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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 15:33

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la voie, qui vertement se déshabille

souligne l'imprécision du trait

et ne s'attend à rien

d'un au-delà connu

où, tout au bord du quai

une ville se penche en elle-même

et se rêve ou s'invente en elle-même

en équilibre sur le rail de fer

elle, aimante, moi ne sachant entendre

ce que dit à ma tête d'aiguille

le sanglot d'un marcheur à la jambe clouée

lequel a décliné depuis longtemps

toute espèce d'invitation

à perdre sa boussole

 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 18:27

 

 

je ne parle ni d'utilité commerciale, ni de tourisme à consonance historique, ni d'architecture, ni de rencontres à faire parler.

je veux dire la solitude impérieuse du marcheur rythmée par la seule nécessité des méandres de pieds enlacés aux méandres de pensée.

cette appréhension retenue et féconde d'un arpentage décidé quoiqu'aléatoire.

dans les villes et nulle part ailleurs.

j'aimais ces écrits de Georges Perec qui notifiaient l'urgence patiente de cette découverte en mouvement: celle des hommes, celle des lieux, celle des faits divers, des vitrines, des collages, des cours, des portes cochères, des aplombs de muraille, des allers retours, dont on reste toujours stupéfait lorsqu'on finit par voir la ville d'en haut, cherchant à reconnaître son chemin à ras de bitume. Qu'on ne retrouve pas.

C'est que la ville s'appréhende avec la loupe de l'entomologiste et le pas du montagnard, comme pareillement la ville m'appréhende sans le dire en son centre oscillant et sa rumeur secrète.

jamais secret moins bien gardé, toutefois, jamais regard plus détaché, puisqu'offert à la cantonade, puisque réfracté en des millions de regards, de mots et de cris, de grincements, d'autres pas martelés qui ne sont pas les miens, et qui pourtant...

villes d'odeurs et de bruissements; chacune sa lumière; chacune portant en elle la grâce infaillible d'un mot qui déroule en une seconde toutes les vies qu'elle malaxe dans ses fondations, ses amours, ses violences, ses assises bancales. Uniques et familières. Irremplaçables.

Paris Londres Valparaiso La Paz Lomé Rome Dakar Santiago Kiev Dublin Florence Toulouse Marseille Lisbonne ... où ?

villes où je marche et marche jusqu'au bout

de la complicité

 


Lap.11

 

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peinture 

 

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San.09

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 14:59
 

 

Dans une précédente rubrique sur ce périple ukrainien, je me posais la question (un rien provoc!): où sont les gens ?

Le fait est que j'ai eu parfois un sentiment de vide écrasant sur certains espaces architecturaux qui semblaient ne pas respirer au rythme de la vie quotidienne...

Et puis, je n'aime pas trop photographier les gens sans leur consentement, ce qui devient vite très problématique quand la communication est empêchée par les barrières de langue, ou d'habitudes de vies...

 

album complet

 

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Tout de même... nous étions en voyage pour chanter une oeuvre que j'adore dans deux beaux théâtres (Yalta et sébastopol) , accueillis par des amis musiciens qui ont été précieux dans l'organisation du voyage... sans compter le plaisir partagé avec les choristes  eux mêmes.


Alors, j'ai voulu conclure par un petit regard très subjectif  qui n'a rien d'exhaustif ni de sensationel : "la vie avec les gens en Ukraine telle que je l'ai vécue pendant 10 jours : ce qui m'a étonnée, touchée, frappée"

 

je ne mets pas de commentaires .. chacun en concluera ce qu'il veut et se fera, peut être, son propre voyage dans sa tête :-)


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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 10:54

je garde le meilleur pour la fin !

Bakhtchissaraï, gros village des Tatars de Crimée, magnifiquement mis en valeur.

C'est une histoire tumultueuse que celle de ce peuple ukrainien turcophone, dans le récit de laquelle je ne me lancerai pas ici .

Il faut seulement savoir que Les Tatars constituent une population originaire d'Asie centrale qui vivait en Crimée sous le régime d'un "khanat" . Ils sont de religion musulmane. Ils ont été déportés massivement après la dernière guerre mondiale. Aujourd'hui ils tentent de faire revivre l'originalité de leur culture notamment à travers la visite de l'ancien palais du Khan, et la présentation d'un artisanat original.

 

album Bakhtchissaraï


En allant jusqu'au village troglodyte de Tchoufout Kalé, on découvre la beauté sauvage d'un pays de falaises calcaires et de grottes escarpées.


