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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 10:13

tout nettoyer, faire le ménage

prendre le temps d'ouvrir les cages

et traverser de poussières en poussières

l'espace en compagnie d'un essaim de sorcières

puis balayer devant sa porte

les lettres vives, les lettres mortes

vent debout face au temps qui s'emporte

quelques balais plus tard...

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 11:44

J'avais publié le 8 mai 2011, à l'occasion d'une célébration "parallèle" de cette date symbolique par le Mouvement de la Paix, un "slam pour la paix" que beaucoup de gens ont aimé sur ce blog. Comme on n'a plus grand chose à espérer, en particulier avec l'accroissement sans précédent des dépenses militaires dans le monde, le développement ultime de l'arsenal atomique, sans compter le volume des ventes d'armes par notre pays, je m'autorise à une publication de cette version réactualisée, sans illusion, mais juste parce que de nombreux problèmes économiques, écologiques et autres seraient résolus si les dépenses militaires étaient affectées à des priorités vraiment nécessaires pour le bien de l'humanité. Qu'attendons nous ?

 
manifestation pacifiste en Bretagne avec une délégation d'Hiroshima ( 2015)

manifestation pacifiste en Bretagne avec une délégation d'Hiroshima ( 2015)

Paix aux miens, paix aux vôtres

et paix à tous les autres

 

Paix aux morts des tombeaux, au marbre et aux statues

À la fleur au fusil sur le front des vaincus

Aux gars des der des der qui lançaient leurs chansons

En vain, la peur au ventre, dans le bleu horizon

 

Paix aux pays conquis dans le fracas des armes

Quand la loi du plus fort vient soumettre les âmes

Enchaîné comme un nègre, mort comme un bon indien

Soumis comme la femme, rouge comme le vin

 

Paix aux villes martyres qu'on a abandonnées

à la coulée des pleurs, aux ruines du passé

quand la mort épousait la brûlure de l'atome,

aux déluges de fer qui transpercent les hommes

 

Paix aux folles d’Argentine, aux mères du Chili

Qui réclamaient justice pour leurs enfants meurtris

Torturés, démembrés, qu’on a lancés là bas

Dans la blancheur du grand désert d’Atacama

 

Paix à l’enfant soldat chassant dans les rizières

Un autre enfant traqué de son pays en guerre

On l’a shooté à mort, croyant qu’il oubliera

Le regard terrifié de son frère qu’il abat

 

Paix à la fille sans nom qui pleurait en douceur

Au bord d’un marigot pour conjurer sa peur

Sur son corps dénudé, jeté le sac d’école,

Les soldats ont gravé l’humiliation du viol

 

Paix aux peuples innocents qu’on veut éradiquer.

Cachés sous le mépris de la conscience morte

Ils meurent en silence derrière des barbelés

N’espérant plus jamais l’ouverture d’une porte

 

Paix à la mère perdue cherchant sur un chemin

De terre et de sang noirs un signe du destin

La fin d’un cauchemar, réveil, qui remplira

Cet arrondi du vide où l’enfant ne dort pas

 

Paix à la Palestine, à l’enfant de Gaza

Au déluge de fer qui répondait aux pierres

Aux arbres calcinés, à la terre sacrifiée,

À l’agonie des hommes que l’on n’écoute pas

 

Paix aux morts innocents, au jour des attentats

Paris-Charlie, Mali, Nigeria, Sri Lanka

à la colère des dieux, à la folie des hommes

qui massacrent en priant ou déferlent en pogrom

 

Paix à la terre meurtrie, aux forêts qu'on abat

au paysan qui tombe en implorant la pluie

à la mort programmée des pôles à l'agonie

aux enfants affamés que le temps n'attend pas

 

Paix à tous ceux qui vendent, qui trafiquent et fabriquent

Des armes en tout genre pour une poignée de fric

Je rêve que leurs mains s’ouvrent sur des colombes

Où le labeur des hommes dessine un autre monde

 

Paix aux incarcérés, jugés, exécutés

Pour avoir résisté au vent des oriflammes

À ceux qui disaient non aux bombes et au napalm

À ceux qui disent oui à la fraternité

 

