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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 14:16

D'abord fermer les yeux

Laisser l'ombre trembler au bord des cils

Apprivoiser le ballet des phosphènes

Attendre...

On dit que la nuit engendre des monstres blancs

Mais derrière les paupières

Se déploient seulement l'exercice du vide

Et la poussière d'un rêve éteint

"intérieur nuit" - eau forte sur zinc et aquatinte

"intérieur nuit" - eau forte sur zinc et aquatinte

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 16:35

sept âges de vie

sept petites toiles carrées (20x20cm)

sept temps de réflexion !

émergence - encore n'y a-t-il que l'idée du possible

émergence - encore n'y a-t-il que l'idée du possible

promesses - en attente des moments infinis

promesses - en attente des moments infinis

la chair s'éveille - un pied toujours dehors - et tangue

la chair s'éveille - un pied toujours dehors - et tangue

briser - le cadre qui ennivre l'espérance

briser - le cadre qui ennivre l'espérance

vers la création - à fonds perdus - sans l'horizon

vers la création - à fonds perdus - sans l'horizon

failles et brèches - derrière la vitrine - des falaises

failles et brèches - derrière la vitrine - des falaises

au soir aveugle - l'intérieur du vide - retourne sur lui-même

au soir aveugle - l'intérieur du vide - retourne sur lui-même

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 12:50

Les murs se chiffrent en lettres pâles, et le passé, et le passé

reprend son droit de préemption sur les fils asservis

et le plâtre et le plâtre

s'écueille aux visages fendus

que les mots ont dressés en briques de silence.

Ceux qui vivent encore là

remontent peu à peu du fond des caves

où gisent leurs désirs en rubans de phrases mortes...

crissement bavard, bavant,

et puis c'est tout

 

les murs - septembre 2019

les murs - septembre 2019

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 09:21

Jeudi 3 octobre. Un très grand vieux monsieur (est-il plus vieux que moi après tout) fait une fois, puis deux le tour de l'expo, puis reprend les places une à une en lisant avec une attention soutenue tous les textes qui accompagnent les œuvres présentées. Il a fini. Il s'approche avec une sorte d'hésitation.

J'ai été très intéressé, surtout par les textes, me dit-il. Je réponds : merci, attendant la suite qui vient après mûre réflexion. C'est très fort, reprend-il, j'ai rencontré une émotion puissante à chaque nouveau poème. Dès le début on est happé par le sujet et la façon de l'aborder... Vous terminez souvent par une mise à distance un peu étrange, une sorte de pirouette, une forme de légèreté qui désamorce la bombe prête à exploser... Je laisse passer quelques points de suspension qui tombent soyeusement dans le silence. Puis : vous avez vu tout ça ???

Je suis stupéfaite, personne ne m'a jamais dit cela avec une telle justesse, une telle acuité. Je m'arrête de parler. En quelques minutes le timide visiteur a lu en moi sans façon, révélant avec clarté ce que j'ai peine à m'avouer. Vous écrivez vous aussi ? Je tente une approche pour détourner la conversation de ma grande confusion. Il répond : il n'est pas nécessaire d'écrire pour ressentir les mots. Il a raison, c'est sûr. Encore un temps de silence. Je réfléchis. Puisque vous êtes si clairvoyant, permettez moi  de vous proposer une amorce de réponse. Cette mise à distance des grandes colères, des indignations, des douleurs est la seule chose qui permette d'agir, enfin. Être submergé par la violence des ressentis paralyse. Je m'en défends de façon constante. Et raisonnée.

Ou alors, ajoute-t-il doucement, les émotions fortes bouchent la sortie et ne permettent pas d'exprimer ce qui est à l'intérieur. Il semble qu'il y ait dans cet homme beaucoup de mots qui n'ont pas trouvé la sortie de secours. Je me trompe peut être, et me contente d'un  banal oui, certainement. Puis je reprends. En tout cas, la distanciation est certainement la condition sine qua non de la création à propos de tout ce qui suscite tristesse, révolte et désespoir. L'insupportable devient art parce qu'il refuse de devenir haine, parce qu'il garde la force, et la vie, intactes. Nous sommes d'accord. Je n'ose plus rien dire, juste encore, merci beaucoup.

