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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 12:27
savoir poser sur l'autre monde
une goutte de sang double
un gouffre de temps bleu
où l'inverse de soi
n'est pas l'épaisseur du silence
mais le glacis vermeil
des surfaces tremblées


et puis s'y enfoncer

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 15:16

à tout prendre la nuit est toujours plus trouble
quand l'étrangle la barre d'un soleil mathématique

à tout prendre mieux vaut étendre
sans rien dire son image froissée dans l'eau captive

mieux vaut savoir que rien ne profite à cela
gros ou petit qui s'aventure en douce dans le noir

où se balance indifférente
la torpeur d'un rocher sans bavure

à tout prendre mieux vaut
tout laisser en plan d'eau

et se carapater




pour voir l'album complet

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 22:37
rouge fut la poussière que j'ai d'abord mâchée, ensuite apprivoisée, ce choc premièrement visible quand je descendais d'un avion à Lomé

après, il y eut mes pieds que les enfants teignaient de "lali" (henné) pour faire rire les passants qui me disaient: " maman ! tu te cherches un mari ?"

et j'ai vu, j'ai touché, le corps noir saigné à blanc, le fleuve d'Afrique, le fleuve de sang que je murmurais autrefois sans savoir, avec les mots de René Depestre, 

et puis les mots rougis de tous les peuples cadenassés,
de toutes les barricades, de toutes les tortures, de toutes les armées

la vieille amie qui pleurait en écoutant "le chiffon rouge",
la voix de Ferré clamant son Aragon

mais c'est en caressant la rouille sur la gueule d'un canon
que j'ai su mon vrai rouge,
celui du soir tombant et des nuits de mars où j'avais perdu mes marques
où j'avais enterré les armes, où j'avais tari mes larmes
où j'avais laissé la terre ramener le métal à sa source
et le corps, un autre jour, à sa poussière de latérite et de chair vive
pour boire au souffle d'un grand pavillon où nichait un rouge gorge
un rouge cœur tout emmêlé de rouille et de mystère
d'où coulait un vin noir dans la blessure du ciel


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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 10:03
il tremble
l'enfant de juin
au bord de sa chute
dans le mensonge
de l'été



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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 10:14
quitter en odeur de sainteté
comme on le dit des fleurs mortuaires
le mois des cruautés nouvelles
le mois des vierges pâles et des lunes rousses
le mois des saints glacés dans leur définitive absence
qui égrènent le chapelet des exubérances meurtrières

il y a des mois qu'il faut oublier
des mois d'émoi qu'on jette aux chiens
et que les images figées ne raviveront pas

heureusement il y a juin






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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 12:40
la douleur des nerfs remonte jusqu'aux cimes
des arbres charnus qui explosent en plein ciel
les racines à l'envers sous le rectangle des fenêtres

l'éclosion des possibles se fane malgré nous
et coule à tue, à toit dans les yeux collés de nos attentes

une heure passe et déclame la rouille de ses joues empourprées
le vent se grippe, ses sursauts d'engrenage
chuintent au creux du silence

le jour est là
ouvrant le passage d'un midi bleuté

mais que ferons nous du lendemain
sans pluie de roses
sans l'odeur des nuages
que ferons nous du départ éperdu

que ferons nous de nous ?



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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 22:39

Des yeux noirs de Kara aux yeux noirs de Gaza
combien d'enfants pardonnent le visage en absence
et le regard de l'homme au delà de l'image

combien de temps vivent les enfants sages
à tout petit peu, tout petit feu

combien abandonnés
à la mitraille
combien fixés en trace d'ombre sur la levée d'un seul matin
pilonné de violence complice

ce jour-là
comptaient-ils sur leurs doigts le catalogue des oublis ?

non

ils me regardaient
sans un sourire





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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 15:24

un miracle de vent qui froisse la mémoire
un miracle de sel en fleur sur nos espoirs
un miracle de rien qui se morfond au noir

pas de miracle a dit le soleil blanc des immortelles
pas de mémoire a dit le temps en temps réel
pas de regard salé dissolvant peu à peu nos voix tièdes

juste un entre deux mers, entre deux ports, entre deux chaises
qui laisse, bouche fermée, nos désirs éternels
flotter au lendemain des chemins sans histoire


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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 14:08

je veux t'offrir encore
ma franco-africaine
ligne de partage des eaux
  

où de chaque rive je coule
puis remonte avec le fleuve
et vers la source, et vers la mer.


tout au long de son cours
le fleuve reste le fleuve
jamais la même eau

toujours le même lit
qui annonce la soif
entre ses deux mains jointes


 
la rivière Kpaleo à Kara photographiée par le groupe des jeunes de Kara sud

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 15:39
de l'eau qui dort
des monstres assoupis
de la langue de bois
des évidences données en pâture

mais croyez 
au regard transparent, au vent qui décoiffe, à l'aube qui viendra, à tout ce qui n'est pas encore


