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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:17

un plombier gratte les murs de la salle de bains.

car, oui, le matin, un peu de trivialité ne nuit pas.

sous les carrelages de 17 ans d'âge (plus long temps pour moi que tout autre dans une même maison ... au secours !), le fringant bazar à peu près cohérent et visible fait place à un estran de moisissures et de gravures paléolithiques.

Le millefeuille de la bienséance se lézarde et laisse apparaitre ce qui dormait dans nos murs, dans nos têtes blasées, des couches inavouées dont personne ne veut se rappeler.

jusque dans ce cagibi, le mensonge de la surface nous saute à la figure

et provoque, à l'occasion, une toux allègre, ou plutôt allergique, qui tend au refus des apparences.

pourtant, ce continent oublié d'un demi-mètre carré porte une invitation explicite au voyage du regard et de la belle surprise

ce qui là, est le fondement honorable, le soutien, des couches défraichies

sur lesquelles on ne s'attardera pas

ah! vite, donc, un peu de fraicheur, un grand tour de grattage et de reconstruction, décapitons les 17 ans, et retrouvons une nouvelle grimace 

le propre sur le sale, la main de fer dans le gant de velours, le maquillage sur les rides, et roule ma poule

intérieur reparti

pour combien de secrets ?

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 23:44

Voilà.

C'est comme lorsqu'on voyage, qu'on est déjà parti, pas encore arrivé. Entre deux fêtes, ou deux années. Entre deux têtes quand on sait plus où la donner.

C'est un avion, ou un bus qui s'éloigne, on est dedans, ou pas du tout. On aimerait disparaitre simplement, ou revenir maintenant, ou repartir, un jour. Il n'y a que la brume qui passe le temps. Plus d'heures et de dates, plus que la route. Ou les nuages.

Oui, C'est un peu comme ça. La fin d'une année, avec la fièvre qui s'éternise. On fait la même cuisine depuis des jours, on n'a plus faim, plus envie de manger.

On veut des entremets légers, des entre-deux, des crépuscules, du temps d'entre chien loup qui ne mord plus vraiment. Des lumières incertaines où se devine un passage, en lisière, vers un autre milieu, ou bien, tout à coté.

On ne veut plus entendre le bruit mouillé des pétards en goguette, ou la voix qui énonce à regret des semblants de je t'aime. Percevoir seulement le doute et la faiblesse, le regard qui s'égare, en silence. Et s'en aller sans peine.

Pour une fois je dirais : je préfère le gris. Le temps changeant. La pluie.

Je préfère les mots qui ne disent plus, qui ne font rien, avec personne.

Les heures sans attente. Respiration. Sac vide. Tellement plus facile à emporter.

Et qui, lui, ne ment pas.

Tandis que les voeux pieux ...

 

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 20:12

Bon, ne cherchez pas à ces quelques réflexions la moindre justification scientifique, il est même probable que je me planterai sur les âges du magdalénien, solutréen et autre moustérien, et que je confondrai les dates du mésolithique avec le paléolithique inférieur. M'en fiche ! On n'est pas des encyclopédies et d'ailleurs  ça change tout le temps, la date, la durée, la recherche et la profondeur des excavations d'où l'on extrait le succédané de notre lointain passé.

Le principal est de savoir que ça existe. 

D'abord. Faire la nique aux créationnistes (ceux qui croient que le monde a 6000 ans et qu'il a été bâti en 6 jours), aux racistes (ceux qui refusent l'unicité de la race humaine dont les caractères secondaires de couleur et de texture n'engendrent pas une différentiation de l'ADN) ... enfin la pige également à ceux des scientifiques qui se fichent pas mal que leurs découvertes ne servent pas la vérité ou l'éthique, mais plus souvent le profit ou la bagarre... peut être est ce pour cette raison que la facilité nous est confisquée de comprendre et de partager simplement. 

