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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 23:34

Cette fois, pas d'anecdotique, juste un peu d'info au sujet des actions menées par l'association Aïxos pour son partenaire de Kara, l'ONG ODPE, qui gère un des nombreux orphelinats de la Ville, sans quasiment aucune aide publique.

Comme a lieu ce Week end le marché de Noël organisé par AïXOS au profit de cet orphelinat, je dépose ici les éléments qui seront mis à la disposition du public à l'occasion de cette manifestation.

 

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Le soutien d'Aïxos à l'ONG - ODPE , orphelinat de KARA TOMDE

 

L’Organisation pour le Développement par la promotion de l’Enfance (ODPE) est une Organisation non gouvernementale crée le 30 octobre 1994 à Lomé. Son objectif essentiel est de protéger et épanouir les êtres les plus vulnérables que sont les enfants en situation difficile : orphelins, abandonnés, les réfugiés et handicapés. En effet, la forte poussée démographique, le chômage, l’analphabétisme, la pauvreté, la délinquance juvénile etc.… sont autant de facteurs de sous développement  en Afrique, avec pour corollaire des maladies endémiques, les décès et grossesses précoces et non désirées, le trafic et le travail des enfants, le vol, la prostitution et les MST / SIDA, etc.…  

 

Problématiques rencontrées par ODPE


    Extrait du rapport que le directeur nous remet chaque année, joint aux résultats scolaires des enfants , ainsi que sur nos observations personnelles au cours des missions (2004-2005-2006-2009) et visites que des membres de l’association effectuent régulièrement à Kara

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Au Foyer  ODPE, les difficultés rencontrées au cours de l’année 2011 se présentent comme suit :
- Le foyer ne dispose pas d’une salle d’étude pour que les enfants puissent se mettre à l’aise
- Le terrain de jeux n’est pas aménagé
- Le personnel n’est pas payé à plein temps, ce qui ne motive pas le travail.
- Le seul moyen de déplacement du Foyer est hors d’usage
- Manque d’une infirmerie pouvant donner les premiers soins aux enfants. Les simples pansements des enfants sont toujours conduits à l’hôpital ; ceci engendre beaucoup de dépenses sur le plan santé.
- Le personnel ne dispose pas de bureau
- Insuffisance de moyens surtout financiers afin d’accompagner les enfants réinsérés et les étudiants.
- Insuffisance de moyens pour l’installation des jeunes en fin de formation professionnelle.
- L’ODPE vient de perdre l’un de ses principaux partenaires financiers, ceci constitue un manque à gagner pour l’encadrement des enfants.
Pour parvenir à aplanir ses difficultés, l’ODPE lance un appel à toutes les bonnes volontés et à tous ses partenaires pour leur contribution aussi modeste soit-elle afin d’assurer le plein épanouissement des enfants en situation difficile.

Depuis 2004, date de notre première mission éducative et culturelle, nous avons mené de nombreuses actions pour soutenir cette structure qui accueille actuellement une cinquantaine d’enfants à Kara au nord Togo


Comment AïXOS intervient-elle?


    Par l’organisation de concerts, de soirées culturelles et artistiques, de vente d’objets artisanaux, dont les bénéfices sont reversés à l’orphelinat pour la prise en charge des enfants sur le plan de la scolarité, de la santé, et de la vie quotidienne (achats de nourriture ou de matériel)


    Nous préférons envoyer des fonds dont l’usage est assuré et qui font travailler l’économie locale, plutôt que des objets venus d’ici. Cependant il nous arrive ponctuellement de fournir du petit matériel (ordinateur, livres, jeux…) qui sont acheminés lors des missions ou des visites au Togo, par nous mêmes ou des partenaires que nous avons orienté sur le travail avec cette structure : le lycée de la Croix Rouge de Brest a ainsi effectué trois missions de 2009 à 2011, pour construire une cuisine, aménager les dortoirs et installer des panneaux solaires.

 

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Comment nous aider à les aider ?


