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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 13:45

Si vous aimez : la littérature épistolaire, l'Afrique, la solidarité , le dialogue interculturel, voici un cadeau de Noël sympa à offrir ou à vous faire offrir.

Disponible chez l'auteur (moi même:-) : envoyez moi votre email par message confidentiel sur facebook ou poster un commentaire sur le blog afin de régler les modalités de l'envoi (port gratis, paquet cadeau, livre dédicacé à qui vous voulez contre un chèque de 18€ à mon nom !!)...

... pour en savoir plus, vous pouvez consultez les articles de presse qui avaient accompagné le bouquin au moment de sa parution, et les premiers textes de ce blog

 

couverture.jpg

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 23:33


S6000847

là, demain, jamais
les mots tombent en désaccord
du temps pointillé



je me permets de publier "en live" ce commentaire qui pose, en outre une question judicieuse, notamment parce que dans cette version gratuite d'over-blog les commentaires n'apparaissent pas directement

voici donc la question de Michel

Je suis sensible à cette écriture, à son rythme, ses hésitations et ses affirmations.

Je reviendrai lire d'autres textes avec grand plaisir :)

J'aurais aimé qu'il soit possible de s'inscrire à la newsletter mais je ne trouve pas le module, peut-être je cherche mal...



... et ma réponse

merci de ce commentaire, et de cette appréciation amicale
il n'y a pas à proprement parler de newsletter, j'ai inclus un symbole de "flux RSS" en tête du blog, je crois que ça revient au même : on peut ainsi recevoir un avis quand un nouvel article parait.
à bientôt



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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 16:58
j'ai reçu en étrennes
des mots d'amis
des mots en poésie
que j'ai envie de faire suivre ...


kamal partage fernando pesoa

"Béni soit le même soleil d'autres contrées
qui me rend frère de tous les hommes,
puisque tous les hommes, un moment dans la journée, le regardent comme moi,
et en ce moment pur,
tout de sérénité et de tendresse,
ils retournent dans l'affliction
et avec un soupir à peine sensible
à l'Homme véritable et primitif
qui voyait naître le Soleil et ne l'adorait pas encore.
Parce que cela est naturel - plus naturel
qu'adorer l'or et Dieu
et l'art et la morale..."


aude partage jean malrieux


Levee en masse

ne serait-ce qu'une fois
si tu parles de liberté
tes lèvres pour l'avoir connue
en ont gardé le goût du sel

les hommes meurent sans connaître la joie
les pierres au gré des routes
attendent la lévitation

si le bonheur n'est pas au monde
nous partirons à sa rencontre
nous avons pour l'apprivoiser
le merveilleux manteau de l'incendie

si ta vie s'endort
risque la


christian partage fabrice melquiot, (Wanted Petula)


"Moi, je ne veux pas être comme les autres. Moi, je veux croire plus que les autres. Je veux pardonner plus que les autres.
Rire, chanter, courir plus que les autres.
Je dis pas que je veux être meilleur que les autres, je m'en fiche.
Je veux être meilleur que moi-même. Je veux être super vivant."



moi, je partage la sonate pour violon KV377 de Mozart
et le dernier titre de salif keita
"la différence"


et vous ?




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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:23
j'ai eu le plaisir de recevoir un commentaire d'une jeune étudiante "berbère de l'autre rive", comme elle se nomme elle-même, accompagné de quelques poèmes ... comme une réponse à l'appel en écho de tous les espaces de nos différences... qui se ressemblent aussi plus qu'on ne croit !

merci à elle !



voici trois textes de "saïfi"


Depuis deux mille ans
L’herbe nous cache
Dans l'impasse
De l'histoire

L’arbre de notre sang
S’est desséché
Et lorsque nous enfantons,
Nos ancêtres ne nous parlent plus.

Nous n'avons plus de nom



Ce sable qui a glissé sous notre peau,
Le sang des dieux, l'amour !
Traces laissées au milieu de la solitude.