Paix aux miens, paix aux vôtres

Et paix à tous les autres

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 10:26

 

ah ! le camélia

constellé de bouches roses

chanson de printemps

**

chaleur des journées

au parfum d'herbes coupées

l'été revenu

**

novembre en bataille

tant de feuilles qui s'éloignent

de la branche noire

**

un seul arbre nu

effleuré par le vent gris

fine cicatrice

**

les Saisons : gravures, haïkus

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 14:08
Quito

Il y a quatre villes, piliers de ciel, qui habitent le nom de Quito

La ville bariolée de couleurs imaginaires qu'on ne retrouve pas, même en fouillant chaque ruelle. Celle d'avant le voyage. Elle est déjà passée.

la ville répandue, échappée, jeu de cubes au hasard des quebradas, des précipices, des ponts, des failles, des cassures, des escaliers, des ascensions, des coupoles. La ville qu'on nomme avec les pieds, le souffle et le présent.

La ville noire surgie des couches telluriques, qui tremble sous les pavés, interroge et ne répond jamais. Qui se réveille en vomissant des ombres .

La ville des nuages. Elle reste encore longtemps quand on tourne le dos.

Je ne sais laquelle je préfère.

Chacune compose un plan de visages et d'images, de mots et de murs que le magma tient à la verticale, et parfois consume, et parfois redresse.

Les quatre noms de Quito sortent et renaissent tour à tour, de l'abîme ou du cratère, avec un bruit de cœur-marteau, une ivresse de fanfare ou un bouquet de pétards crépitants.

Puis, ils dansent sur les volcans, et c'est la fin du rêve de Quito.

Restent les mémoires vives sur la courbure des vallées

la ville étendue
la ville étendue
la ville étendue

la ville étendue

les couleurs
les couleurs
les couleurs
les couleurs

les couleurs

la vie
la vie
la vie
la vie
la vie

la vie

les ombres
les ombres

les ombres

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 15:32
désert - Californie

l’œil coupant décharne toute vie jusqu'à l'aiguille

il n'y a pas de ciel, rien que le vent

il n'y a pas de traces, rien que le sang indien colorant la terre assoiffée

j'ai cherché les Mohaves, les Paiute, les Chemehuevi, les Chumash, les Tipai, les Taaqtam, les Kawaiiasu

j'ai cherché l'arbre tordu qui disait le chemin. celui là-même qui hachait le vieux monde

j'ai trouvé le froid inconnu d'une beauté sans mélange

cela suffira-t-il à raconter l'histoire ? 

joshua tree desert
joshua tree desert

joshua tree desert

hidden valley
hidden valley
hidden valley

hidden valley

old silver mine
old silver mine

old silver mine

désert de cactus
désert de cactus

désert de cactus

Joshua tree national park
Joshua tree national park
Joshua tree national park
Joshua tree national park
Joshua tree national park
Joshua tree national park

Joshua tree national park

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 16:16
San Francisco

La ville s'enroule en écailles de brume et de feuilles luisantes avec la douceur des grands iguanes ou des serpents de mer qu'on a rêvés sans trop y croire.

puis elle surgit des hauteurs et s'éveille entre deux eaux, entre deux ponts, et se déploie d'arcades en arcades, de rues en rues, de glissades en croche-pied de fils noués

chaque impasse se soulève, chaque maison vibre et le ciel s'évanouit vers l'arc des couleurs qui claquent à tous les vents

les tours, les môles, les rails s'ébrouent en gerbes d'air doré

alors, la Sirène se lève, le jour ondule, le moteur ronfle,

et c'est un autre matin de pluie qui lave et répand sa fraîcheur sur la barbarie de nos illusions

la ville enfin s'éclaire, comme le pas du marcheur à la conquête des légendes

quartier chinois
quartier chinois

quartier chinois

ponts
ponts
ponts

ponts

couleurs
couleurs
couleurs
couleurs

couleurs

horizons
horizons
horizons
horizons

horizons

échappées
échappées
échappées

échappées

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 11:03

c'est le cœur : le marteau qui cogne, qui bouillonne

c'est le buisson ardent : les tombes emportées par le ruisseau des feuilles et la brume violette des draps condamnés aux champs d'honneur

car l'honneur s'est perdu et le tourbillon glisse en fourneaux refroidis, en ardoises, en voies de fer qu'on a déshabillées

après c'est le silence

le fleuve méandreux traverse le ventre pâle des vallées endormies où demeurent

l'accointance du ciel avec le métal, la vérité de l'eau qui s'embrase sans le dire, le souvenir d'un oiseau noir, le grondement d'une cohorte de mots abandonnés et de voyelles orphelines

jetées une à une dans la rivière si plate, si terrible

qu'on rêve de la déchirer

la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet
la Meuse de Sedan à Givet

la Meuse de Sedan à Givet

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 11:03

D'une série de 6 gravures sur Rhinalon , intitulée "monstres marins", j'ai choisi deux gravures originales de chaque épreuve pour réaliser un livre d'artisan en 2 exemplaires.