- Vous pouvez dès ce jour adhérer à notre association, qui a la caractéristique d’être à la fois culturelle et solidaire ( prochaine AG en février 2013) : laissez nous vos coordonnées si vous êtes intéressés
- Vous pouvez soutenir nos actions lorsqu’elles sont annoncées dans la presse (Printemps de la poésie, vente de muguet, marché de Noël)
- Vous pouvez nous aider à trouver de nouveaux partenaires pour soutenir nos moments forts (artistes– autres associations– sponsors)
- Vous pouvez faire un don ponctuel ou régulier à l’association (un reçu fiscal vous sera adressé)
- Vous pouvez participer à une mission éducative, selon vos disponibilités et vos compétences (les acteurs solidaires payent leur voyage lorsqu’ils interviennent au Togo, mais sont pris en charge sur place)

 

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Site internet : http://domdieterle.free.fr
 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 14:02

J'aimerais invoquer ici un des sens premiers du mot "transport" qui selon le dictionnaire des synonymes invite à des significations telles que : " ardeur,  déchaînement, délire, élan, emportement, enivrement, enthousiasme, exaltation, excitation, exclamation, extase, ivresse, ravissement "

Il y a tout cela dans les transports en commun losrque je retrouve la chaude ambiance togolaise. Ce mélange d'incertitude absolue, d'espérance, parfois contre toute attente (surtout si elle dure assez longtemps), cette communion du danger, cette vivacité des échanges et bien d'autres choses encore qui rendent le moment du voyage épique en lui même ; sans vouloir faire dans le pittoresque à tout prix, mais tout simplement parce que, en France comme partout ailleurs j'aime prendre les transports collectifs, j'aime qu'ils participent de l'expérience du voyage au même titre que tous les aleas, toutes les découvertes, toutes les rencontres, tous les possibles.

Depuis mon dernier voyage, les bus au Togo ont fait quelques progrès, je veux dire qu'ils suivent un horaire, qu'on n'y est pas sur-entassés comme dans les taxis brousse collectifs (qui partent seulement lorsque le véhicule est plein), et qu'ils tombent moins souvent en panne. Pour autant, si l'on est capable de dépasser la lenteur et le relatif inconfort, il faut être toujours prêt à vivre l'aventure et l'insolite d'un ailleurs surprenant.

 

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Au départ de Lomé, un énergumène prend les choses en main dans l'organisation du voyage. Au début je pense qu'il est mandaté par la compagnie pour distraire les passagers et rendre le voyage moins ennuyeux.

Pas du tout.

Première phase de mise en confiance : prière collective pour demander à chacun son dieu, un voyage sans histoires, une route sans accidents et une arrivée à bon port ; tout le monde se plie de bon gré à l'exercice (sauf moi qui pourtant ne veux pas passer pour une porteuse de poisse, et fait donc profil bas ! ).

Suit après cela une interminable dissertation sur le règlement de la compagnie, le trajet du car, la gestion des arrêts pipi, le timing prévu pour la pause déjeuner, le tout assorti de vannes plus on moins fines sensées désamorcées les protestations du public : "on ne peut pas déjeuner en 10 minutes", "on doit pouvoir aller à la toilette quand on veut" etc ...

Troisième phase, après la ferveur du prêcheur, et la rigueur du juriste, on passe à la complicité grivoise (mon voisin me traduit les blagues tant bien que mal), aux considérations familiales diverses, à l'éducation des enfants, à la vertu des femmes et à la possible défaillance des maris. Tout cela dure déjà depuis plus d'une heure (je précise que nous n'avons toujours pas quitté les faubourgs de Lomé à cause des arrêts constants, et non réglementaires, pour prendre de nouveaux passagers).

Cette phase de la harangue détend totalement l'atmosphère et notre babillard peut enfin passer à l'estocade finale : la vente de produits pharmaceutiques venus de Côte d'Ivoire " que vous ne trouverez dans aucun hôpital du Togo" qui ont les propriétés les plus magiques, les plus universelles, les plus assurées, sous forme de crèmes, poudres, comprimés ou sirops aux allures parfaitement médicales.