Le corps qui ne connaît pas
Le vent tiède de la voix,
La prière du silence.

La nuit



Jours d'enfance,
Une heure durait longtemps.
La nuit était vie infinie,
Les nuages,
Terribles cavaliers de l'océan.

Tout était grandeur!

Notre âme, c'était l'herbe.
Et les arbres nous disaient
Toujours vous serez notre terre!

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 13:44
retour de mon ami Abdulkarim de Lomé et Cotonou, qui m'a donné à partager les voyages et les découvertes de son pays


chère « ANISARA », merci pour ta lettre, une lettre pour cette race, une lettre pour ce peuple, une lettre pour cette communauté, une lettre pour nous tous enfants du TOGO.

j’écris cette lettre en réponse à ta lettre à mes frères, à moi et a tous ceux épris de LIBERTE, D’AMOUR et de JUSTICE.

j’écris ceci parce que toi et nous aujourd’hui nous sommes « UN ».


et j’écris ceci parce que je voudrais te dire que demain loin de toi, ce peuple vivra fort de tes écrits, de tes pensées, de ton rêve, de tes larmes et de ton silence ; car tu nous auras enseigné d'un autre que toi que la dignité d’un homme vit à travers des écrits.


un jour je te conjure que tous ici nous deviendront des « ANISARA », pas ceux de ces lointains d’illusions, ni de ces nations hivernale mais ceux de ces montagnes, de ces vallées, de ces plaines chaudes et de ces rives qu’un jour tu es venue ici explorer.


rassure toi : demain nous serons tous heureux de vivre surce terroir, cette culture à nous qui est cette acceptation de l’autre sans distinction et celui de ton enseignement qui est l’acceptation de soi, parce qu’il y va de notre dignité.

pour nous le rêve : non le paradis ou l’eldorado mais le quotidien de mes frères et de moi ; de ces jeunes gamins de Defale jusqu’aux massifs, qui nous fait penser tout le temps à ce monde, à cet autre coté qui n’est pas à nous et qui ne nous acceptera sans doute jamais; mais nous, avons l’espoir.


Le monde comme il va.


un jour mon jeune frère WASSIOU t’a écrit : "comme les cinq doigts de la main, on ne sera jamais égaux», ces peuples comme ces nations ; mais nous voudrions aussi vivre le dessous.

demain est proche !

merci pour tout, pour cette lettre pleines de mots, de mots qui réconfortent, de mots qui choquent, de mots qui pleurent et de mots qui dansent.

sache que chaque jour beaucoup de mes frères voudrons te lire car c'est aussi une première de ce genre dans l’histoire littéraire de notre pays.

merci aussi à tous ceux qui ont participé à l’aboutissement de ce livre riche en mots et réalité sociale.

merci à toi dominique. infiniment !

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:06
poursuite du débat engagé avec quelques lecteurs à propos du "carnet" de voyages.

il y aurait, comme dans la peinture, et pour aller vite, deux visions du monde qui se complèteraient, selon les outils utilisés pour rendre compte du réel
une vision immobile et "à plat" qui donne l'illusion du relief grâce à l'habileté du peintre
une vision cubiste qui amène directement sur la toile les différentes facettes de l'objet livré à des points de vue mobiles

de la même façon, le carnet de voyages pourrait tout d'abord noter une réalité du détail, des personnages, des évènements, décrire ce que perçoit le voyageur d'insolite ou de très ordinaire, mettre le lecteur en contact avec la "vraie vie des gens", celle qui nous ressemble ou nous différencie : travail respectueux de l'infinie diversité, ou de l'infime élevé au rang d'universel
je comprends ce parti pris mais il ne fait pas partie de ce que je sais, aime, peut, faire ?

ou alors

le récit peut  privilégier le mouvement des questions, des doutes, des allers retours entre le toi et le moi
ce mouvement constant empêche la vision de se fixer, le regard ne peut s'utiliser ni comme miroir, ni comme photographie, peut être néglige-t-il le détail important qui aiderait à comprendre l'ensemble - nulle vision n'est parfaite-, son image cubiste donc, tente seulement de se faire l'écho de cent regards diffractés à cent moments du temps qui lui même n'est pas linéaire, chronologique, établi
entre l'histoire de toi et l'histoire de moi, la distance varie sans cesse
rencontre soumise à l'épreuve

forme pluridimensionnelle d'un objet entre tous, lecteur, auteur, étranger, qui est le récit lui même

là que je me retrouve ?

