Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 21:23

après cela

 il me reste mes doigts et quelques touches électroniques

comme un vide entre moi et eux, entre moi et vous, entre moi et tout

ce qui sépare n'est qu'un fluide au temps corrompu sachant seulement couiner quand il faudrait :

     gueuler de ses voix pleines et innombrables

     chanter plus haut que la cîme de l'arbre

     puis fondre et disparaitre dans l'intensité du brasier


ce soir un arc en ciel tombé relève le défi

se courbe du coté des vivants

ce soir il y a mes dix doigts, ou peut être bien moins

et le clavier sans intention

qui ne veut plus rien dire

mais qui s'offre quand même

à la fille nue

elle, qui se montre telle

devant son clavier nu

et son cerveau déshabillé

et les yeux de la foule qui n'est pas assez forte

quel que soit le combat


mais pas de camera

je n'ai jamais aimé cela

dit elle en pleurnichant

 

quelle idiote ! 

Partager cet article

15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 13:10

ça se passe dans la ville close de Concarneau - 29900

 

 

printemps poesie

 

« Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière » (Michel Audiard)
VOYAGE(S), spectacle de Joël Cudennec
Textes de Blaise Cendrars et Sylvain Tesson

 

Dix ans après la création et 80 représentations de « le vieux qui lisait des romans d’amour », Joël Cudennec nous propose avec cette nouvelle création de quitter la jungle amazonienne pour le froid, la taïga sibérienne…
Encore des histoires de fêlés, généreux, naïfs et le Pacifique comme une promesse…

 

Partager cet article

26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 12:28

over blog m'annonce que suite à mon inactivité récente sur le blog , des espaces publicitaires peuvent apparaître sur mes pages...

évidemment je n'ai rien demandé à personne, et personne ne m'a rien demandé

alors ... que devient le droit à la liberté de ne rien dire, d'être sans voix, d'être en chantier désenchanté

 

il y a des moments où le vent souffle court et se concentre sur la seule respiration du temps vide, des constructions à remonter, des plans à tirer, des chemins à rouvrir

 

non pas que ce soit mal ou bien, c'est ainsi

des creux de vagues, ou plus vagues que vagues, des jours sans relief, des mots inféconds sans saillie

 

est ce le lointain des voyages qui se vont, et des mots du voyage qui ont fini de faire le tour des souvenirs glanés

qu'il n'y a plus rien à glaner

ou qu'on attend d'autres regains d'automne, s'il en était possible

 

je ne demande que l'oubli

s'il ne vous plait pas que je reste en silence, ne comblez pas mes trous de vos criailleries

laissez moi un moment, encore un

et puis revenez vers moi

au matin

mais sans bruit

Partager cet article

3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 14:28

alors, disons qu'il y a sous un ciel de matin pareil encore à la nuit noire - ce dont personne ne s'étonne - des tombées de silence que l'étoile naine a déserté

je prenais autour de mon cou le virage de mon enfance et je tentais de fuir

en appelant peut être quelqu'un d'ailleurs pour venir chercher mes étagères de sagesse bien dérangées

mais c'était "non" à chaque prière

une tentative sans espoir pour fourrer dans le sac à souvenirs quelque chose de nécessaire, quelque choses d'innocent, quelque chose à sauver

qu'on ne se sauve pas soi même, parce qu'on reste collé à la route, attendant le chant d'un coq qui ne fera plus jamais se lever des jours heureux

on est mort avant d'avoir vécu, parce qu'on sait

du terrible savoir que les enfants connaissent

qu'il n'y a que la nuit pour épanouir les rêves

Partager cet article

14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:07

"fall" c'est à dire automne

et je me rappelle la dernière fois où je suis tombée

 

fall

Partager cet article

6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:46

Hazlo m'écrit : ...ce que l'on ne regarde pas, n'existe pas encore!" C'est vertigineux! Mais tellement vrai. En Australie depuis des siècles, des gens chantent les rêves, pour que le monde existe...

 

chercher dans les aubes sinistres la matière d'un contresens qui ralentirait la fuite et la chute

la géographie des rêves ne suit pas son cours naturel : dans la percée du trajet d'images emportées où se lisent de vieux symboles, il y a détournement, de fonds, de voix, d'intentions malveillantes que le temps n'a pas cicatrisé

s'éveille alors l'inventivité du dormeur qui dessine en relief la carte de ses errances

ainsi, m'avez vous dit, font les aborigènes pour tracer le chemin du vivant sur le désert hostile et indéchiffrable

la carte du pays imaginaire est un rêve de gosse bafoué, gravé sur son coeur que les années retiennent

l'enfant n'a pas grandi, le voulait-elle ? le pouvait-elle ? Peter Pan de poubelle, jeté aux chiens fantômes

de Belleville à la Seine, chemin courant droit, pente douce et naïve, qu'un pavement de roches dures stoppe dans son élan... pour quel voyage sans retour, sans épaisseur, où le graffiti d'un train plombé ne mène qu'au tombeau des déportés ?