Les togolais souffrent dans leur grande majorité d'une grande pauvreté et des maux les plus divers à cause du manque d'établissements de soins, ou du manque d'argent. Pourtant à mon grand effarement je vois sortir comme par magie (c'est probablement là le seul effet des produits en question) billets de 1000, 2000 ou 5000 CFA de toutes les poches de tous les voyageurs. Je proteste faiblement auprès de mon voisin, un jeune homme de connaissance qui n'ose pas se délester des quelques subsides que des amis lui ont fait parvenir depuis la France par mon intermédiaire, mais je le sens malheureux de ne pouvoir contribuer au succès du beau parleur.

Notre frère prêcheur descend finalement en pleine brousse après deux bonnes heures de son étourdissant numéro, et une liasse conséquente de biffetons dans sa besace.

Je ne dis pas que les togolais sont plus naîfs que n'importe quel français piégé par n'importe quelle pub parfaitement inutile... je dis que le bla bla du vendeur, et ma stupéfaction, participent à cette sorte de transport collectif auquel la froideur des TGV ne nous permet pas d'accéder...

Quant au voyage, pour cette fois, il finira sans autre encombre.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 18:51

Tout d'abord il y a la chaleur, qu'on n'imaginait plus ... mais à la sortie de l'avion le tarmac est un gros uterus à 37° pile qui vous emmitoufle de moiteur collante. Je me rappelle chaque fois ma première arrivée ici, ma première conquête africaine, en 2001, que j'oublie toujours et qui revient en force à chaque atterrissage.

Puis, on se dirige vers la salle d'arrivée, ses contrôles administratifs qu'on aborde  avec la certitude de celui qui vient du "beau monde". Mal me prend de cette assurance, il parait que ma vaccination fièvre jaune, la seule obligatoire, est périmée. Voici donc la deuxième étape des retrouvailles, confrontation administrative, et frais qui en découlent, forcément : discussion sans solution. Je suis en tort. Je reconnais. Et je ne franchirai pas la porte sans avoir été piquée (j'espère que la seringue est à usage unique) et délestée de 20 €, arrondi brutal des 10000 CFA annoncés sur le panonceau du service médical.

Le troisième passage est celui du bruit, des paroles vives, de la foule massée au dehors, des visages qui me dévisagent, des abordages répétés vers la blanche égarée qui attend son heure et son chauffeur.

Qui finit par arriver. Les avenues n'ont pas changé, la ville se ressemble. Je découvre une maison plutôt confortable au milieu des mêmes chemins torturés, des mêmes gens qui à la fois se dépêchent, sans se presser aucunement, des mêmes ordures en petits tas soigneux que personne jamais ne ramasse. Lomé sent la poussière du soir... bonsoir !

 

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Au matin, premièrement, ne pas sortir. Je m'en remets d'abord à la mémoire des sons.

Posée sur la terrasse, à 7 heures, il fait déjà chaud (la chaleur a-t-elle baissé durant la nuit, je ne crois pas ...). Et j'enregistre ce plaisir d'oreille qui refait son parcours.

Le premier appel d'une mosquée proche ou lointaine. Celle qui vend les cure-dents "alo, alo" en chantant par les rues. Le froutt froutt des balais de roseaux qui nettoient les cours, les chambres, les passages, partout. Un cri obstiné d'oiseau caché, toutt, toutt, toutt. Le tac tac tac méthodique d'un cireur de chaussures qui tape sur sa boite, qui revient, qui s'éloigne et fait le tour du paté de maisons. Un cri d'enfant joyeux, un pleur d'enfant puni. La langue des femmes qui prend la nouveauté du jour. Le Poum Poum sonore d'un pilon au delà du mur hérissé de pointes, au delà des portes de fer, des cadenas d'une livre, des barres métalliques. Le bois et le fer se répondent, constamment ... et par dessus le toit "si bleu si calme, un arbre par dessus le toit berce sa palme"... on ne peut pas ne pas penser à Verlaine dans la presque prison à ciel ouvert d'une maison, comme toutes les autres, au milieu de la ville qui a peur, semble-t-il, de tout et d'elle même, sous les palmiers de cartes postales qui ne signifient rien.