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 00:13

reçu une lettre d'une jeune amie rencontrée au Togo en 2002 et qui a fait depuis, son chemin personnel mais non solitaire, avec nos amis de Kara
ce n'est pas un commentaire sur le livre mais une nourriture sur l'échange engagé à partir de ce texte

Je suis allée au Togo pour la première fois à 19 ans…

Savais-je vraiment pourquoi ? Qu’allais-je y chercher ? Simplement peut-être une soif de découverte, de différence, une envie de rencontrer ces Hommes du bout du monde. J’y ai rencontré des enfants, des femmes, des vieillards, mais surtout des  jeunes.

Ma jeunesse a été confrontée à la leur. Mêmes idéaux, même envie de vivre et de changer les choses. Ma jeunesse est également tombée à plat.

Notre jeunesse française,  européenne, occidentale, buvait  le samedi soir, buvait le matin avant d’aller en cours pour oublier le poids d’une société, d’un système scolaire formaté. Leur jeunesse luttait pour aller à l’école et le soir racontait des contes sous les étoiles.

Ma jeunesse fumait et s’oubliait dans les volutes des pétards, sans rien attendre, pensant couper les ponts avec une génération de parents travailleurs, moralisateurs et inquiets. Leur jeunesse, sans rien attendre, était déjà adulte, consciente, prenant en main les plus petits et se dirigeant avec dignité vers un avenir incertain.

Ma jeunesse ne rêvait plus que de choses raisonnables, avoir un bon métier, un travail qui nous plaisait, échapper un peu au système capitaliste occidental. Leur jeunesse rêvait de liberté, de voyages,  de devenir président, joueur de foot ou chanteur.

Ma jeunesse ignorait tout de leur manière de vivre et imaginait l’Afrique comme un continent inconnu où les gens en boubou marchaient pieds nus sur le sable. Leur jeunesse connaissait tout de nous, notre président, notre tour Eiffel, nos séries télé, notre système économique, notre géographie, notre camembert et notre vin, Victor Hugo et Prévert.

Ma jeunesse ne cherchait rien qu’à voyager, à voir le monde, mais elle est restée accrochée là sans vraiment avoir envie de continuer ce voyage   « humanitaire et touristique » qui nous donnerait des choses à raconter au retour.

Ma jeunesse s’est amarrée à leur jeunesse. Mes voyages n’ont plus rien à raconter que le partage, l’échange, l’amitié, de longues heures à attendre sous un manguier, à marcher sur la terre rouge, à parler de la vie, de longues journées à attendre nos retrouvailles.

Aude

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publié par aude larmet - d.dieterlé - dans en retour
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 11:21

j'ai parlé une fois déjà en employant ce terme contradictoire qui recense pourtant une infinité de moments où la vie s'acharne à nous faire saisir la démesure de nos envies face à la stérilité de nos réalisations, mais avec, dans le même temps, la capacité d'en rire parce que la vie qui coule dans nos veines est aussi la source de nos plaisirs !

exarcerbé par l'argile rouge du sang originel, ce désespoir est aussi violent que le rire est vaste sur la terre, là bas ...
on se prend au même jeu, on lâche ses chevaux de raison mesurée et l'on se bâtit un rêve à la taille de nos démesures, et l'on chûte, aussi souvent, parce que la terre est comme partout, aussi souvent muette que le ciel !