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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 12:49

ne pas croire que pratiquer la nostalgie est un exercice auquel souvent je m'adonne

je trace seulement des lignes entre le temps et l'espace, je ne sais d'où je viens, mais je comprends par où je suis passée, qui j'ai vu, qui j'ai aimé, et souvent, ce que j'ai manqué
de cela nous sommes tous faits, et même des gens oubliés, des images fanées, de l'eau des rivières depuis longtemps taries, des mémoires qui sont passées de nos cerveaux à nos chairs, à nos muscles, à notre sang, des émois enfouis qui sont devenus nos os
cela nous tient debout pour nous lever ce matin et avancer encore demain.
que nous le sachions ou pas n'a aucune importance

donc pas de nostalgie : juste le rappel d'un moment qui fut un autre moi
un autre dimanche où j'étais assise sur la terre rouge à midi
comme en cet instant assise dans le froid automnal du vide où je m'installe pour aujourd'hui



Poème de midi - dimanche 20 août 2006

Moh na wissi
Sur la route, à l’aplomb du soleil qui fait bouillir les crânes
Au bout de la route, la cour de l’école. Ce que, chez nous, on appellerait parc : flamboyants, acacias, eucalyptus et kapokiers .
La température extérieure, ni chaude, ni froide
Le corps lié à la souplesse de l’air dans un bain égal à lui-même où dort la racine traîtresse d’un caïman.
Je m’assois.

Trois femmes passent que je ne reconnais pas.
Node – yah. Konkare ni – alafya.
Elles, me saluent par mon prénom..

Les gamins aussi vont par trois.
Fama lide ! - C’est pour acheter l’eau. Le troisième se tait.
Medenva lide - Je ne donne pas l’argent – je dis. Une phrase vite apprise.
Bila petasi. Sourire quand même.
Enchanté.

Une vache bossue fait tourner sa queue autour de sa maigre croupe. Les mouches se moquent.
Debout en haut de l’arbre, coupe-coupe en bataille, un homme lâche à terre des rameaux de feuilles.

Le beau dimanche habité d’oiseaux.
Je ne suis plus en mission mais en voyage.
La pluie me guette. Et je m’en fous !

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 19:24
une seule pensée d'un soir envoyée à un ami dans la peine, d'où qu'il soit.

certains redoutent terriblement de se perdre ?
beaucoup disent qu'ils se sentent perdus, qu'ils doutent , qu'ils ne savent plus ...

c'est le doute qui nous rend mobiles, chercheurs, c'est à dire vivants.
re-douter, c'est en quelque sorte annuler le doute fécond, être sûr de ne pas sortir du trou de pierre où l'on s'enkyste où l'on meurt
sachant que l'on meurt toujours, au bout du compte !

Il y a quelque chose de pire que d'être perdu, c'est de n'aller nulle part.

je ne donne pas de leçons, je pense aux paralysés de l'âme,
et pour eux,  j'ai peur de la douleur d'être si seul dans son propre regard.
la "réflexion" ne peut jamais être gaie qui nous met en face de questions sans réponses, miroir d'angoisse, et combien nécessaire !
mais pour le rire et la gaité il y a  les chemins d'aventure, le corps, des rencontres transparentes vers autre et ailleurs
ce "pessimisme gai" comme il est dit, que mes amis de Kara savaient mettre en mots


Au bout du chemin il y a toujours quelqu’un qui attend

Au bout de la route il y a toujours un mur de larmes que tu franchis avec allégresse, un océan de larmes où tu plonges avec délice, un abîme vaste et salé où tu te perds sans retenue

Il n’y a aucun autre chemin, pas de détours autres que cette souffrance où tu te retrouves étonnée, le ventre vide et la faim par dessus, la peur au balcon avec le refus d’être rassasiée

Ton ventre n’est pas toujours de chair, il bouge dans la tête en animal souple et liquide qui creuse et inonde un monde de galeries secrètes, au milieu de ta raison, de ta certitude, de ton sommeil aigu, au centre de ton temps déchiré qui se croyait immortel, aux artères de ton cœur usé qui se croyait à l’abri des orages, au cerveau de tes forteresses défensives


La bataille est déjà perdue et tu ne sais pas encore qu’elle peut commencer

Pieds nus sur la route, tu marches les yeux fermés et tu ne sais pas qu’il fait déjà nuit

Tes mains vides n’étreignent pas les pendrillons d’étoiles mais la lumière s’acharne avec violence sur tes paumes ouvertes


La guerre est plus douce que le silence

L’âme s’y retrouve pleine, armes brisées

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  • ANISARA
  • : Après la publication de mes livres "lettres d'anisara aux enfants du Togo" et "Villes d'Afrique", ce blog rend compte en chroniques, poèmes, photos, dessins, des rencontres avec les humains et la solidarité, avec la poésie, l'art, les cultures, l'Afrique et les voyages.
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