 

il y a presque 20 ans j'ai écrit cette enfance de fausse mémoire d'indien que je n'étais pas, qui s'en souvient ?

 

Partager cet article

17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 00:16


je ne comprends pas les purs et durs qui veulent voir l'humain s'exiler du monde

le monde des purs est-il encore un monde,

privé de vie qui pue, qui abime, qui construit, qui ferraille, qui carcasse ?


et qui contemple

le beau avec le laid, et plus souvent encore

le beau à l'intérieur du laid à l'intérieur du beau


ce que l'on ne regarde pas n'existe pas encore

 

je voulais seulement goûter un peu de brume aux frais du jour

sans remarquer les armures métalliques que l'appareil a fixé malgré moi

et voilà qu'humain, construit, polluant, dur et inutile

c'était beau

 

 

 

matin brumeux

 

mais encore, pourquoi dire non aux éoliennes sous prétexte qu'elles détruiraient le paysage ?

moulins à vent de nos déraisons don quichottesques !

Partager cet article

8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 17:23

"au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau" ... j'ai toujours aimé ce vers de baudelaire, toujours eu envie de remercier par avance l'inconnu auquel je venais me frotter. Je ne parle pas ici d'un homme, ni même de quelqu'un en particulier, mais de tout ce qu'on ne sait pas, qu'on n'a jamais vu, qu'on ne reverra jamais... de tout ce qui peut arriver !

je parle du fragile, du précaire, de l'instable et du déséquilibré, qui balayent nos vies encombrées, enserrées  dans leurs armures trop prévisibles

je parle du voyage "à ma façon" qui n'est pas seulement la découverte d'un autre, des autres, de l'Autre, mais l'espace de vertige où l'on précipite ses certitudes, ses buts avoués, ses perspectives d'un seul tenant pour mourir s'il le faut dans l'euphorie du "jamais encore", et peut être, du "jamais plus".

je ne dis pas que les hommes et la terre ne se ressemblent pas, plus souvent qu'on le croie d'un bout à l'autre de ce monde, qui justement n'en n'a pas, de bouts à lier au port d'attache.

je ne dis pas que je sais m'oublier, que je sais disparaitre et me fondre.

dieu ! comme je l'ai voulu pourtant !

je dis qu'on devient vieux, qu'on devient mort lorsque l'avenir est dessiné d'un seul trait où le chemin se coupe d'un tranchant coup de gomme que l'on savait de toute éternité se trouver là. Où le dieu imaginaire nous prédestine ou nous récompense d'un parcours bien fléché.

je veux que tout cela n'ait aucun sens et qu'on puisse y marcher, et s'y perdre à sa guise ! perdre les flèches et les cartes et les repères.

ensuite, passer vraiment à autre chose !

une nouvelle visée, une nouvelle route où l'on ne se saura pas glacé, figé de peur, d'avoir oublié le chancelant bonheur d'être en errance

et le désir, et le désir, de l'inconnu

contemplé face à face

Partager cet article

6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 11:40

 

".... Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres!"

 

Vous aurez reconnu le poème de Gérard de Nerval appelé "vers dorés" , extrait des Chimères

 

je ne suis pas panthéiste, ni théiste de quoi que ce soit d'ailleurs

mais, comme aux beaux jours de mai 68 on criait: "sous les pavés, la plage !",

je suis toujours saisie par les manifestations d'une puissance naturelle sous les artifices de nos constructions

 

ce matin là, frais et beau, un arbre terrassé avait fait son lit de sciure rouge aux cotés du fleuve

sable, désert, monde miniature qui livrait des racines serpentines à nos rêves bitumés

je suis resté longtemps dans cette odeur de bois

j'ai volé son image intérieure

 

P1000584

 

d'autres images ...

Partager cet article

14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 19:45


     " peu à peu mais aussi à grands à-coups

       il m'a été donné de vivre  

       oh! quelle affaire insignifiante"

 
pontcroixnb

 

je disais samedi soir pour une vingtaine de spectateurs attentifs
 

cette phrase de Pablo Neruda,
extraite de son recueil "mémorial de l'ile noire"
publié à 60 ans

 

c'est aussi mon âge
un moment de retour sur soi même, pour entrer dans la vieillesse, et chercher le sens


peut être

 

insignifiant ne veut pas dire inutile ou misérable,

mais seulement
qui ne trouve pas la direction, la distance, et la finalité du voyage

 

 

ainsi de tout voyage entrepris dans tel but
et qui aboutit sur des rivages que l'on n'attendait pas

  

alors ne plus attendre ?


ou tout espérer en dépit de l'errance ?

