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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 16:01

Un lien vers un a premier album de photos sénégalaises !

 

cette semaine j'ai accompagné mes amis dans leurs activités habituelles, mais en fin de semaine on prend la pirogue pour deux destinations fluviales ( dont une nuit passée sur une île... d'avance je me régale !)

en attendant, ces quelques photos de Dakar, Gorée, Yof et ziguinchor feront voyager mes visiteurs en toute amitié à la rencontre des habitants de cette terre accueillante

 

famillediouf4

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 15:51


Il fait vraiment chaud. Je voudrais retourner au fleuve.
Ce soir c'est fête de la musique à l'Alliance franço-sénégalaise, un très étonnant ensemble architectural inspiré des cases à impluvium tyiques de la région, et décoré entièrement de motifs géométriques aux couleurs vives.
Envie de couleurs sur le noir de l'écrit. Envie de dire et partager l'exultation des sens emmêlés, que ni les mots, ni les photos, ni les souvenirs ne peuvent traduire avec justesse. Il faut y être, le corps en éveil. Ici, je ne dirai pas que je revis, mais que je me retrouve, plus qu'ailleurs, une et réconciliée.

 

alliancezig1

 

Dimanche après midi au bord du fleuve, dans un hôtel, restau dont tout l'intérêt est d'avoir un accès Internet gratuit, après le déjeuner. Repas de poisson suivi de longues heures dans ce jardin d'un "luxe" relatif, face aux pirogues et à la lenteur de l'eau basse. C'est un endroit où l'on aimerait rester longtemps encore, mais on ne peut oublier que c'est là aussi la protection limite de l'argent possible qui permet d'en jouir.
En Afrique on parle toujours, beaucoup d'argent ! C'est comme ça .


Ainsi me reviennent les les rencontres des jours passées : tous ces "gamins", et quand je dis gamins, beaucoup sont trentenaires qui jouent la "débrouille". Certains peuvent penser qu'on se fait "avoir" en offrant par exemple un repas , ou une boisson, à 1000FRCA (1,5 €), ce n'est pas mon idée. Je partage toujours volontiers avec celui qui n'exige pas, en ayant bien conscience que faire le "radin" dans ces pays où nous nous rendons si facilement est une faute impardonnable.
Il ne s'agit pas de défendre le "racket" (ou le marchandage épuisant) à l'égard des riches supposés que nous sommes, mais de donner un peu, autant qu'on reçoit, beaucoup, du temps, de l'attention gratuite, de la bonne camaraderie, qu'on sait sans lendemain, mais génératrice de moments heureux, ceux de la voyageuse peu pressée que je suis.

Plus tard, descente dans un endroit nettement plus modeste (la porte de Sangamar) où l'on peut boire une bière dans une cabane sur pilotis au bord du fleuve en attendant le coucher du soleil. Mais le ciel est brumeux et perce à peine le gris des nuages; des enfants se baignent bruyamment, les pirogues glissent et se fondent dans le reflet métallique des eaux calmes. Une apparence de fraicheur semble se faire sentir avant la fournaise nocturne, émaillée des heures durant des chants traditionnels du "Gamou", fête musulmane et tambourinée qui durera deux jours!

 

sangamar2


La porte de Sangamar

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 15:46


19 juin
7h du matin sur le pont du "Aline Sitoë Diatta". Arrivée sublime en Casamance par le fleuve. Le soleil blanc illumine un banc de brume. Les îles, le vert des arbres, le souffle déjà chaud, tout cela apporte une image et une odeur de savane et d'Afrique éternelle, telle qu'imaginées au plus loin des livres de l'enfant que je fus. Des dauphins joueurs accompagnent le bateau, et on aperçoit sur les berges plates de l'estuaire, quelques villages de pêcheurs posés sur la mangrove.

Peut on vivre sans rien savoir du monde où l'on vit? les cultures originelles, réduites à l'habitat d'un petit nombre organisaient le monde autour de leur centre - village - canton - région. Aujourd'hui cette extension à la planète entière comme "monde" est encore une escroquerie de la pensée qui se  réduit au final à un point dans l'infini de nos représentations. Alors peut-on dire du pêcheur de Casamance, ou du nomade du Ténéré, qu'il connait moins du monde que moi ? l'idée d'un homme universel et planétaire est-elle vraiment crédible, et nécessaire ?

je ne sais pas... alors,  ces questions que je rumine depuis trop longtemps dans ma tête s'allègent au cours du fleuve, jetées sans réponse dans le calme des eaux primordiales.

