'est à Brive que le train d'Aurillac trouve son terminus, toute la partie Ouest ayant été abandonnée (notamment Sarlat, Souillac, etc..).

 

J'ai fait en juillet cet aller-retour entre Laroquebrou et Biars-Bretennoux... pour la beauté du geste et pour l'amour des trains.

train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours
train d'un jour, train toujours

Partager cet article

12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 14:35

Mais qui m'a dit ce jour là "l'important c'est de rester jeune dans sa tête" ?

Sais-tu bien que ma tête se refuse à cela ? accepter l'intrusion d'un chien fou qui mette en péril cicatrices et traversées, savoirs, éclats, et surtout, l'âge de mes artères ? Ah ça non !

Le Moi de moi fantaisiste, rebelle, ou non conforme, dit non au paraitre - faire plus - avoir l'air moins, et brandit, œil courroucé, sa carte senior, sa lointaine ménopause, ses petits enfants, ses vieilles lunes et ses cheveux blancs

Vieux c'est pas moins que jeune, si c'est pas mieux

Vieux, pas une insulte, pas une étiquette, pas une morale, pas une malédiction, c'est de l'identité. Mon utérus (comme dit Élodie Poux), mes yeux marrons, mes noires colères et mon vieux caractère. C'est mon identité.

Il y a de vieux enthousiastes (ah! Michel Serres) et des jeunes cons bornés. Tout le contraire, aussi. Et puis, des pessimistes et des hésitants, des marginaux et des cadrés bien encadrés, des femmes des hommes, et d'autres qui ne savent pas, des anarchistes, des ruminants, des fous à lier, des déchaînés. Il y a de tout. Avec un âge, un jour, une date de naissance, qu'est-ce que tu veux de plus ?

Ma peau le sait, mon corps l'écrit, ma tête aussi. C'est ça ma vérité, parce que pour tout le reste, hein, personne n'est sûr de rien ... L'âge au moins, on sait d'où ça nous  vient. Soixante dix piges dans le sac à dos, et regarder devant, jusqu'au bout, sans savoir quand. Mais on s'en fout. La vérité c'est maintenant.

Pas trop jeune dans sa tête, c'est bien comme ça. Pas de quoi s'en vanter, mais on n'a pas le choix !!!

l'âge de ses artères

Partager cet article

19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 10:21

Le désir d'Art explore tout d'abord la découverte, l'expérience, le cheminement. Il n'a pas pas la rigueur mathématique de la recherche en sciences dures. mais il soumet la création à un chemin, à des chemins, puis un réseau, puis une étendue ou une construction charpentée. A chaque moment on peut jouer, de la couleur ou du geste, de la matière ou de la tonalité. Et chaque fois qu'on choisit, on élimine ce qui aurait pu être, mais on n'efface pas ce qui a été.

On s'aventure en suivant une idée qui, pourtant, ne va parfois nulle part. C'est ce "nulle part", pour certains, pour moi, qui fascine.

Ainsi va la Création : Il faut pouvoir imaginer tous les possibles en partant d'un seul objet, ou d'un seul mot. Ce que font les artistes qui travaillent beaucoup en explorant sans relâche chaque variation du thème. Ce qu'on appelle la griffe, souvent reconnaissable, ou les "périodes" stylistiques. Littérature, cinéma, arts plastiques ou musique, nous amènent dans cet approfondissement des grands artistes qui font une œuvre.

D'autres ne poursuivent pas, cherchent toujours un nouveau point de départ, expérimentent la diversité sans exploiter le réseau infini des variantes. Nouveau matériau, technique, thème, rien ne semble suivre un vrai dessein. Une sorte de "survol", négligent peut être ? ou paresseux ?

Moi je dis expérimenter, je dis "avis de recherche" comme on dirait "à vie", qui prend toujours des détours inattendus. Sans doute par incapacité d'aboutir, ou de répéter, mais non sans travail et sans fantaisie. Parce que c'est précisément aussi un choix de vie, des vies qu'on tente les unes après les autres sans que jamais aucune ne veuille ressembler à la précédente. Cette constante insouciante de la pérennité devient pourtant au bout du compte comme une habitude, voire une addiction. Et peut être, à son corps défendant, un sorte de style désordonné et sans limites. "... Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau" disait déjà Charles Baudelaire