Pourtant je me suis réjouie en voyant au musée des Eyzies, ou au centre de ressources de la préhistoire, la foule se presser pour faire connaissance avec les derniers avancements de la recherche en ce domaine. C'est foutoir et ardu, mais on s'accroche et on y est. Braves gens que nous sommes à chercher les réponses, à vouloir se surprendre, s'étonner et réfléchir. A faire les curieux dans le giron du temps. A prendre le vertige.

Le vertige pour moi, il est là, dans la vision ce continuum entre les diverses étapes de l'apparition de l'homme, et tout à coup cette idée, à peine effleurée jusque là, qu'il a existé à un moment donné (un grand moment, tout de même, qui a tenu plusieurs dizaines de milliers d'années) deux races contemporaines, cette fois, le mot est juste, deux sortes de génome pour deux types d'êtres qui avaient tout de l'humain : l'hommage aux morts, le sens de la beauté, la compétence technique, l'invention, l'organisation sociale: Homo sapiens sapiens (nous) et le brave Neandertal, disparu on ne sait où, mais dont, parait il, un petit pourcentage de nos contemporains porte quelques traces génétiques. Bon tout ça, je le disais n'a rien de scientifique... et c'est une chose que je SAVAIS.

Mais là, dans cette galerie à la blancheur toute post moderniste, explose dans ma tête un millier de questions, quand je REALISE ! bon d'accord , c'est comme si j'avais inventé l'eau chaude, mais QUAND MEME, pour moi c'est une sorte d'onde de choc.

Il est possible que cela ne fasse ni chaud ni froid à ceux qui auront eu le courage de me suivre jusque là. Il est possible que si je posais, non pas à un créationniste borné, mais à un croyant cartésien, la question de savoir si dieu a également créé Neandertal à son image (un brouillon ? un raté ? une esquisse, ou un coup de bluff ?), il me jugerait blasphématoire. Il est possible que, puisque je ne crois pas à "l'âme", je me torture inutilement pour savoir à la fin : qu'est ce qu'un homme ? et à partir de quand on le devient, on l'est devenu, on le deviendra ?

Bref, les questions habituelles.

Mais parées d'une gloire toute délicieuse, celle d'avoir ouvert une porte ou un abîme, d'avoir culbuté une brève seconde jusqu'aux confins d'un espace temps qui résonne dans mon crâne épais de sapiens pas très savante... 

Et je pense du coup à ce Neandertal dont le temps a disjoncté sur le mot fin, sans même qu'il s'en soit aperçu, peut être. Et je pense que notre fin, à nous, peut être sans bien qu'on le sache, si toutefois le monde a la force de tenir encore dix mille années, viendra à ce moment où les mutants des livres de SF seront arrivés parmi nous, et nous boufferont tout de même.

Et le progrès, pourtant, où sera-t-il ?

Je voudrais un homme nouveau qui invente la paix, la fraternité, et la justice. Etais tu meilleur, toi le disparu ? 

Je voudrais qu'il soit à notre porte, à notre portée. sans attendre si loin.

Rien de scientifique, disais-je. La fatigue, peut être, tout simplement !

 

L'image qui suit n'est pas néanderthalienne, c'est la grotte de Rouffignac ( magdalénien -13000 ans , environ !)  et ses carnets de "croquis"  ... sublime tout de même, grand moment d'émotion !

 

rouffignac

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 21:23

après cela

 il me reste mes doigts et quelques touches électroniques

comme un vide entre moi et eux, entre moi et vous, entre moi et tout

ce qui sépare n'est qu'un fluide au temps corrompu sachant seulement couiner quand il faudrait :

     gueuler de ses voix pleines et innombrables

     chanter plus haut que la cîme de l'arbre

     puis fondre et disparaitre dans l'intensité du brasier


ce soir un arc en ciel tombé relève le défi

se courbe du coté des vivants

ce soir il y a mes dix doigts, ou peut être bien moins

et le clavier sans intention

qui ne veut plus rien dire

mais qui s'offre quand même

à la fille nue

elle, qui se montre telle

devant son clavier nu

et son cerveau déshabillé

et les yeux de la foule qui n'est pas assez forte

quel que soit le combat


mais pas de camera

je n'ai jamais aimé cela

dit elle en pleurnichant

 

quelle idiote ! 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 13:10

ça se passe dans la ville close de Concarneau - 29900

 