 

Enfin , après l'épreuve du piment sur la sauce ordinaire, après la sieste, encore tiède, et la douche, presque froide, je ressors au grand jour pour retrouver ce monde évanoui... le battage du grand marché, le trajet vers la mer, cheveux au vent à l'arrière du ZED ( taxi moto) et la fraicheur de la Flag, première gorgée de bière partagée, comme il disait, dernière pépite du trésor retrouvé, et le bonheur d'ici.

 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:34

 

on se retourne , ou on retourne, ou bien l'on tourne

jusqu'à retrouver le départ

jusqu'à confondre le sens et la quadrature du  cercle

plus ou moins vicieux

l'enfant n'est plus ici depuis longtemps

n'est plus ailleurs, n'est plus dedans

que sur l'image du retour possiblement possible

où jamais ne revient le moment des adieux

où l'on dit au revoir sans se retourner

et pourtant malgré soi

toujours devant, toujours en attendant

un autre enfant

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 11:00

"Je bénis les ambitieux

et les hommes qui aiment s'exposer aux dangers

le ciel ne garde pas en son sein les oiseaux morts

et les abeilles ne butinent pas sur les fleurs fanées"

 

Abou Kacem Chabbi (poète de Tozeur)

 

à méditer, selon le sens qu'on veut lui donner, en ces périodes d'engagement et de  réflexion...

c'est pour cela que la poésie a toujours quelque chose à nous dire

 

 

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Et encore quelques image un peu grises (il faisait un temps "océanique") de cette belle palmeraie de Tozeur, ville tendre et secrète, aujourd'hui malheureusement désertée par les touristes..

 

Tozeur

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 13:47

quelques mots d'une mémoire de plus en plus ténue qui se superpose aux images, puis disparait, vite, comme les traces, indispensables à celui qui se perd, si fugaces pour celui qui ne sait voir

car toute trace est un signe qui ne dure pas, il faut l'acuité du regard et la force de l'attention pour en saisir l'essence

ce que nous disent les traces est plus léger, mais aussi puissant que les monuments érigés sur des socles de pierre

le vent passe et balaye, mais la beauté jamais, ne se dégrade , ni ne s'achène

elle est mouvement perpétuel d'éternité

elle est une dune offerte chaque matin que la lumière caresse

la beauté du désert est son immuabilité dans l'impermanence,

cette contradiction reformée seconde après seconde que le regard ne saisit pas

et qui pourtant 

l'illumine

 

"Vous, vous avez l'heure, nous, nous avons le temps" proverbe bédoin

 

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nuit de belles étoiles

que la pleine lune avale

le désert gris ne s'éclaire pas

vers le matin couvert

 

 

 

de la montagne plate on devine

les rides piquetées de tâches rousses

il pleut

 

 

 

ça pique, ça craque, ça crisse

bouche, langue, dents

fine poussière d'anges

en espérance de vent frais

 

 

 

le doigt du silence effeuille

les pages une à une

de nos livres étoilés

 

 

 

pluie sourde entêtant

la couverture de laine

chaud et froid

le vent s'immisce

j'attends le jour

 

 

 

j'ouvre les yeux sur la ville

qui se met à couler

de sable en sable

de rue en rue

de fenêtre en porche gris

sous la lune il n'y a plus

qu'un fantôme de ville

et mon désert perdu

 

photos des dunes du grand sud

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 11:03

car on y trouve ...

 

des abribus quand il pleut

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des fleurs printanières

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du pain frais trois fois par jour

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des bistrots et des pubs !

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du chauffage central

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des salles de restau tout confort

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des arbres pour faire la sieste

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 00:59

récit de migration

(cliquez sur ce lien pour lire le texte intégral)

Ce texte a été écrit par mon ami Wassiou, un jeune Togolais que j’ai connu à Kara en 2001 à l'âge de 13 ans.