une de mes lectrices qui a connu mon parcours de comédienne me parle "d'enchantement pourrissant", terme qui évoque un spectacle que j'ai joué il y a une quinzaine d'années à partir du texte d'Apollinaire : "L'Enchanteur Pourrissant" , c'est à dire l'histoire poétique de l'enchanteur Merlin pris au piège de la fée Viviane dans la forêt de Brocéliande
le rapport entre cet imaginaire celtique, sylvestre et liquide n'est pas si loin de ce pessimisme brûlant, corrompu et légendaire de la terre africaine

peut être parce que les celtes, eux non plus ne privilégiaient pas l'écriture, peut être parce qu'ils croyaient aux mythes, et à une force d'esprit qui s'oppose à l'ordre matérialiste, constructeur de notre monde d'occident "romanisé", peut être parce qu'ils aimaient l'image de ce que nous appelons aisément "désordre" et qui est seulement "un ordre autre" dans l'organisation mentale des idées et des sociétés.
Ce qui définit au fond la culture, dans l'expression de toutes ses différences  

voici quelques phrases de la lettre écrite par mon amie Chantal


".../ Quel imaginaire poétique et lyrique qui nourrit un langage imagé, parfumé, palpable et sonore dans une avalanche de métaphores.
En même temps la vision réaliste, dure, non complaisante d'une société des hommes violente et corrompue nous saisit et contribue à dégager une sorte de spleen, d'enchantement pourrissant.

Humaine, sincère et prudente tu laisses un espoir aveugle à ces jeunes africains, pour ne pas dire peu d'espoir.

Personnellement je pense qu'ils implorent l'aide financière et technologique des pays dits développés et que notre amour ne serait qu'un plus, la cerise sur le gâteau.
Il serait bien de les mettre en garde contre toutes les convoitises actuelles et d'insister sur le fait que l'éducation sera le meilleur secours en toute circonstance...

J'ai aimé ce livre, réellement différent, chargé de cette forte émotion libératrice qui s'appelle catharsis."

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publié par d.dieterlé - dans en retour
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 12:43
pourquoi ce pays ?

je l'ai découvert pourtant au hasard, en 2001, lors d'une improbable "mission" de soutien scolaire alors que je cherchais une asso qui voudrait bien accepter une quinquagénaire partant à la rencontre d'un autre monde !

alors, pourquoi aimer ce pays, ses habitants, sa douceur verdoyante, ses taxis brinquebalants, son inaltérable sourire, malgré la misère dignement affichée ? 
pour toutes ces raisons précisément
des raisons, au delà de celles plus personnelles dont j'ai parlé dans le livre, qui peuvent se transmettre, se partager, et donner envie à quelques voyageurs et amoureux de l'Afrique de l'Ouest de franchir l'au-delà des apparences pour trouver la vérité d'un peuple.

Là bas , on ne trouvera pas de villages de vacances formatés sur la langueur des plages, pas d'hôtels hors du contexte de la réalité quotidienne des gens, pas même de bus vraiment confortables ! (encore que cela vienne peu à peu, pour un meilleur confort des togolais qui voyagent énormément d'un bout à l'autre de leur petit pays à taille humaine, comme on dit) .

Là bas on  va à la rencontre des gens avec le coeur... pas avec l'espoir du pittoresque; avec le respect ... pas avec un appareil photo vissé sur l'oeil; avec l'écoute attentive ... pas avec la certitude de tout connaitre d'un mystère qui se dévoilera peu à peu ...
mais l'on se trouve récompensés, sans même l'avoir cherché, par la beauté des paysages, le sourire gratuit des enfants, la chaleur des conversations , la nourriture délicieuse des mamans sur l'étal des marchés, les fêtes, la culture, et la gentillesse omniprésente.