 

arriveecasamance

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 16:36

 

troisième jour à Dakar, sur une plage de pêche. Pirogues colorées, magnifiquement décorées, bien alignées. Des groupes de femmes et des charrettes sommaires tirées par de petits chevaux attendent le débarquement d'une grosse pirogue chargée de poisson. Certaines caisses sont déversées directement dans des camions réfrigérés hors d'âge qui vont à la conserverie de sardines, les autres poissons sont vendus sur la sable ou entassés dans les attelages vers les marchés ou les marmites !


Je n'ose pas prendre de photos, malgré la beauté de la scène, des couleurs, des costumes, de la mer.

Au Togo j'avais mis des piroguiers très en colère en volant leur image sur ma pellicule, ce qui pouvait prétendument leur porter malheur; quand on connait la dureté de leur condition, on respecte !


Donc je me contente de la conversation et je m'emplis les yeux de toute cette activité nonchalante et fourmillante à la fois. Le foot fait là encore une entrée en matière souvent toute trouvée. Le jeune « pape » Diouf ( prénom d'emprunt, faut il le préciser ) propose de revenir me chercher après avoir ramené les poissons à la maison, puis d'aller chez lui manger le « tieboudienne »( riz et poisson- il va sans dire que je proposerai d'acheter le plat pour la famille, mais ça me va comme ça !)

On passe d'abord une heure au « cyber », puis on marche dans les rues sablées du village traditionnel de pêcheurs. Je suis accueillie très chaleureusement par la maman, la grand mère et le petit frère, brillant lycéen, on regarde les photos de nos familles respectives, puis après la dégustation d'un gigantesque plat partagé sur la natte, « Pape » fait le thé sahélien, je photographie toute la famille, adorable, qui ne me demande rien d'autre que d'envoyer les épreuves par internet.


Le soir je prends le ferry, «  Aline Sitoë Diatta » ( la « Jeanne d'Arc » de Casamance dont j'ai lu l'histoire aumusée de la femme de Gorée) tout neuf et presque luxueux: depuis le naufrage du Joola il y a quelques années qui avait fait 2000 morts, tout a bien changé sur cette ligne, aux dires de ceux qui la prenne souvent. Dakar s'éloigne dans la brume.

 

departdakar


En route pour la Casamance !

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 16:14

GOREE

cerclés de ferrures

plongeurs de vague sans mémoire

fond du non retour

 

baobabgoree


déjà deux jours que je suis là, ou devrais-je dire: il n'y a que deux jours que je suis là, à faire ma touriste. Ce sera peut être différent en Casamance ( ne sachant pas ce que les amis m'ont concocté) en tout cas cette Afrique m'a bien reprise, sans aucun problème, comme ils disent, à supposer qu'elle m'ait jamais lâchée ...
ici le temps coule différemment, c'est à dire qu'il ne passe pas au sens passif du terme, bien que je "passe" beaucoup d'heures à ne pas faire grand chose, on dirait qu'il coule d'un seul bloc, mais avec la douceur paresseuse et constante d'un fleuve immuable.
ici les gens se parlent différemment.. il n'y a qu'un toubab grossier pour me dire au repas du soir de l'auberge qu'il préfère manger seul pour être tranquille, dans la même pièce minuscule, à deux, on se tourne le dos, c'est un comble !


le meilleur ce sont les rencontres, les mots échangés, le temps passé à bavarder, en dépit de tout ce qu'on voit par ailleurs de laid de triste de misérable qui serre le coeur, ou d'inquiétant parfois qui vous fait sentir vraiment étranger


Gorée :

les échoppes pour touristes sont les mêmes que partout au monde, elles débitent au kilomètres un art formaté et sans surprise de "créateurs" qui ont probablement, je l'espère pour eux, une production autrement originale à leur actif ( en ville close de Concarneau aussi on connait ça !).


dans l'ile minuscule et magnifique, odorante et fraiche, émouvante et rouge sang, on peut pourtant facilement trouver un peu "d'écart" où personne ne viendra troubler la contemplation, je dirais presque la méditation sur ces lieux chargés de douleur.