monstres marins ?

tentacules nouées à l'encre des abysses, fleur de roche et de sel

il marche à l'envers où le ciel ne l'atteint pas

on croit dans un frisson de vagues

voir poindre l’œil de stupeur et la douceur muette

je ne sais lui parler

d'ailleurs il n'entend pas

 

son soleil variable est l'inconnue d'une équation de rêves et de coquilles

qui valent bien la soie d'autres fourrures

quelle noyade céleste ?

quel pâturage, ou chambre forte au fil de plomb ?

je ne crois rien de lui sinon qu'il ne dort pas

ou bien écho barbare des nuits qui croquent les baleines

ou bien mangeur de poussières mauves

 

chaque soir le retrouve calé au bord de nos regards, de nos questions glissantes au tournant du visible

mais ailleurs qu'y a-t-il ?

sinon la friche de nos crânes empâtés de tourments ?

le monstre n'est pas celui qu'on dit

le monstre / se montre / un instant / disparait / à jamais / qui l'a vu / qui l'a cru ?

éclat de pseudopodes au ventre mou qui traine des casseroles enluminées

monstre va-t-en / je n'ai plus rien à dire / je t'effacerai d'un coup /

si je voulais

 

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 10:58

sous l'arbre repose

la plume oubliée, noire

d'un oiseau sans nom

 

 

haiku de septembre

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 15:13

sous la violence de l'histoire

qu'on n'a pas racontée

il y avait un velours d'encre et de piment

et des mots embrouillés qui ne disaient pas

ce monde de papier simple et joueur

que le réel confisque

quand il veut nous faire peur 

fantômes ?
fantômes ?

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 22:41

 

à ceux qui ont franchi le pas vers le monde inversé

s'étonnant des rochers où brillent des yeux morts

et voulant retenir les étraves et les routes d'écume

qu'ils mâchent en silence

et sachant, déjà, que les tombes y seront perdues

 

sauf

si nous osions encore une fois écrire

leurs noms de poussière remontés des hauts fonds.

 

je demande seulement :

en avons nous le droit ?

Est-ce que les mots donnent quitus à la cruauté des falaises ?

Ces traits, ces bourrelets d'encre échappés des ressacs

que diront-ils des bancs de sable où leur espoir s'abime ?

 

Je voulais que ma douleur fut tienne

elle ne peut pas.

elle ne sait rien de l'ombre et de la plaie

de l'infâme loterie

de la terreur où croule ta jeunesse

elle ne livre que des mots en creux de lames

 

Qu'en ferais tu ?

 

Qu'en ferons nous ?

où sont-ils ?

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 16:42


Maintenant. Cadeau éphémère de la seconde traversée
Maintenant. Rien ne tient que le seul désir d'être
Un présent de sable qui vaut son pesant d'or.


Présent. Échange. Larme sur le carreau pour arrondir le ciel
Souffle d'air en équilibre d'inspiration.
Soixante fois par minute. Ou plus ou plutôt moins. Sans s'arrêter pourtant. Sans vouloir plus que l'égalité du silence avec le tohubohu des douleurs arrachées

Le présent n'est pas un vœu. Il ne parie pas sur l'avenir.
Il est passé sans bruit.
A laissé le matin ouvert sur d'autres questions, d'autres grains de sable en travers des machines, d'autres rayons sur le miel d'une main qui se cherche, d'autres lunes de ce soir-là. Justement.
Et puis. Il n'est plus rien
 
A nous, donc, de choisir ?
A tout prendre, je ne choisirai pas.

Abondance. Trop plein.

Présente ! Cela suffit.

Présent(s)

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  • : Après la publication de mes livres "lettres d'anisara aux enfants du Togo" et "Villes d'Afrique", ce blog rend compte en chroniques, poèmes, photos, dessins, des rencontres avec les humains et la solidarité, avec la poésie, l'art, les cultures, l'Afrique et les voyages.
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