 

printemps poesie

 

« Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière » (Michel Audiard)
VOYAGE(S), spectacle de Joël Cudennec
Textes de Blaise Cendrars et Sylvain Tesson

 

Dix ans après la création et 80 représentations de « le vieux qui lisait des romans d’amour », Joël Cudennec nous propose avec cette nouvelle création de quitter la jungle amazonienne pour le froid, la taïga sibérienne…
Encore des histoires de fêlés, généreux, naïfs et le Pacifique comme une promesse…

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 12:28

over blog m'annonce que suite à mon inactivité récente sur le blog , des espaces publicitaires peuvent apparaître sur mes pages...

évidemment je n'ai rien demandé à personne, et personne ne m'a rien demandé

alors ... que devient le droit à la liberté de ne rien dire, d'être sans voix, d'être en chantier désenchanté

 

il y a des moments où le vent souffle court et se concentre sur la seule respiration du temps vide, des constructions à remonter, des plans à tirer, des chemins à rouvrir

 

non pas que ce soit mal ou bien, c'est ainsi

des creux de vagues, ou plus vagues que vagues, des jours sans relief, des mots inféconds sans saillie

 

est ce le lointain des voyages qui se vont, et des mots du voyage qui ont fini de faire le tour des souvenirs glanés

qu'il n'y a plus rien à glaner

ou qu'on attend d'autres regains d'automne, s'il en était possible

 

je ne demande que l'oubli

s'il ne vous plait pas que je reste en silence, ne comblez pas mes trous de vos criailleries

laissez moi un moment, encore un

et puis revenez vers moi

au matin

mais sans bruit

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 14:28

alors, disons qu'il y a sous un ciel de matin pareil encore à la nuit noire - ce dont personne ne s'étonne - des tombées de silence que l'étoile naine a déserté

je prenais autour de mon cou le virage de mon enfance et je tentais de fuir

en appelant peut être quelqu'un d'ailleurs pour venir chercher mes étagères de sagesse bien dérangées

mais c'était "non" à chaque prière

une tentative sans espoir pour fourrer dans le sac à souvenirs quelque chose de nécessaire, quelque choses d'innocent, quelque chose à sauver

qu'on ne se sauve pas soi même, parce qu'on reste collé à la route, attendant le chant d'un coq qui ne fera plus jamais se lever des jours heureux

on est mort avant d'avoir vécu, parce qu'on sait

du terrible savoir que les enfants connaissent

qu'il n'y a que la nuit pour épanouir les rêves

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:07

"fall" c'est à dire automne

et je me rappelle la dernière fois où je suis tombée

 

fall

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:46

Hazlo m'écrit : ...ce que l'on ne regarde pas, n'existe pas encore!" C'est vertigineux! Mais tellement vrai. En Australie depuis des siècles, des gens chantent les rêves, pour que le monde existe...

 

chercher dans les aubes sinistres la matière d'un contresens qui ralentirait la fuite et la chute

la géographie des rêves ne suit pas son cours naturel : dans la percée du trajet d'images emportées où se lisent de vieux symboles, il y a détournement, de fonds, de voix, d'intentions malveillantes que le temps n'a pas cicatrisé

s'éveille alors l'inventivité du dormeur qui dessine en relief la carte de ses errances

ainsi, m'avez vous dit, font les aborigènes pour tracer le chemin du vivant sur le désert hostile et indéchiffrable

la carte du pays imaginaire est un rêve de gosse bafoué, gravé sur son coeur que les années retiennent

l'enfant n'a pas grandi, le voulait-elle ? le pouvait-elle ? Peter Pan de poubelle, jeté aux chiens fantômes

de Belleville à la Seine, chemin courant droit, pente douce et naïve, qu'un pavement de roches dures stoppe dans son élan... pour quel voyage sans retour, sans épaisseur, où le graffiti d'un train plombé ne mène qu'au tombeau des déportés ?

