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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 14:58

textes un peu anciens ... dont l'écho ne s'est pas perdu

 

ombre mauve d'orage

juin de poisons lourds

digitales accélérant

les grondements du coeur


Tonnerre


  juin2014_02

 

en pluie les larmes blanches

du sureau

en pleurs les ouates grises

sous le vent

dors l'été


fleurs de miel et de transit

entre juin de digitale

et coquelicot de juillet

sous le doigt froissé se penche

millepertuis soleil et ronce blanche

 




c'est la pluie de juin

chaude et noire

à ses cordes accroche-toi

pour donner le "la"

à mes choix

incertains.


 juin2014_05


 

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 16:51

La vieille femme a dit : merci, fils de m'avoir si bien remplie

Pendant que moi je suppliais: ne nourrissez pas , s'il vous plait, la bête de l'Intérieur

L'Intérieur raconte le pied sur lequel on a commencé à danser

Remplir - ou vider - taper en cadence pour faire sortir l'encombrement ou - bourrer un espace sans fond que le temps ne retiendra pas, de toute façon.

De quel coté avons nous commencé le pas de deux ?

Femme : destinée au plein ? Homme: consacré au vide?

Ah, laissez moi cracher les simples vérités, ai-je encore crié, tandis que la vieille femme sans mémoire souriait, et plus elle semblait claire, plus je vomissais et la bête, et l'Intérieur, parcourue d'eau salée, humide et rosée de froideurs printanières, balayée de vents sans accrocs

Qui pense à l'Intérieur comme vide inconséquent ne finira pas de s'apesantir, mais ne sera ni terre, ni sable, ni roche

Rien que le mensonge d'une fertilité recomposée, toujours inutile, éreintée de promesses

Tandis qu'un autre restera droit de transparence et de refus : pas de richesse, pas de matin vorace, pas d'entonnoir pour forcer le gavage

Néant d'un corps écorce, d'où suinte alors parfois,

Une faible laitance, une gomme de mots silencieux, une larme unique

Et désolée

 

 

jarres

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 11:45

le ciel de métal

choisit-il sa vérité

à l'envers du pont ?

 

lille19

 

d'autres images du vieux Lille

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 23:28

un temps de jonquille

un parfum d'herbe coupée

le jour s'illumine

 

camelias

 

ah! mon camelia

constellé de bouches roses

chanson de printemps

 

 

j'ai vu ses couleurs

enlacer le bleu de mars

devant ma fenêtre

 

 

D'autres haïkus, de toutes les saisons sur ce lien

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 23:51

ce pourrait être comme si

un bateau se détachait du port et tombait, et tombait 

comme ne tombent jamais les bateaux

qui s'éloignent et se perdent au delà, mais de quoi ?

dans ce rêve il n'y a

que des chutes des trous des regards au fond des puits

ah ! mais n'allez pas croire que le noir est sale, que le fond est humide,

que la chute est une chute

sans issue


ce serait comme si

la porte se détachait, comme le bateau, comme le port, comme la ville

porte de silence échappée vers la sortie d'une impatience

affranchie de tout remords, de tout ensemble

radeau sans attaches chuchotant des promesses des nouvelles

des certitudes irresponsables

avec quelle legèreté, quelle inconséquence

 

ce sera comme si

les mots devenaient chaque seconde plus forts de vérité

chaque fois plus concis, plus émus

et plus seuls

une vie se vide proprement, lavabo inutile,

ne reste que l'émail sur la dent, sous le rire

ne restent que l'appel, les sens affolés, les chemins perdus

que la tourbe et la fleur du fumier

que le vent

et le trait de l'absente

délivrée

 

nuitconc

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 17:20

je ne fais pas de politique

je suis politique comme nous

comme tous qui, sans le savoir,

sauf enfant loup, enfant sauvage, enfant non social, non sociable

comme lui qui

au coin des rues faisant la manche

pleure de temps mal soigné, mal épaulé

comme la femme abusée

et lui

sa carcasse vautrée sur trois putes arrosées de champagne, il fait semblant de l'ignorer

mais...

comme tous

animal, au souffle politique, qui tire à vue, qui tire au sort

là où le sort n'a rien à voir

rapport de force ou soumission, transport ou abjection, immobilité ou entreprise

tous, donc,

et ce que j'en dis, moi, depuis le temps que les mots cherchent la sortie

cherchent à s'écrire avec le sang et la bataille

à coup de machettes ou de poings américains

ce que j'en dis ne verse pas dans le fossé, ne pourrit pas dans la poubelle des mémoires, ne s'écarte pas de la route

ce que j'en dis est bitume noir imbibé de colère

car il n'y a pas de mots qui ne disent

le poème écrit avec ce sable de l'histoire, avec ce monde social qui gicle entre les pierres

car le poème n'est rien s'il n'est pétrit de l'homme aux mains inutiles, aux machines rouillées, aux terres infertiles, aux trop-plein d'indignité

car le poème n'est rien s'il ne dévoile la coulée d'or sans vergogne sur les yeux morts du Capital

 

San.08

 

Valparaiso 2011 con Pablo neruda

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:24

Revenir à soi, quelquefois, dans le tourbillon des esprits croisés; comme on dit des ligaments croisés, ceux qui nous font plier la jambe. Revenir à soi... ne pas plier !