Au fait. La conversation ne s'est pas sans doute pas déroulée avec ces mots exacts, mais la vérité de l'échange fut aussi claire pour moi que ma colère est souvent noire !

 

Et donc ... quelques mots pour présenter ma démarche sur des chemins tortueux ... et "protéiformes" comme disait avec humour  un autre visiteur de l'expo !

vie d'artiste etc...
vie d'artiste etc...

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 13:26

l'ombre engendre les plis de matières endurcies

la surface n'oublie pas de rappeler l'acidité du vent,

pierre ou métal en éclats

un air de ressemblance tordue de précipices

revient au miroir même

eau-forte sur cuivre et aquatinte

eau-forte sur cuivre et aquatinte

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8 septembre 2019 7 08 /09 /septembre /2019 16:00

J'ai réalisé ces tableaux  en atelier sous la conduite oulipienne du peintre Pierre Desvaux en juillet dernier à Aubazines - Corrèze (stage basé sur la notion de palindrome : mot ou phrase qui peut se lire aussi bien de droite à gauche que l'inverse. Ex : radar, kayak, "un art luxueux ultra nu"... etc.)

Pour mémoire, l'Oulipo (OUvroir de LIttérature POtentielle) est un mouvement artistique créé en 1960 , auquel ont appartenu, entre autres, Raymond Queneau, Georges Perec,  ou Italo Calvino. Les jeux littéraires sont basés sur la notion de consigne, ou de contrainte, au travers desquelles l'imagination est appelée à se développer sur une multitude de lignes directrices quasi mathématiques qui n'excluent pas la fantaisie débridée : en effet, tout en suivant la même consigne, chacun y enserre sa personnalité et son esprit créatif, ce qui produit des résultats sans apparences communes.

Mon imaginaire n'est pas, sur ce projet, tout à fait au beau fixe dans un monde dont l'image s'assombrit, mais le but de l'art, quel qu'en soit le résultat, n'est-il pas de faire de "tout", un objet de création. C'est peut être une façon de le rendre meilleur qu'il n'est ; le monde, je veux dire.

aux confins de la peur

l'acier nappe d'un cri 

l'engrenage métallique des eaux

et l'ombre des guerriers

Travaux

sous la terre mécanique

quelle femme en douleurs

brave le vent orange

et les soleils morts nés

Travaux

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 10:21

Le désir d'Art explore tout d'abord la découverte, l'expérience, le cheminement. Il n'a pas pas la rigueur mathématique de la recherche en sciences dures. mais il soumet la création à un chemin, à des chemins, puis un réseau, puis une étendue ou une construction charpentée. A chaque moment on peut jouer, de la couleur ou du geste, de la matière ou de la tonalité. Et chaque fois qu'on choisit, on élimine ce qui aurait pu être, mais on n'efface pas ce qui a été.

On s'aventure en suivant une idée qui, pourtant, ne va parfois nulle part. C'est ce "nulle part", pour certains, pour moi, qui fascine.

Ainsi va la Création : Il faut pouvoir imaginer tous les possibles en partant d'un seul objet, ou d'un seul mot. Ce que font les artistes qui travaillent beaucoup en explorant sans relâche chaque variation du thème. Ce qu'on appelle la griffe, souvent reconnaissable, ou les "périodes" stylistiques. Littérature, cinéma, arts plastiques ou musique, nous amènent dans cet approfondissement des grands artistes qui font une œuvre.

D'autres ne poursuivent pas, cherchent toujours un nouveau point de départ, expérimentent la diversité sans exploiter le réseau infini des variantes. Nouveau matériau, technique, thème, rien ne semble suivre un vrai dessein. Une sorte de "survol", négligent peut être ? ou paresseux ?