justement sur une plage de cailloux pas très accueillante un joueur de djembé tape sur ses peaux pour la mer, le silence et les oiseaux.
un autre est là aussi, silencieux et tranquille. rasta et voileux; j'offre une cigarette et on bavarde calmement allant même jusqu'à évoquer la course Transat partie de Concarneau en avril (un comble quand on sait ce que j'en pense !) et l'école des Glénans de renommée internationale... il faut bien commencer par quelque chose en trouvant un terrain d'entente !


pour d'autres c'est le foot dont il ne faut rien ignorer, ou la pêche, ou la région d'où on vient
plus tard, je me ferai même saluer par un pêcheur en pirogue d'un "yec'hed mad - kenavo" qui témoigne de sa connaissance véridique des bretons, ou du langage universel des marins ?


le soir avant de reprendre le bateau, je finis par avoir une discussion assez drôle avec Maria, qui vend des colliers dont je n'ai nul besoin. Je ne sais plus comment elle en vient à me parler de Sarkozy et de Wade (président du Sénégal) qui sont deux voyous à ses yeux, le plus voyou des deux étant quand même Sarko, dont elle évoque avec mépris le fameux "discours de Dakar", je lui explique le "bouclier fiscal" elle me répond "corruption", bref on se lâche à fond sur la politique (discussion relativement rare avec les femmes) et c'est la première fois que j'entend quelqu'un dire ostensiblement du mal de Wade...elle a peut être inventé une approche originale de marketting à l'égard des français, je lui prend quand même deux minuscules bracelets "pour la conversation !" ... et parce que je me suis bien amusée !

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 13:38

je vais tenter de faire un petit survol d'impressions, même si depuis le cyber ce n'est pas simple de retrouver les images, reconcentrer les sensation et taper sur un clavier anachronique !

essayons...

petit matin gris et plus que frais au départ de Rosporden mardi, une fois dans mon compartiment de première - qui n'est pas le véritable avant gout du voyage, mais plus de places en seconde - je me laisse rattraper par le no man's land où s'inscrit le premier jour : wagon, bus, salle d'attente, avions, attente, avion, taxi. Sourire à ce temps qui me va bien - celui de n'être vraiment nulle part.

le lendemain Dakar : de nuit elle paraissait très urbaine, très autoroutière, très policée, de jour le contraste est flagrant entre le glissement nocturne et la réalité d'une Afrique que je retrouve intacte.

le soir, première gorgée de FLAG depuis 4 ans dans la cour de l'auberge abritée du soleil. Fraicheur dedans, chants d'oiseaux, vacarme de circulation au dehors. Un espace protégé par la barrière du fric, le prix est modeste pourtant; mais il délimite toujours un dedans et un dehors. Un petit vendeur d'eau m'a donné ce matin ma ration stérilisée sous plastique, je n'avais pas de monnaie, il m'a dit : c'est cadeau ! à quelques centaines de mètres, sur la corniche où jai marché deux bons kilomètres, les hotels de luxe ne font de cadeau à personne.

je visite un musée poussiéreux rempli pourtant des inestimables richesse d l'art et de la vie quotidienne del'Afrique: sociétés disparues, écrasées sous la meule de quel progrès ?

dakar15juin5red

le baobab au milieu de la route  parle d'unité africaine ...

pour aujourd'hui je m'arrête là, mon temps de connexion est épuisé !

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 14:20
Aspiration d’eau trouble.
L’épicentre du tourbillon est un lieu impossible où les forces se resserrent et ne dessinent que le creux.

Tourbillon de guêpes sur le sucre des beignets
Tourbillon de cris : les chèvres qu’on entrave et les enfants ligotés dans les  pagnes
Tourbillon de mots calculés qui se cognent en dérivation
Tourbillon de senteurs alourdissant l’étoffe des boubous
Tourbillon de pas enivrés qui déséquilibrent la platitude des chemins

Bonan goni – Aller revenir
Ne pas se poser. Ne pas finir.
Tourner. Retourner

Au centre de ce rien qui remplit le vide aspiré de la conscience,
Ce rien qui n’existe nulle part, ne se donne pas, ne se prend pas
Ce trou de pensée et de désir qu’on ne peut refermer

J’y suis. En cet instant

Et je disparais.