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chaleur sur la route

le silence naquit des pierres

à Tchoufout Kalé


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le palais du Khan

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 15:00

On l'appelle la petite Jerusalem.

 

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Dans la vieille ville, peut être désertée à cause du samedi (shabbat), les synagogues des juifs Karaïtes voisinent avec les mosquées, non loin d'églises diverses que je n'ai pas toujours su identifier.

Les talons de quelques adolescentes claquent sur des pavés disjoints entre sons de cloches et appels du muezzin, tandis que le printemps s'invite au delà de chaque mur.

C'est joli.

Le temps est doux. Et si paisible.

Mais plus loin encore, sur l'autre bord de Yevpatoria, l'animation prévisible d'un jour chômé ne laisse apparaitre aucune foule, aucun rassemblement.

Où sont les gens ?

 

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Peut être sur le môle, serrés les uns contre les autres au bord de l'eau, entre le béton et la rouille, pêchant ces mulets de la Mer Noire qu'on déguste en friture dans les petits restaus.

Le soir nous ramène à Simferopol dans un train tout aussi vide, tout aussi vaste, entre souvenir de ciel et mer que les nuages perdent en chemin. 

 

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album Yevpatoria

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:02
 

 

 

Il me restait la tristesse et la mélancolie d'une ville ensablée dans un sombre passé, ou que dans tous les cas, je ne savais comprendre.  

Pas d'immédiateté, peut être à cause de l'écriture qui ne dit rien, de l'absolue étrangeté des visages qui ne se sont pas ouverts.

Mais le dernier matin, je sentis tout à coup, balayant le champ du bel azur, le vent de ces couleurs que j'avais occultées. Et la ville me parut, à cet instant, ouvrir un pan de ses secrets qui ne se trouvent pas dans les profondeurs auxquelles elle croit se perdre, mais dans la légèreté printanière d'un coup de pinceau posé sur l'hiver des regards.

J'ai cueilli les couleurs sans poser de questions.

Juste un moment de grâce sur l'impénétrable griffure des mots qui nous échappent.

 

 

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album couleurs de kiev

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 13:46

Deux fois passée à Kiev, entre deux bus, entre deux trains... 

la première fois, visite à la Laure des Catacombes (ensemble monumental d'églises, de couvents, de popes, et tutti quanti). Au retour, visite plus aprofondie du reste de la ville.

Impressionnée par le métro, par la quantité d'églises aux bulbes dorés (pas vraiment détruites par le communisme, donc  ? .. on me dit que certaines ont été récemment reconstruites. Bon !) et par la grandeur austère des batiments et des avenues.

Kiev est bâtie en profondeur.

A cause des rigueurs de l'hiver et pour éviter les accidents malgré la faible circulation automobile, chaque avenue se traverse de façon souterraine. On monte et on descend beaucoup d'escaliers !! Ces passages sont animés et remplis des commerces les plus divers, plus accessibles sans doute durant les saisons froides.

album Kiev

 

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Kiev, érigée par dessous, surgissant de la tourbe.

Flèche jaillie des catacombes, statues, coupoles,

underground assailli de bougies et de spectres que les talons aiguilles des petites fiancées étoilent en cadence.

Je cherchais la grande porte des tableaux de Moussorsky.

Sous quelle arche de béton soviétique ? sous quel charroi de fleuve métallisé ?

J'en suis sortie par la petite porte du compartiment, et du "koun koun" des essieux.

je suis sortie vers le mot fin du sommeil qui chantait la ferveur et le chaos

 


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impression , parfois , de ville désertée, sous le poids d'on ne sait quoi ?

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 21:12

lundi en Crimée (premier jour - le 22 avril)

 

Brassage de lambeaux reconnus, acérés, moulus, puis agglomérés, depuis ... on ne sait pas.

Le curieux patchwork fait émerger tout ensembles un cyprès florentin, une montagne ibérique, un puits de mine polonais, ou une esquisse de banlieue marseillaise.

Tout est là. Pourtant ce n'est pas la Méditerranée, pas le sud, pas le nord, pas la ville. 

Et le temps suspendu que l'oeil accorde aux mots indéchiffrables ne fait que ralentir la captation du sens en révélant l'artifice des coutures.

Les siècles, les peuples, les dieux ont tous laissé leur tribut au passage, mais la monnaie n'achète rien que le regret de ce qu'elle pourrait offrir, ailleurs, ou dans un autre temps, si les pièces du puzzle pouvaient s'arrimer les unes aux autres sans bizarerie, sans questionnement inutile, sans déchéance.