Il m’a autorisé à le mettre en forme et à le publier simplement pour que d’autres que moi, en Occident, où il espérait sans doute débarquer un jour,  prennent conscience de la souffrance de l’exil, qui n’est jamais consentie de bon cœur, mais poussée par l’impérieuse nécessité de la faim.

Si nous ne savons pas, ne voulons pas régler avec tous les peuples une répartition plus égale des  richesses, jamais l’immigration ne cessera, quelles que soient les douleurs qu’elle entraîne pour l’exilé, et les difficultés ou le rejet des pays "rêvés" par ces jeunes sans avenir et sans espoir.

 

Ce récit n'a pas été corrigé, il est l'expression brute d'une expérience presque ordinaire pour beaucoup de jeunes africains.

Les considérations qu'il nous livre, les évènements qu'il a vécus sont exprimés de son point de vue : s'il est parfois violent il ne manifeste pas de haine ou ne porte pas de jugement, bien que son auteur ait rencontré là bas comme partout le racisme, la méfiance, et le rejet de l'étranger.

C'est un témoignage véridique et sincère. Ainsi faut il le prendre en considération.

 

Le texte imprimé est disponible contre la modeste somme de 5 € que j'envoie intégralement à cet ami, pour honorer son travail d'écriture et lui permettre de retrouver un peu de facilité après qu'il ait tout perdu lors des évènements en Lybie

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 21:35

revenues au coeur du presqu'hiver, encore quelques villes africaines où j'ai aimé passer et contempler le vaste monde étranger cher à mon coeur autant qu'indispensable à mon esprit

 

Tchitchao

Couronne du bois sacré

Contre l’arche ardoisée des nuages

Arbres en chevelure dévalant la courbe luisante des maïs

 

Le coupe-coupe dans la branche

L’arrachement du cœur meurtri

Par les pluies en bouillon

Que des adolescents cadencent

 

Sous le vert éclate la parole

Des morts annoncés

Sokodé

La langue je ne la comprends pas

perdue comme je veux

dans le temps autrement

Mots effacés que je regarde

avec les sens, les impressions, les intuitions

d’un langage qui ne se lit

ni de gauche à droite, ni de haut en bas

mais au fond des sentiments voilés

et vit dans un ailleurs

qui a touché le ciel et la saveur du soir

 

Oh ! se perdre sans rien savoir

des mondes incertains

qui ne se possèdent pas

Image contrariée du bonheur facile

Connaissance trouvée qui se tait

et sait aimer le silence en silence

dans le regard en fuite

 

Le doux chant du muezzin

Les filles aux yeux brillants parées pour des noces futures

Les puits, les feux paisible, les rivières

et les chemins de terre parlant de l’enfant que je fus

 

Je les aime et je peux les nommer

 

Cotonou

C’est le vent du large, dit-on, qui chasse la persistance pâle des fumées,

cette accélération du cœur et du battement tremble à chaque carrefour

enlacement, retours, dérapages, jusqu’à l’écœurement des essences marchandées.

L’ouate est sur la ville dans son nom de blancheur où perce la flèche d’un minaret ou la rumeur d’un tapage vaudou

Le marais ne se dessine pas, lui même errant dans l’infinité de lagunes et de silices que le plastique recouvre et désunit

Cotonou laisse ma mémoire sans objet, sans lumière, sans autre fraîcheur que la trace d’un zem chargeant vers l’improbable, une espérance noyée de volutes grimaçantes 

 

 

Abomey

 

Il est, tout au contraire d’autres instants flétris, des scarifications dont rien ne vous délivre

Le train s’étirait en fardeaux incertains et tombait là, sur Bohicon au marché de midi, où la ville sanctifiée, à portée de sagaie, ouvrait la statue sans mesure d’un roi transi qu’aucun astre tropical ne savait réchauffer

Le sang des ancêtres ne vaut pas la terre rouge des royales amazones où piaillent des coqs noirs