21 août 2006


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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 14:11

mes deux derniers voyage au Togo et en Afrique datent de 2006... ces poèmes font remonter à la surface des jours pâles une noire et obstinée cicatrice qui ne veut pas se fondre dans une seule peau

il y avait entre les villes, entre les jours, entre les gens, un voyage dans le voyage , que j'ai aimé sans y croire, dans un taxi délabré, un voyage hasardeux qui avait une saveur d'épice et de miel, sans lesquelles la meilleure viande n'a aucun goût


le voyageur qui se prépare à l'imprévisible est toujours en deçà de la réalité du voyage
les Seigneurs de l'Afrique sont les chauffeurs de bus et de taxi, à l'arrogance hautaine des caravaniers méprisant les chiens qui aboient et leur bétail hagard de clients désabusés et ignorant de leur destinée.

seul le chauffeur connaît le but de ton voyage et il lui plait de t'y emmener à sa convenance et à son heure.
entre ses mains tu n'es rien qui vaille la peine d'être écouté

ainsi,
je faisais connaissance avec la vraie chaleur, avec la terre de tous les ocres qui s'incruste dans chaque pli de la peau, avec les rivières mortes, les savanes grillées

je m'approchais du pays d'autre mémoire


je ne peux pas parler du voyage avec qui n'est jamais parti. Je ne peux pas parler d'Afrique avec celui qu'elle n'a pas possédé

ce n'est qu'un mot qui dit quelque chose d'évanoui, que tel n'a pas encore, et que je ne tiens plus.
Un mot vaste comme la surface de nos vies étrangères, mais qui se comprend sans paroles

ce qui donne un sens au voyage c'est l'idée du retour
sans retour le voyage ne serait que la vie
je ne veux rien en perdre et pour cela, l'offrir à qui voudra

 

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 23:07
voici le commentaire, toujours pertinent, d'un ami togolais, en réaction aux derniers articles de ce blog...
autre éclairage, autre lecture, toujours précieuses


"j'ai fais un tour sur ton blog et surtout j'ai pris un plaisir fou à lire les derniers articles:"repentance" et "criminels".

franchemant le message du pape Benoit 16 m'a sidéré, choqué même
les temps changent autant que les mentalités, les discours réligieux puritains qui recommandent la chasteté n'ont plus leur place dans nos sociétés modernes décomplexées, le préservatif sauve des vies en Afrique, "il n'aggrave" pas le problème du sida.

rapport de l'Afrique à l'occident: il n'y a que des images et des reportages pessimistes diffusés dans vos journaux télévisés à longueur de journée et la lecture d'écrits philosophiques désuets qui puissent expliquer le discours de Dakar.
Sarkozy, de quoi il se mêle? il promet de rompre avec la françafrique et se permet de tenir de telles allégations?
les excuses de Segolène Royal à Dakar cette semaine ont soulagé une large opinion africaine déçue par la rupture sarkozienne ou plutot son l'arrogance et son complexe de supériorité.
nous n'avons aucune leçon à apprendre de l'Occident. 
nous les africains avons nos cultures, notre vision du monde, notre rapport avec la nature
la question est de savoir s'il faut: "soumettre le nature la détruire ou la respecter et la préserver" : le capitalisme, l'avidité et le matérialisme sont en train de mener le monde au bout du gouffre avec une crise économique et une crise économique en prime." Radjoul

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:49

 

 

puisque nous sommes dans le moment du printemps des poètes
cette livraison de nuit, qui fait fleurir les mots et la force tendre de l'absence, en plus des fantômes et des incertitudes
écrite par mon ami Radjoul

 

 

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » n’est pas un guide du routard. Si il invite à la découverte, au voyage, il ne recommande pas les meilleurs auberges ou bistrots aux potentiels touristes projetant de découvrir le Togo.

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » est la compilation des notes du tableau de bord d’une exploratrice (dom) dont le regard transcende les paysages, domine la faille d’Aledjo ou les Tatas Somba et embrasse les êtres.

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » c’est l’histoire d’un tourisme d’attache, solidaire et d’échange. Ce n’est pas l’histoire d’un tourisme de clichés dérobés çà et là, qui font cartes postales dans des albums photos souvenirs;

 

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » raconte la tendresse d’un coup de foudre, d’une télépathie automatique entre une aventurière et les enfants du Togo et qui n’était pas a priori plausible.

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » c’est une histoire d’amour qui brise les frontières géographiques et les barrières idéologiques et raciales. C’est la rencontre des « contraires », une alliance contre nature  qui débouche sur la plus tendre et le plus virulente des romances à la Roméo et Juliette.