 

il y a presque 20 ans j'ai écrit cette enfance de fausse mémoire d'indien que je n'étais pas, qui s'en souvient ?

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 00:16


je ne comprends pas les purs et durs qui veulent voir l'humain s'exiler du monde

le monde des purs est-il encore un monde,

privé de vie qui pue, qui abime, qui construit, qui ferraille, qui carcasse ?


et qui contemple

le beau avec le laid, et plus souvent encore

le beau à l'intérieur du laid à l'intérieur du beau


ce que l'on ne regarde pas n'existe pas encore

 

je voulais seulement goûter un peu de brume aux frais du jour

sans remarquer les armures métalliques que l'appareil a fixé malgré moi

et voilà qu'humain, construit, polluant, dur et inutile

c'était beau

 

 

 

matin brumeux

 

mais encore, pourquoi dire non aux éoliennes sous prétexte qu'elles détruiraient le paysage ?

moulins à vent de nos déraisons don quichottesques !

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 17:23

"au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau" ... j'ai toujours aimé ce vers de baudelaire, toujours eu envie de remercier par avance l'inconnu auquel je venais me frotter. Je ne parle pas ici d'un homme, ni même de quelqu'un en particulier, mais de tout ce qu'on ne sait pas, qu'on n'a jamais vu, qu'on ne reverra jamais... de tout ce qui peut arriver !

je parle du fragile, du précaire, de l'instable et du déséquilibré, qui balayent nos vies encombrées, enserrées  dans leurs armures trop prévisibles

je parle du voyage "à ma façon" qui n'est pas seulement la découverte d'un autre, des autres, de l'Autre, mais l'espace de vertige où l'on précipite ses certitudes, ses buts avoués, ses perspectives d'un seul tenant pour mourir s'il le faut dans l'euphorie du "jamais encore", et peut être, du "jamais plus".

je ne dis pas que les hommes et la terre ne se ressemblent pas, plus souvent qu'on le croie d'un bout à l'autre de ce monde, qui justement n'en n'a pas, de bouts à lier au port d'attache.

je ne dis pas que je sais m'oublier, que je sais disparaitre et me fondre.

dieu ! comme je l'ai voulu pourtant !

je dis qu'on devient vieux, qu'on devient mort lorsque l'avenir est dessiné d'un seul trait où le chemin se coupe d'un tranchant coup de gomme que l'on savait de toute éternité se trouver là. Où le dieu imaginaire nous prédestine ou nous récompense d'un parcours bien fléché.

je veux que tout cela n'ait aucun sens et qu'on puisse y marcher, et s'y perdre à sa guise ! perdre les flèches et les cartes et les repères.

ensuite, passer vraiment à autre chose !

une nouvelle visée, une nouvelle route où l'on ne se saura pas glacé, figé de peur, d'avoir oublié le chancelant bonheur d'être en errance

et le désir, et le désir, de l'inconnu

contemplé face à face

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 11:40

 

".... Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres!"

 

Vous aurez reconnu le poème de Gérard de Nerval appelé "vers dorés" , extrait des Chimères

 

je ne suis pas panthéiste, ni théiste de quoi que ce soit d'ailleurs

mais, comme aux beaux jours de mai 68 on criait: "sous les pavés, la plage !",

je suis toujours saisie par les manifestations d'une puissance naturelle sous les artifices de nos constructions

 

ce matin là, frais et beau, un arbre terrassé avait fait son lit de sciure rouge aux cotés du fleuve

sable, désert, monde miniature qui livrait des racines serpentines à nos rêves bitumés

je suis resté longtemps dans cette odeur de bois

j'ai volé son image intérieure

 

P1000584

 

d'autres images ...

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Repères

  • : ANISARA
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  • : Chroniques, poésies, photos, créations pour illustrer mes voyages, mes rencontres avec les humains solidaires, avec l'Art et les cultures, ici et partout ailleurs. Livres parus à ce jour : "lettres d'Anisara aux enfants du Togo" (Harmattan), "Villes d'Afrique" et "Voyager entre les lignes" (Ed. Le Chien du Vent)
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