Chaud / froid qui ne dit pas le tiède, ni le bouillonnement, ni tout autre impossible regard qui fait fuir le présent, vers le haut, vers la mer, vers la couleur qu'il sollicite et persiste à chercher, quoiqu'il en soit. Quoiqu'il en coûte à ce monde qu'il faut réinventer.

 

Heureusement, il y avait les chants à venir.


Et la maison d'Anton Tchekov à Yalta fut un hâvre de silence heureux.

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le théâtre grec de Sébastopol

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et une plage à Yalta... où je ne me suis pas baignée !

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Album "Crimée - Yalta Sebastopol"

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 09:50

avril / mai 2013 .

Voyage au long cours par voie terrestre de Bretagne à Paris, puis de Paris à Kiev en Ukraine et enfin de Kiev à Simferopol en Crimée, pour aller chanter le Canto general à Yalta et Sebastopol.

Train, bus , train bus ... en tout pas loin de 80 heures à rester pliée dans des conditions plus ou mons confortables, mais en jouissant de ce nulle part vers quoi l'on tarde à arriver.

Le meilleur du voyage ( à recommander) le train ukrainien en 2è ou 3è classe, entre Kiev et Simferopol (et retour): vieillot mais confortable et dépaysant.

 

suivent quelques mots jetés au cours des passages

 

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"L'action se passe en Pologne, c'est à dire nulle part" Alfred Jarry.

Plate plaine, et grise, où se déploient les souvenirs de centaines de père UBU, de guerriers massacrés à travers les âges. Accompagnés de la musique sirupeuse d'un film Z en russe sous titré ukrainien, ou l'inverse, comme dans tous les transports internationaux, comme dans le monde entier.

Souplesse du corps qui cherche à se caler sans trop de peine, et indigence de l'esprit fatigué, du no man's land épais, qui est aussi le vrai plaisir de la traversée.

l'Allemagne passée de nuit, tout juste empruntée, et ce matin, des lacs sans mouvement piqués de roseaux, un bref moment entrevus, puis dépassés, et déjà oubliés.

Hier le car a fléché sa route de Paris à Strasbourg. Arrêt bucolique sur un canal (de la Marne au Rhin ? ). Arc en ciel déchirant les nuages de Metz au dessus des maisons bourgeoises tournicotées de tourelles et de corniches. Soleil jaune, puis plus rien. Arrêts pipi. Thé - thermos. Stations service. Flashes de nuit. Sommeil coincé. Et déjà la moitié du trajet, du non temps, du non espace..

Apprendre en vitesse l'alphabet cyrillique. Fredonner le concert tout proche. Avancer la montre d'une heure. Tuer le temps. Un peu, mais pas autant que la dizaine de voitures encastrées et la déferlante de pompiers sur un autoroute... hier... déjà très loin, dans une ville dont on ne connaitra jamais le nom.

 

Dans le train, enfin, on allonge ses jambes.

Compartiment couchette, nervosité sourde des aiguillages, balancement.

Ne pas tout de suite abandonner la douceur interieure du moment rassemblé vers la fin du trajet, et la mémoire qui déjà s'efface et se mélange. Quelques images brouillées l'attestent encore malgré la lenteur d'un pays deux fois strié de nuit dont on ne saura rien. Autre lenteur de la jambe qui ne sait se poser simplement et cherche toujours le pli de l'espace minimal. Qui se souvient des escaliers gravis sous les coupoles d'or pur, indécent, façonné d'étranges et répétés vacillements de piété, d'encens et de rumeurs. Kiev à peine effleurée dont l'image sombre dans le rêve sans fin. 

 

album "train-bus/traversée"

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 17:56

se départir de quelque sorte, dont il ne reste rien et pas moi, mais pas moi

virer de bord, tourner le dos, attendre que revienne le goût du plus loin que j'imagine, ce grand départ aux saveurs de coco, qui va vers il ne sait pas où

 

les habits, les orages, les manches toutes retournées et quelquefois l'on sait,

et quelquefois pas, où l'on voudrait aller

mais au milieu du fleuve,

Michel Serres dans le "tiers instruit" parle de ce moment où l'aller est moins grand à exécuter que le retour

alors ...

on exécute, à petits feux, on installe, on y flotte, mais à peine installé, voici la fin du droit à ne rien faire

alors partir plus loin, partir plus nu, partir sans se retourner, ni les habits, ni les semelles,