Les uns creusent, les autres effleurent et piquent le miel de fleurs en fleurs. Il y a l'Art d'aller au fond, et l'Art de butiner. On ne le fait pas exprès. C'est ce qu'on est, c'est ce qu'on aime. Essayer toujours, et ne vouloir refaire.

tarlatane colorée, et collée, visages. Une "expérience"... qui va on ne sait où

tarlatane colorée, et collée, visages. Une "expérience"... qui va on ne sait où

Partager cet article

9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 11:44

J'avais publié le 8 mai 2011, à l'occasion d'une célébration "parallèle" de cette date symbolique par le Mouvement de la Paix, un "slam pour la paix" que beaucoup de gens ont aimé sur ce blog. Comme on n'a plus grand chose à espérer, en particulier avec l'accroissement sans précédent des dépenses militaires dans le monde, le développement ultime de l'arsenal atomique, sans compter le volume des ventes d'armes par notre pays, je m'autorise à une publication de cette version réactualisée, sans illusion, mais juste parce que de nombreux problèmes économiques, écologiques et autres seraient résolus si les dépenses militaires étaient affectées à des priorités vraiment nécessaires pour le bien de l'humanité. Qu'attendons nous ?

 
manifestation pacifiste en Bretagne avec une délégation d'Hiroshima ( 2015)

manifestation pacifiste en Bretagne avec une délégation d'Hiroshima ( 2015)

Paix aux miens, paix aux vôtres

et paix à tous les autres

 

Paix aux morts des tombeaux, au marbre et aux statues

À la fleur au fusil sur le front des vaincus

Aux gars des der des der qui lançaient leurs chansons

En vain, la peur au ventre, dans le bleu horizon

 

Paix aux pays conquis dans le fracas des armes

Quand la loi du plus fort vient soumettre les âmes

Enchaîné comme un nègre, mort comme un bon indien

Soumis comme la femme, rouge comme le vin

 

Paix aux villes martyres qu'on a abandonnées

à la coulée des pleurs, aux ruines du passé

quand la mort épousait la brûlure de l'atome,

aux déluges de fer qui transpercent les hommes

 

Paix aux folles d’Argentine, aux mères du Chili

Qui réclamaient justice pour leurs enfants meurtris

Torturés, démembrés, qu’on a lancés là bas

Dans la blancheur du grand désert d’Atacama

 

Paix à l’enfant soldat chassant dans les rizières

Un autre enfant traqué de son pays en guerre

On l’a shooté à mort, croyant qu’il oubliera

Le regard terrifié de son frère qu’il abat

 

Paix à la fille sans nom qui pleurait en douceur

Au bord d’un marigot pour conjurer sa peur

Sur son corps dénudé, jeté le sac d’école,

Les soldats ont gravé l’humiliation du viol

 

Paix aux peuples innocents qu’on veut éradiquer.

Cachés sous le mépris de la conscience morte

Ils meurent en silence derrière des barbelés

N’espérant plus jamais l’ouverture d’une porte

 

Paix à la mère perdue cherchant sur un chemin

De terre et de sang noirs un signe du destin

La fin d’un cauchemar, réveil, qui remplira

Cet arrondi du vide où l’enfant ne dort pas

 

Paix à la Palestine, à l’enfant de Gaza

Au déluge de fer qui répondait aux pierres

Aux arbres calcinés, à la terre sacrifiée,

À l’agonie des hommes que l’on n’écoute pas

 

Paix aux morts innocents, au jour des attentats

Paris-Charlie, Mali, Nigeria, Sri Lanka

à la colère des dieux, à la folie des hommes

qui massacrent en priant ou déferlent en pogrom

 

Paix à la terre meurtrie, aux forêts qu'on abat

au paysan qui tombe en implorant la pluie

à la mort programmée des pôles à l'agonie

aux enfants affamés que le temps n'attend pas

 

Paix à tous ceux qui vendent, qui trafiquent et fabriquent

Des armes en tout genre pour une poignée de fric

Je rêve que leurs mains s’ouvrent sur des colombes

Où le labeur des hommes dessine un autre monde

 

Paix aux incarcérés, jugés, exécutés

Pour avoir résisté au vent des oriflammes

À ceux qui disaient non aux bombes et au napalm

À ceux qui disent oui à la fraternité

 

Paix aux miens, paix aux vôtres

Et paix à tous les autres

Partager cet article

Repères

  • : ANISARA
  • ANISARA
  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
  • Contact

Rechercher