voici deux photos pour commencer (il y en a plein d'autres dans les albums)
je parlerai par la suite plus précisément du contexte géographique et historique du pays, des togolais eux même, et de leurs espérances (à suivre donc)


fête Kotokoli des couteaux et des cavaliers à SOKODE


Poème du soir à Sokodé


la langue je ne la comprends pas
perdue comme je veux
dans le temps autrement
délibérément étrangère

mots effacés que je regarde
avec les sens, les impressions, les intuitions
d’un langage qui ne se lit
ni de gauche à droite, ni de haut en bas
mais au fond inconnu des sentiments voilés
et vit dans un ailleurs
qui a touché le ciel et la saveur du soir

 

oh, se perdre sans rien savoir
mais vivre  les mondes incertains
qu’on ne possèdera jamais

image contrariée du bonheur facile

connaissance trouvée qui se tait
et sait aimer le silence en silence
dans le regard en fuite
 
le doux chant du muezzin
les filles aux yeux brillants parées pour des noces futures
les puits, les feux paisibles, les rivières et les chemins de terre
parlant de l’enfant que je fus
je les aime et je peux les nommer



la montagne de Pagouda en pays Kabyè


Poème de la montagne de Tchitchao

couronne du bois sacré
contre l’arche grise des nuages
arbres en cheveux dévalant
la courbe luisante des maïs

le coupe-coupe dans la branche
l’arrachement du cœur meurtri
par les pluies en bouillon
que des adolescents cadencent

sous le vert éclate la parole
des morts annoncés

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publié par dominique dieterlé - dans en retour
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 12:17

dans l'échange de mots qui a présidé à la rédaction du livre, j'ai d'abord été la destinataire de moments d'écriture partagée, comme je l'ai déjà évoqué, mais aussi de lettres et de poèmes qui disaient chaque fois la douleur d'une parole qui n'a pas de lieu pour s'écrire et s'afficher, parce que les moyens de communication manquent le plus souvent, et que la liberté de se manifester, de quelque façon que ce soit, est toujours trop loin du rendez vous qu'ils espérent !

le moins que je puisse faire est de laisser une part de cet espace de libre expression aux mots de mes amis, qui m'ont portée, qui m'ont installée dans mon projet et lui ont permis d'aboutir.



LA REALITE DE LA VIE MORALE

Combattons pour la paix
Oui pour la renaissance de l’Afrique
Cette Afrique –là
Cette Afrique qui a perdu ses enfants
Pour toujours et à jamais
Souffre aujourd’hui de l’asthme mental
Elle a été sacrifiée
Pour rien cette femme est morte
Engloutie par sa propre souffrance
Cette femme qui était un cœur sacré d’Afrique
Perdant du sang sanglote

L’on a pu imaginer un rêve impossible
Mais non c’est une réalité
Que personne au monde ne pourrait nier
La mère fatiguée dans son gouffre
Crie en vain alarmée et meurt.

Est-ce cela que vous voulez de l’Afrique ?
Insensés criminels désespérés par la soif
De la justice
Pour la plus part d’eux le soleil est mort
Plus qu’à jamais le grand jour est là
Ce grand jour finira par apparaître
C’est en quoi il ne faut la foi totale
Cette chose la plus chère au monde
Est de sauvegarder l’enfant d’Afrique


LA VIE DE TOUS LES TEMPS

Pas à pas de sueur froide
La vie s’inspire à travers la nuit sombre.
A tout prix de risque
Nous espérons.

Nous estimons comprendre
Mais jamais
Nous sommes tristes
De voir ainsi la vie s’obscurcir.
Hélas personne ne prend soin
Ils s’en moquent.

Motivés nous laissons l’été venir .
La vraie peine de vie est là.
Etait-elle cachée ou non ?
Mais comment le savoir ?

Bien que le désert se mue
Installés au fond de leur mine
Ils résistent.
Actuellement ils sont dépassés par l’émotion
Mais ils se battent pour y arriver.
L’effort en vain est resté inerte.
Tout semble inestimable
Mais non !

C’est l’apparence qui vous trompe.
Chacun a sa chance.
Chaque chose a son temps.
Et cela viendra tôt ou tard.
Ne nous soucions pas,
ça vient dans un silence.

