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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 15:39
de l'eau qui dort
des monstres assoupis
de la langue de bois
des évidences données en pâture

mais croyez 
au regard transparent, au vent qui décoiffe, à l'aube qui viendra, à tout ce qui n'est pas encore


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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 12:49

ne pas croire que pratiquer la nostalgie est un exercice auquel souvent je m'adonne

je trace seulement des lignes entre le temps et l'espace, je ne sais d'où je viens, mais je comprends par où je suis passée, qui j'ai vu, qui j'ai aimé, et souvent, ce que j'ai manqué
de cela nous sommes tous faits, et même des gens oubliés, des images fanées, de l'eau des rivières depuis longtemps taries, des mémoires qui sont passées de nos cerveaux à nos chairs, à nos muscles, à notre sang, des émois enfouis qui sont devenus nos os
cela nous tient debout pour nous lever ce matin et avancer encore demain.
que nous le sachions ou pas n'a aucune importance

donc pas de nostalgie : juste le rappel d'un moment qui fut un autre moi
un autre dimanche où j'étais assise sur la terre rouge à midi
comme en cet instant assise dans le froid automnal du vide où je m'installe pour aujourd'hui



Poème de midi - dimanche 20 août 2006

Moh na wissi
Sur la route, à l’aplomb du soleil qui fait bouillir les crânes
Au bout de la route, la cour de l’école. Ce que, chez nous, on appellerait parc : flamboyants, acacias, eucalyptus et kapokiers .
La température extérieure, ni chaude, ni froide
Le corps lié à la souplesse de l’air dans un bain égal à lui-même où dort la racine traîtresse d’un caïman.
Je m’assois.

Trois femmes passent que je ne reconnais pas.
Node – yah. Konkare ni – alafya.
Elles, me saluent par mon prénom..

Les gamins aussi vont par trois.
Fama lide ! - C’est pour acheter l’eau. Le troisième se tait.
Medenva lide - Je ne donne pas l’argent – je dis. Une phrase vite apprise.
Bila petasi. Sourire quand même.
Enchanté.

Une vache bossue fait tourner sa queue autour de sa maigre croupe. Les mouches se moquent.
Debout en haut de l’arbre, coupe-coupe en bataille, un homme lâche à terre des rameaux de feuilles.

Le beau dimanche habité d’oiseaux.
Je ne suis plus en mission mais en voyage.
La pluie me guette. Et je m’en fous !

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 19:24
une seule pensée d'un soir envoyée à un ami dans la peine, d'où qu'il soit.

certains redoutent terriblement de se perdre ?
beaucoup disent qu'ils se sentent perdus, qu'ils doutent , qu'ils ne savent plus ...

c'est le doute qui nous rend mobiles, chercheurs, c'est à dire vivants.
re-douter, c'est en quelque sorte annuler le doute fécond, être sûr de ne pas sortir du trou de pierre où l'on s'enkyste où l'on meurt
sachant que l'on meurt toujours, au bout du compte !

Il y a quelque chose de pire que d'être perdu, c'est de n'aller nulle part.

je ne donne pas de leçons, je pense aux paralysés de l'âme,
et pour eux,  j'ai peur de la douleur d'être si seul dans son propre regard.
la "réflexion" ne peut jamais être gaie qui nous met en face de questions sans réponses, miroir d'angoisse, et combien nécessaire !
mais pour le rire et la gaité il y a  les chemins d'aventure, le corps, des rencontres transparentes vers autre et ailleurs
ce "pessimisme gai" comme il est dit, que mes amis de Kara savaient mettre en mots


Au bout du chemin il y a toujours quelqu’un qui attend

Au bout de la route il y a toujours un mur de larmes que tu franchis avec allégresse, un océan de larmes où tu plonges avec délice, un abîme vaste et salé où tu te perds sans retenue

Il n’y a aucun autre chemin, pas de détours autres que cette souffrance où tu te retrouves étonnée, le ventre vide et la faim par dessus, la peur au balcon avec le refus d’être rassasiée

Ton ventre n’est pas toujours de chair, il bouge dans la tête en animal souple et liquide qui creuse et inonde un monde de galeries secrètes, au milieu de ta raison, de ta certitude, de ton sommeil aigu, au centre de ton temps déchiré qui se croyait immortel, aux artères de ton cœur usé qui se croyait à l’abri des orages, au cerveau de tes forteresses défensives


La bataille est déjà perdue et tu ne sais pas encore qu’elle peut commencer

Pieds nus sur la route, tu marches les yeux fermés et tu ne sais pas qu’il fait déjà nuit

Tes mains vides n’étreignent pas les pendrillons d’étoiles mais la lumière s’acharne avec violence sur tes paumes ouvertes


La guerre est plus douce que le silence

L’âme s’y retrouve pleine, armes brisées

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Repères

  • : ANISARA
  • ANISARA
  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
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