Moi je dis expérimenter, je dis "avis de recherche" comme on dirait "à vie", qui prend toujours des détours inattendus. Sans doute par incapacité d'aboutir, ou de répéter, mais non sans travail et sans fantaisie. Parce que c'est précisément aussi un choix de vie, des vies qu'on tente les unes après les autres sans que jamais aucune ne veuille ressembler à la précédente. Cette constante insouciante de la pérennité devient pourtant au bout du compte comme une habitude, voire une addiction. Et peut être, à son corps défendant, un sorte de style désordonné et sans limites. "... Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau" disait déjà Charles Baudelaire

Les uns creusent, les autres effleurent et piquent le miel de fleurs en fleurs. Il y a l'Art d'aller au fond, et l'Art de butiner. On ne le fait pas exprès. C'est ce qu'on est, c'est ce qu'on aime. Essayer toujours, et ne vouloir refaire.

tarlatane colorée, et collée, visages. Une "expérience"... qui va on ne sait où

tarlatane colorée, et collée, visages. Une "expérience"... qui va on ne sait où

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 10:59

avril est la saison des cerisiers en fleurs au Japon que l'on va voir en cérémonie...

peut être un jour, moi aussi ?

En attendant, quelques gravures qui font écho à ces printemps lointains

 

sur l'écorce noire

le printemps a célébré

la neige en avril

 

ils ne disent rien

d'avril et de ses couleurs

les blancs cerisiers

 

 

eau forte sur zinc et aquatinte

eau forte sur zinc et aquatinte

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 15:08

ce moment fragile ne dit pas s'il se joue en images sur - exposées d'avoir été trop retournées

il ne dit rien de soi, sinon un "nous" qui se voudrait chantant, parlant , jouant, ou ...?

il invite, s'il se peut, à quelques découpages dans le temps de l'hiver

aujourd'hui c'est soleil, demain, les yeux seront lavés

mais quelque chose attend qu'on ne veut ignorer

♦ exposition

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:54

géant disparu il y a 30 ans qui mérite toutes les majuscules

moment sublime que celui où l'on peut recevoir les facettes du génie qui se glisse dans tous les champs de l'art, plastique, de l'imprimerie, de la matière et de l'infini poésie où baigne cette oeuvre simple et dérangeante.

l'une en proportion de l'autre.

émotion qui revient à la figure comme une gifle salutaire devant ces portraits de femme et d'oiseaux si intimement mélangés.

verbe d'une couleur sans détours qui met la main sur l'essentiel, qui s'en barbouille, s'en joue et nous la jette avec un rire d'enfance retrouvée

le monde est chaque seconde réinventé, mais nous le reconnaissons bien, dans ses tortures, ses éclats, ses ironies douloureuses et ses pieds de nez qui démontent au final toute la belle mécanique du sens commun

 

merci Monsieur Miro d'avoir été l'architecte de cette civilisation puissante qu'était votre esprit chercheur et multiforme, qui disait pourtant bien plus encore que lui même, qui nous avait deviné bien avant que nous fussions ses objets, ses amis, ses admirateurs, ses frères d'art et d'armes singulières 

 

20130826 132333

 

20130826 131051

 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 15:52

à mon corps qui n'en fit qu'à sa tête...

à ma tête qui ne fit pas qu'un corps...

à nos corps, à nos têtes, et à ce qui les réunit, parfois, de loin en loin ...

 

dominique

 

travail exécuté au cours d'un atelier (avec le peintre concarnois Michel Costiou) dont le thème était "mon corps n'en fait qu'à sa tête" ( acrylique sur toile et collages divers)

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 14:03

 

pour un ami poète, Gil Refloch, un véritable connaisseur et amoureux des surréalistes, qui vient de mourir à Brest, cette épitaphe, que j'avais écrite pour lui, il y a vingt ans peut être, lors de nos exercices "Quimper-et-poétique" à la manière de ... Philippe Soupault (qui écrivit donc, dans un recueil, des épitaphes fictives pour tous ses amis surréalistes de l'époque)

 

et pour Olivier, un de ses bons copains (et un des miens) qui vit un triste temps !

 

 

Ci-Gil

Floc et re-floc

et ploc et ploc et ploc

quand la pluie s'est arrêtée,

tu es mort

maintenant on ne sait plus très bien, ni le haut, ni

le bas, ni le profond, ni le vénéneux, ni l'opulent

Plus d'excès aucun

Excepté le trop tard

qui ploque et reploque

dans les flaques brillantes

d'absence illimitée.  

 

orion3

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  • : Après la publication de mes livres "lettres d'anisara aux enfants du Togo" et "Villes d'Afrique", ce blog rend compte en chroniques, poèmes, photos, dessins, des rencontres avec les humains et la solidarité, avec la poésie, l'art, les cultures, l'Afrique et les voyages.
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