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publié par stéphane assih - dans en retour
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 00:09
un lecteur m'écrit : contribution à notre réflexion à tous ...merci Serge ...

"J’ai trouvé ton livre original et honnête : tu as le mérite de  ne pas occulter les contrastes,  de les accepter même comme une richesse.  Contraste d’abord entre ton Afrique et celle qu’on connaît sans la connaître, pleine de soleil sans ombre, de  savane,  de  lions et d’éléphants. Tu nous offres au contraire un espace intime, nocturne, resserré. On n’a pas de grands espaces, mais des villages, des familles, des humains.

Tu sais aussi dépasser les idées toutes faites.
Tu avais pourtant  hérité de préjugés potentiels : d’abord ton côté chrétien, occulté, refusé, mais présent :  une démarche de missionnaire, un désir d’amour, une recherche d’absolu.  Mais un christianisme au sens propre, pas celui des ambitions, des frustrations, des hypocrites, mais exigeant, donc le plus souvent inexistant.
Tu pouvais aussi donner des leçons sur la base de ta véritable vision de gauche, généreuse et ouverte, pas du genre des fans de Télérama qui se gargarisent de leur prétendue utilité alors qu’ils ne sont utiles qu’à eux-mêmes et à leurs confortables certitudes.

Mais tu as su écarter le dogmatisme, qui tente souvent les chrétiens, les gens de gauche, d’autant plus les chrétiens de gauche : tu n’opposes pas de façon schématique l‘Afrique et le fric,  la magie blanche et la misère noire; tu n’imposes pas de réponses que tu reconnais ne pas connaître,  assez honnête et lucide pour reconnaître tes ambiguïtés, tes doutes et tes faiblesses ;  tu ne  sors pas de solution miracle d’un chapeau qui tiendrait du casque colonial : tu reconnais que la communion originelle dont tu rêves est très difficile, voire irréalisable. Il y a là du tragique, que tu acceptes. Les contradictions acceptées en soi-même et chez les autres, avec franchise et sans masochisme, c’est la matière première de  la création artistique.

L’art dépasse parfois la vie, à moins que ce ne soit l’inverse. L’histoire et l’actualité t’ont rattrapée : Eyadema remplacé par Gnassingbé à la suite de tripatouillages et de violences dignes de la plus indigne des démocraties. Encore un reliquat pas très positif de l’héritage colonial. Encore un problème dont nous ne pouvons pas encore penser les solutions.

A révélation de contrastes vision contrastée  : en te lisant j’ai eu  l’impression d’une sorte d’accouchement, plein d’irrégularités, de violences et de douleur. Je  l’ai senti d’abord dans l’émiettement de ta parole sous forme de lettres, la brièveté voire la brutalité des ruptures qui brisent parfois des  phrases ou des paragraphes.
Tu n’as pas enfanté un petit africain, ni un nouveau film en noir et blanc signé Dieterle, mais un livre. Tu nous offres un miroir de plus dans ce monde d’écrans, de reflets et d’apparences, mais un miroir si bien orienté qu’on n’y voit pas que soi-même mais aussi un peu les autres."

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publié par serge S. - dans en retour
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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 22:41
Un ami de mes amis, "voyageur pressé" (il se reconnaitra) qui a lu le bouquin, me pose une question, au milieu d'un  commentaire plutôt agréable à recevoir, et ce , d'autant plus qu'il est écrit d'une encre qui me semble presque familière

"Je sais aussi que le voyageur pressé est toujours autiste quand il rentre à bon port et ferme ses volets pour se mettre à l’abri du jour comme de la nuit.

Là, vous serez indulgente car cette ambiguïté (ou cette difficulté) traverse vos mots et votre histoire.

Sinon je n’aurais pas pu mettre mes pas dans les vôtres.


De fait, c’est aussi cela que vous souhaitiez : qu’entre chacune de vos lignes, se glissent les nôtres, invisibles, bruissantes et impérieuses, nous invitant à partir sur nos propres chemins, à dériver vers nos paysages intimes.