Partager cet article

17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 20:44
merci pour votre générosité et votre attention !
... en particulier à Evy qui a laissé pas mal de commentaires les jours derniers...


il ne faut pas hésiter à manifester toujours un certain pessimisme - sinon peut être n'aurait-on rien à dire ? - car ce qui importe au fond, n'est-ce pas d'arriver à transformer en or (comme disait ce cher Baudelaire - qui fut le premier poète que j'aimais à 13 ans) toute cette boue qui coule de nos flancs avec le sang la peur et la misère intellectuelle

l'optimisme béat me saoule, dans l'acception vraie du terme, il trouble, affadit, fait perdre le sens et l'équilibre

tout comme l'illusion qui n'amène que la déception

le pessimisme autorise, lui, la frustration, la colère et la beauté amère, mais aussi l'enthousiasme, fût-il aussi fou que l'absurdité de nos vies
,
et surtout l'indispensable rébellion à tout ce que le monde comporte d'injustice et de laideur


ces pensées désordonnées toucheront peut être un esprit ouvert, curieux, amical...
que ce partage soit alors la réjouissance commune, le dessin gravé sur nos ombres factices, la lumière dans le noir, un démenti de la haine, une raison déraisonnable de continuer à créer, à écrire, à aimer.

Partager cet article

21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 14:47

 

 

avant l'Afrique, mais aussi dans le même temps, dans le même amour partagé, dans la même admiration, dans la même fusion poétique, il y a le Japon
cinéma, architecture, art de vivre, et poésie
dont le haïku

le haïku, pour ceux qui l'ignorent encore, est un poème bref, intense et vagabond qui dit l'humain avec humour,  qui parle du quotidien avec une philosophie subtile, qui évoque enfin la nature avec un lyrisme réservé, dédié aux sensations bien plus qu'aux mots, d'où cependant le jeu de mots n'est pas absent, même si l'on n'en ressent sans doute pas la saveur brute lorsqu'on ignore la langue.

 

 

dans ce monde de rêves
je cultive des oignons
solitude (kooi)

dans l'inaction
elle a vécu l'holoturie
dix huit mille ans (shiki)

 


j'aime le haïku parce qu'il accompagne la marche, l'errance et la nuit ... "voilà pourquoi tous les passionnés de silence, et ils sont peut être plus nombreux qu'on ne le croit, sont susceptibles de devenir des passionnés de haïku" (ôoka makoto in "poèmes de tous les jours")

 

 

 

avec pour seul chapeau la lune
je voudrais tant partir !
ciel du voyage ( tagami kikusha)


j'aime le haïku parce que "le créateur qui s'en réclame évite soigneusement de dépasser le seuil de la simple suggestion, attentif d'abord à laisser les portes du sens grandes ouvertes" ( maurice coyaud in "fourmis sans ombre")

 

 

 

 

pour écouter les insectes
pour écouter les humains nous ne mettons pas
les mêmes oreilles (wafù)


y a-t-il, au fait, meilleure définition de la poésie dans son essence, et de tout art dans ses visées ?

 

 

 

 

un homme sans pinceau
quand vient la lune
est-ce possible ? (onitsura)


les haïkus sont souvent rangés par "saisons" , comme le suggéraient dès leur origine les admirables "journaux de voyage" du moine poète Bashô qui vécut au 17è siècle

 

 

 

 

la mer dans le soir
le cri des canards
a quelque chose de blanc (matsuo bashô)

 


voici quelques poèmes suggérant l'automne puisqu'au coeur de novembre nous voici plongés (en breton : "miz du" le mois noir)

 

 

 

 

lui un mot
moi un mot
coeur de l'automne (takahama kyoshi)

froidure d'automne
oh! l'éclair de ces yeux !
masque de démone (shiki)

j'ai coupé la pivoine
quel chagrin mortel
ce soir ( buson)

le vent d'automne
transperce les os
de l'épouvantail (chôi)

triste joie d'un cheval efflanqué
à la verticale
de l'automne ( murakami kijô)
 


... et une courte bibliographie

 

 

 

 

  • "poèmes de tous les jours" anthologie proposée par ôoka makoto - traduction yves-marie allioux - ed picquier poche
  • "fourmis sans ombre - le livre du haïku" maurice coyaud - ed phébus
  • "bashô journaux de voyage" traduction rené sieffert - ed publications orientalistes de france
  • "ah le printemps" traduction cheng wing fu et hervé collet - ed moundarren
  • "le livre d'or du haïkaï" pierre seghers - ed robert laffont
  • "poèmes zen de maître dôgen" calligraphies de hachiro kanno - ed albin michel
  • "anthologie de la poésie japonaise classique" - nrf poésies gallimard

 

 

 

Partager cet article

Repères

  • : ANISARA
  • ANISARA
  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
  • Contact

Rechercher