 

Paris s'enivrait de signes aléatoires

j'étais là, il y a longtemps,

ou dans un autre présent

ne sachant plus mesurer le temps, le bruit, le froissement des feuilles

le sable se dérobait sous les pieds

ne révèlait pas de chemins neufs, de cavités secrètes

mais des duretés de basalte qui prenaient toute la place 

et brillaient comme des miroirs


Tout ce qui fait taire les chuchotis de complaisance

contient l'essence des arbres morts

qu'un printemps verra toutefois renaitre, comme il se doit

les lames de fond tranchent des noeuds sans histoire aucune

et laissent filer aux nuages le verbe haut des incertitudes

 

les mots bouclent vers l'intérieur du crâne

envers de cheveux, envers de fourrures,

envers de villes lascives,

envers et contre tout ce qui dérobe la légèreté souveraine des instants

il n'y a rien d'autre qu'un peu de vapeur qui fait son chemin

mais

je n'ai pas dit mon dernier mot

 

DSC03082

 

20131209 121836

 

DSC03066

 

album Paris décembre 2013

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 15:30

je viens d'un temps soucieux de sa couleur
d'un monde clos qu'un seul poing a brisé sur ma nuque


je venais de partout et ne savais pas
ce qui en sortirait

le soleil était une rose vivace
et ses membres s'étiraient jusqu'à la mer sans calcul


je vins et ne revins pas, et ne retournai pas,
et ne refusai pas le vent
d'où le ciel sortit en abondance


je m'évadai
et tout s'arrondit en silence

 

DSC03021

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 13:44

 

les histoires traversent les livres comme elles traversent les nuits
elles nous rendent insomniaques en s'écrivant à la vitesse de la lumière
même quand la lumière en est absente


puis vient le matin, dépot de feu froid,
comme lorsqu'on referme le livre et son épilogue inutile
où tout est dit une bonne fois
pour toutes

qu'on les invente soi même ou que d'autres nous les offrent
les histoires tournent en boucles dérisoires
ce que nous ne savons faire de nos vies
elles dessinent des lignes de fuite qu'on osera jamais emprunter
des phrases qu'on n'osera pas prendre au mot
parce qu'elles ont été, elles aussi, refroidies dans l'air du temps

au moment où l'on sait que cet imaginaire
n'est qu'un potentiel vide de toute exécution,
quelque chose se détache et donne envie de jeter le livre,
de masquer la dernière page sans connaitre la fin,
ou de se lever enfin, sans vouloir plus dormir

je ne veux pas d'une écriture qui se substitue à la vie
d'histoires qui poussent leur tête hors de mon corps
comme des enfants morts nés

je ne veux pas de romanesque
d'inquiétudes piégées par des mensonges captifs
qui nous regardent en ricanant
de ces personnages habillés de lettres
qui nous détournent du chemin

mais peut être...


d'une écriture sans histoire
qui par bonheur ne raconte rien
je ferai une paire de chaussures
un sac ou un bâton
pour marcher plus longtemps ?

 

poitou

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 17:06

qui a fait danser

nos colères tropicales

de soleil en soleil ?

 

 

aqua05-copie-1

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 20:36

(à la manière de Tzara .. ou Prévert)

 

préparer le papier

préparer la couleur

préparer le pinceau

et préparer le coeur

 

attendre, attendre

 

déposer, effleurer, caresser,

le moment sec, ou bien mouillé

séquence après séquennce

sans se hâter

vers l'étale innocence

 

ne pas chercher, ne pas vouloir

juste un jeu dans l'histoire

juste un sanglot tombé

à l'écart du hasard

 

et puis

laisser venir, laisser partir

laisser faire le désir

 

le vent passe

la pluie cesse

il n'y a plus de sel

plus d'arrogance

 

rien qu'un trait de silence

un oiseau qui s'élance


quand l'un finit

l'autre s'enfuit


 

aqua01

 

quelque chose est passé / qui bouclait / le temps

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 19:00

un mois particulier pour moi : temps de beauté indéniable, de dissociation gémellique, d'anniversaires plus ou moins acceptables. J'ai toujours été accrochée par ce mois si partisan. Moi seule le sait.

 

trois haïkus qui sortent de l'hiver

ou pas ?

 

 

 

la fleur jetée comme

un moineau sur le béton

tremblant de soleil


 

 iris

 

 

 

l'hiver a laissé

sur les os trempés d'orages

nos regrets mouillés

 

os

 

 

 

du bleu ou du blanc

engendrés par la lumière

qui l'emportera ?

 

bleu

 

 

 

 


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  • : Après la publication de mes livres "lettres d'anisara aux enfants du Togo" et "Villes d'Afrique", ce blog rend compte en chroniques, poèmes, photos, dessins, des rencontres avec les humains et la solidarité, avec la poésie, l'art, les cultures, l'Afrique et les voyages.
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