C’est un peu comme votre annonce en couverture, en camouflage. Ces lettres n’en sont pas vraiment mais sont gorgées d’autres lettres, les vraies celles-là que vous gardez pour vous, nous laissant le soin de remplir les blancs, l’entre les lignes, de ce que nous garderons à notre tour pour nous.

Passe, passe à ton voisin ?


Ainsi dans vos « adresses », on  s’emmêle parfois et l’on se trouve « ravi » par ces « vous » qui sont aussi un peu nous… Jusqu’où ?

Vous aimez nous piéger dans vos miroirs et vous le faites bien...."

et voici la question, qui n'en est pas une, ou à peine voilée
 

"Vous le dites très bien, ce noir de la peau et cet abîme ; ce n’est pas une figure de style, ils absorbent la lumière au risque de s’y perdre.


Ces corps dont vous ne parlez jamais ; ce n’était pas l’urgence ou c’est votre pudeur. Une autre fois peut-être ; cela me plairait de vous attendre à nouveau au détour de cet autre chemin car je ne connais pas de pas qui n’accompagnent un corps, même en sourdine ou au prétexte de l’enfance.


Ces corps si loin ont la couleur de l’encre comme un désir obscur et nous ne les habillons trop souvent que de pacotilles ou de fantasmes ravaudés à l’aulne de nos peaux diaphanes."
 

dont voici (une partie de) la réponse

"Sur les "corps", j'ai à dire des mots que j'ai roulés un peu dans ma tête, mais je ne veux pas trahir là non plus, surtout pas.
 
je lisais samedi dernier publiquement ( je suis "comédienne" aussi... enfin à l'occasion) un texte de René Depestre, écrivain haïtien, pour "lire en fête" à Concarneau.
 
j'aime beaucoup son écriture torrentielle
et c'est ainsi précisément qu'il parle du corps noir, "du fleuve musculaire de l'Afrique", "du minerai noir" des chairs réduites en esclavage

d'où ma pudeur sans doute
plus autre que de moi, plus pour eux mêmes que pour moi

si j'ai pu éprouver un jour ou l'autre une forme de désir, ou d'admiration "esthétique" je ne la dois pas à ce fleuve musculaire, mais à la rencontre d'être à être, je veux dire clairement que je n'ai pas de fantasmes à ce sujet, mais que c'est difficile de parler de la promiscuité digne, de l'extrême correction des corps qui se touchent constamment, des gestes qui sont toujours forts et simples, et dont, surtout, on ne parle pas, mais qui émeuvent, souvent.
 
j'ai peut être parlé du corps comme ils me l'ont appris, avec peu de mots, mais comme d'une rivière souterraine qui irrigue le discours, ou peut être comme je ne savais pas qu'il me fallait en parler moi même, de cette façon qui nous a rapprochés.

il me semblait que ma façon d'écrire trouvait aussi sa source dans cette absence de distance qui masque le regard, forcément
c'est très dur de lire dans ces yeux là, on ne peut que s'abandonner, parce qu'à l'évidence on ne lit rien, de mots écrits en noir sur une surface noire, comme dans cette nuit dont nous parlons
on "invente" alors, non pas des fictions, mais de nouveaux modes d'approche et de contact.
 
je ne voulais pas faire injure en parlant de choses qui seraient mal comprises
mais tout est sens, donc tout est sensuel, d'une certaine manière
comprenne qui peut !"

Merci, donc, à François, autre voyageur 

et puisque j'y suis, merci à Barulaïre qui m'a accueillie dans la communauté "Littérature et voyage",
et salut à toute cette communauté

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publié par d.dieterlé - dans en retour
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  • : Après la publication de mes livres "lettres d'anisara aux enfants du Togo" et "Villes d'Afrique", ce blog rend compte en chroniques, poèmes, photos, dessins, des rencontres avec les humains et la solidarité, avec la poésie, l'art, les cultures, l'Afrique et les voyages.
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