Le passage étreint l’âme jusqu’au genou, et fait ramper le sol sous les pieds étrangers

Je me souviens des tissus, des cannes, des ors pâles, des bois affûtés, des soudures pesantes, des monnaies, du capharnaüm d’incertitudes et de rapts anciens que la mélopée ne peut rendre

Et qui, pourtant, de fresques en images, de sculptures en piqûres de frange, célèbre sans interruption le vide et l’amertume des gloires asservies et des esclaves morts

Abomey l’impériale est une parenthèse de vent entre deux wagons éraillés que le lent passage du sable retient jusqu'à la fin

De quelle incertaine douceur ?

 

 

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 13:56

Reçu il y a quelques jours ce commentaire aimable et amical d'un lecteur togolais...

 

Bonjour
Je suis David Kpelly un Togolais de 27 ans vivant à Bamako, au Mali, passionné de littérature. Je viens de découvrir votre blog par le lien de Sami Tchak. Quel coup de coeur pour notre pays! Cela peut paraître ordinaire, un blog si fortement marqué par notre pays, mais je pense que pour nous Togolais, qui sentons notre pays si petit, si étouffé, c'est un grand plaisir de voir comment vous le révélez à travers vos textes. Merci et bon travail. Le Togo vous en est reconnaissant.


Mes derniers écrits évoquaient un autre continent que j'ai beaucoup aimé rencontrer , mais l'Afrique est dans mes pensées depuis dix ans exactement, lorsque j'ai foulé pour la première fois le sol de Lomé.

Cela me suffit, en lisant cela, en disant cela, pour renouveler à mes amis du Togo et d'Afrique de l'Ouest, l'expression d'un immense merci pour tout ce que je leur dois, de découvertes inoubliables et de moments forts.

Je ne redirai pas ici tout ce que j'ai écrit dans mon livre "LETTRES D'ANISARA AUX ENFANTS DU TOGO" paru il y a déjà trois ans à l'Harmattan. Je ne sais pas si aujourd'hui on peut se le procurer ailleurs qu'à Paris auprès de l'éditeur. Je ne fais pas de pub non plus, n'ayant vraiment rien à y gagner, sinon que ceux à qui ce livre tomberait entre les mains sauront combien nos dialogues ont été riches, empreints de respect et de recherche d'une vérité exigeante.

Merci encore à toi David, pour m'avoir permis de redire cela.

 

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avec ma classe de sixième à l'école du centre de Kara en 2002

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 13:30

deux semaines après mon retour, mes pieds bien sur la terre dans la relative fraicheur du sud finistère, des amis me demandent  régulièrement des nouvelles de mon voyage. 

voici une carte sur laquelle les principales étapes sont notées qui expliquera mon trajet mieux qu'un long discours. 

Sachant que je suis partie le 16 juin et revenue le 22 juillet, les articles du blog correspndants au voyage sont visibles entre ces deux dates... et les photos dans les albums qui les accompagnent !

 

BON VOYAGE !!

 

 

afrique ouest

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 13:31

quelques poèmes pour arriver au soir d'un parcours de chaleur liquide et de mots égarés

au partage et à la vie !

 

le corps affiché

frappe le tempo des nuits

noire ondulation


le chaud se retire

d'une peau collée au vent

tiédeur extrême

 

crépuscule


et de Fatho Amoy (poète ivoirien) - AVIS

un des plus beaux poèmes de voyage que je connaisse


voyageurs du soir qui suivez la rumeur
des vagues et l'étoile blanche des baies
gardez vous de trop songer à vos songes
et d'héberger pour longtemps les chagrins
qui saccagèrent votre vie passée

il est au bout de la nuit une terre tout ensemble
proche et lointaine que le jour naissant
exalte d'hirondelles et de senteurs de goyave

un pays à portée de coeur et de sourire
où le désir de vivre et le bonheur d'aimer
brûlent du même vert ardent des filaos

craignez de le traverser à votre insu
les saisons sur vos talons brouillant le paysage
mais chaque pas est la chance d'un rêve


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