 

je ne vais pas où quoique ce soit m'attend, je me tire, je dégage la voix encombrée des matins trop petits et des soirs sans issue

 

beaucoup de mots et peu de temps

 

juste le temps de ne rien faire, comme je voulais

et de dire merde à ceux qui restent

 

pour leur porter bonheur

ou pour ne rien dire d'autre

quand le malheur les tient fermés sous leurs cheveux qui se désolent

de rester sur leur tête, et de ne plus voler

 

venez à moi cheveux, et tête et tout le reste, la place est chaude

le temps est vide, moi je ne me retournerai pas,

croyez moi

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:12

 

Il y a très précisément une année, j'étais à Cuzco, au Pérou. 

Submergée par le déferlement de jaune du dieu soleil, de jaune d'or inca sur la ville, les éclats des pétards et des fusées illuminant les terrasses et les montagnes.

Il faisait frais à cette altitude, pourtant ce n'était pas l'hiver. De quelle saison nous vient tant de beauté ?

Dans mon hiver d'ici, avec chaleur de poële et tendresse étoilée, je cherche après le froid des Andes, après le souffle court, une autre invitation aux voyages qui tardent à venir

Parce que le temps est court lui aussi, de mon souffle un peu rassis qui oublie son vertige

 

Que reste-t-il de nos voyages après retour ?

Les images perdues, ou volées, les objets rares, les odeurs furtives, la tièdeur de l'eau sur le Salar, la musique des langues, la couleur des marchés, les îles du Lac, les nuages ... 

Et toujours, le sentiment d'avoir été, toute autre, tout autrement, le besoin de rentrer pour mettre ses chaussures en ordre, et le désir qui tient la route à chaque aube nouvelle

Mon père était ce voyageur qui ouvrit le chemin, ou la fuite, qui fit bien d'emporter au loin ses démons invaincus, qui m'a laissé le meilleur pour la faim.

De ses éloignements, je me suis souvenue il y a peu qu'il m'envoyait des poupées à collectionner, objets témoins d'un échange inégal. Marionnettes de plastiques et de chiffons, apprêtées, figées dans la pose rigide d'une fête sans joie. Je suivais un trajet improbable semé de cailloux à figures humaines n'exprimant rien d'autre que l'artifice, le costume empesé d'un éternel dimanche où il perdait nos vies. Les objets ne parlent pas d'ailleurs, seulement d'un présent délavé que l'absence javellise

A 15 ans, j'ai tout bazardé. Pour qu'une autre vie me montre un autre chemin.

J'ai attendu longtemps. Pour sortir de ce trou, de cette tanière de monde resserré où je forgeais mes doutes.

Car s'il n'est une épreuve, le voyage n'est rien d'autre qu'un commerce vil.

 

Que reste-t-il alors ?

Les cicatrices, les blessures, les avènements, les douleurs que le désir promet et que la beauté ravive ?

Oui. Mais je veux dire maintenant, sans en faire une philosophie, ni un précepte, ni une morale, qu'il reste au bout du compte un peu de fausse monnaie pour nos objets perdus contre l'immatérielle  irruption de ce qui se nomme "empathie".

Si vous ne connaissez ni la langue, ni l'habitude, si vous ne convoitez ni la richesse, ni la compréhension, ni l'arrogance, si vous êtes déshabillés, allégés, réceptifs, il n'est pas impossible que vous ressentiez, sans rien en savoir, le moment du regard qui ne préjuge de rien, et surtout pas de lui même, le moment où l'être se retrouve sans autre vérité que celle d'un Autre dans son miroir.

Pourquoi me fallait il aller si loin pour ressentir cela ?

Et si c'était seulement le privilège, la force, le besoin de se savoir l'étranger, le barbare ?

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 01:39

le temps qu'il faut pour faire un sac,
il est déjà temps de partir,
temps d'avenir où je ne serai pas
car là mon sac sera posé, bousculé d'habitudes contraires
ce jour d'après, mon poids de quoi ?
 
sans doute
il se dira quelque part
qu'il n'est pas d'hier ni de demain
mais seulement le facile aujourd'hui de la pensée dormante

j'empile et je défais dans le même temps
une charge de voyageuse arrêtée, repartie
qui se remet en marche en laissant derrière elle
l'excès de ses trop-pleins
et la substance fortuite d'une vague suspendue

 


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Repères

  • : ANISARA
  • ANISARA
  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
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