 

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » c’est l’histoire d’une rencontre, d’un échange entre une blanche  et des enfants noirs. La rencontre devient partage de joies, d’inquiétudes, de fou rires et devient confidence.

Le « salad bowl » devient un « melting pot » et le faciès ne dérange plus, il laisse transparaitre au sein de la famille « homo sapiens » notre plus petit dénominateur commun, notre « condition humaine » : la vie, la mort, la maladie.

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » nous raconte deux mondes séparés par la méditerranée et essaie d’abattre les idées reçues et les clichés : « en Europe, il ne coule pas que du miel et en Afrique, il ne pousse pas que des épines »

 

« Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » ne nous reproche pas notre propension pour le sacré, le mythique et le mystique qui servent de traits d’union entre les mondes des vivants et celui des morts. Lire ce livre m’a fait ruminer des souvenirs d’enfance de fantômes, de créatures qui ont hanté mes nuits. On me rappelait souvent que la nuit les morts occupaient  les cases, les sentiers désertés par les vivants.

 

Dominique, tu ne nous juges pas de « primitifs » en vantant ta culture, rationnelle et positiviste de laquelle le science et la technique sont inspirées par le meilleur. Par contre tu restes mystifiée par notre solidarité qui s’exprime comme cette incroyable énergie des désespérés qui contraste avec l’individualisme occidental. Les hommes vivants comme des planètes chacun dans son orbite sans se rencontrer sauf pour rentrer en collision, l’émancipation des consciences individuelles au détriment de la conscience collective. La vie ne résume plus qu’à un ensemble de relations formelles et impersonnelles. Vous gagnez en liberté ce que vous perdez en sociabilité. 

 

que vaut le bonheur si on ne peut le partager?

 

Dominique tu enseignes enfin cette équation toute simple, et toute triviale d’ailleurs :

Blanc + mélamine donne Noir. Et que notre mélanine est notre plus grande richesse, notre plus grande force. Et il nous appartient à nous, et à nous  seuls de l’apprivoiser.

 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 11:26
en hommage à toutes les femmes de courage qui tiennent entre leurs mains, la vie, l'avenir, la nourriture, l'éducation et, pour tout dire, l'essentiel de ce qui est nécessaire, et qui sont si peu honorées, si peu respectées, si peu tenues au rang où elles le méritent

une image d'une petite amie de Kara sud, pour qu'elle, et toutes les soeurs d'Afrique vivent dans la paix et la reconnaissance des hommes
qu'il est vital aujourd'hui d'éduquer à cette vérité là : cette reconnaissance d'égalité passe plus encore par l'éducation des garçons que par l'émancipation des filles



"Combien d’hommes refont le monde, de réunions en bistrots, de colloques en discours, que les femmes font «tourner» en majorité, c’est-à-dire font vivre pour l’essentiel, presque seules bien souvent, en plus d’assumer la génération et l’éducation. Ce qu’on juge pour rien dans le monde de bien des hommes. Ou qu’on valorise à l’excès pour mieux nous asservir.

Comme si le mâle humain faisait payer à la femelle le prix fort pour sa propre fragilité, et sachant secrètement combien sa place est instable, il croit nécessaire de l’imposer par force.

Les filles n’ont pas à conquérir leur indépendance, car elles ont tout pour elles déjà. Et je crois bien qu’elles savent.

Nous les mères, élevons nos fils et ne leur parlons pas assez de ce savoir. De ce savoir des femmes qui laisse le monde ouvert sur l’avenir. Sur le vivant. Sur la place où vous trouveriez votre paix.

J’ai pensé parfois, naïvement, qu’on devrait parler plus souvent à l’oreille des garçons, des mots simples, des mots des origines, des mots qui demandent de la tendresse, de la proximité et du mystère." (lettres d'anisara)


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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 23:15

au dessus de la faille d'Aledjo...


dans les herbes, c'est là que je laissais mon jour d'avant

vaincu par les hivers


Au temps seul de se laisser respirer…

L’haleine des savanes suffit à  nourrir l’âme

En toute quiétude

 

-Tu n’as donc pas vu que les herbes coupent ?

 

-Et quand cela serait ?

j'y étais,
mes pieds ne désirant que la montagne


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Repères

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  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
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